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    Economie

    Régime de change
    «Réviser le panier pour mieux maîtriser les risques»

    Par L'Economiste | Edition N°:4504 Le 14/04/2015 | Partager

    Mohamed Boussaid: «Les opérateurs pourront procéder aisément à un ajustement de leurs positions de change pour être en phase avec la structure en devises du nouveau panier»

    La montée  du dollar par apport au dirham ces derniers mois a mis en évidence la nécessité d’aménager le panier de cotation. Les autorités monétaires viennent de relever la pondération du dollar à 40% contre 20% auparavant. L’euro pèse désormais 60%. Cet ajustement correspond plus à la photographie de nos devises de règlement. Boussaid fait le point.
    - L’Economiste: Pourquoi pondérer le panier du dirham?
    - Mohamed Boussaid:
    Le réaménagement du panier de cotation du dirham est justifié par les changements intervenus dans la structure des échanges extérieurs de notre pays durant les dernières années. En effet, l’analyse de la structure par devises de la balance des règlements montre que celle-ci s’écarte de plus en plus de la structure du panier du dirham. Ainsi, l’euro n’a constitué que 55% du total des règlements avec l’étranger en 2013 contre 60% en 2009.
    En revanche, la part du dollar US s’est renforcée en passant de 36% des règlements en 2009 à 42% en 2013. Cet écart par rapport à la structure du panier du dirham se traduit par la perte de la neutralité attendue du panier. En effet, tant que les deux structures du panier et des règlements avec l’étranger sont similaires, l’impact combiné des fluctuations des deux devises, composant le panier, sur la valeur du dirham est minimisé. Par contre, plus les deux structures divergent, plus la variation de l’une ou l’autre des deux devises impacte la valeur du dirham.
    - La dernière révision remonte à 2001. A l’avenir, quelle en sera la périodicité?
    - La composition du panier du dirham devra être révisée régulièrement, avec une périodicité de 3 à 5 ans. Et cela, à la lumière des changements éventuels affectant la structure en devises de nos échanges extérieurs.
    L’actualisation du panier du dirham devrait constituer un premier pas dans le processus de transition vers un régime de change plus flexible visant à renforcer la compétitivité de notre pays et la résilience de notre économie face aux chocs exogènes.
    - Ce réaménagement aura-t-il des impacts éventuels sur le plan macroéconomique?
    - L’actualisation des pondérations des devises composant le panier dirham devra permettre de minimiser l’impact global des fluctuations de change des principales devises étrangères sur la balance des paiements. Elle permettra également de soutenir la diversification en cours des marchés d’exportation, des portefeuilles des investissements et de la dette, ainsi que l’atténuation de la perte de change.
    L’actualisation des pondérations des devises composant le panier est sans impact sur la valeur du dirham dont le niveau est globalement en ligne avec les fondamentaux de notre économie. Et cela, compte tenu de l’amélioration significative du compte courant et des réserves de change successivement en 2013 et 2014. La dernière évaluation du FMI pour l’année 2014 en témoigne.
    - En cas de poursuite de l’appréciation du dollar américain face à l’euro, y aura-t-il des conséquences  sur la valeur du dirham?
    - En général, les fluctuations futures du dollar américain par rapport à l’euro se traduiront par une volatilité du dirham par rapport à l’euro plus importante en relation avec la réduction de sa pondération dans le panier de 80 à 60%.
    A l’inverse, la volatilité du dirham par rapport au dollar américain, dont la pondération est passée de 20% à 40%, sera réduite tout en restant supérieure à celle par rapport à l’euro. Ainsi, l’appréciation du dollar par rapport à l’euro entraînera une appréciation du dollar par rapport au dirham de moindre ampleur avec le nouveau panier qu’avec l’ancien panier. Ceci permettra, à titre d’exemple, d’atténuer l’impact de change sur la facture énergétique et sur les prix des produits pétroliers en cas d’appréciation du dollar face à l’euro.
    - Quid de l’impact sur le portefeuille de la dette extérieure?
    - L’actualisation des pondérations du panier devra se traduire par une adaptation de la stratégie du Trésor de gestion du risque de change lié au portefeuille de la dette extérieure. A cet effet, le Trésor devra faire converger la structure en devises du portefeuille de sa dette extérieure vers celle du nouveau panier. Cette convergence se fera progressivement en optant pour le dollar comme devise des nouveaux financements extérieurs. A noter que la tendance actuelle d’appréciation du dollar par rapport à l’euro serait favorable au Trésor pendant la période de convergence. S’agissant de la dette extérieure des établissements publics, sa structure en devises, soit 59% en euros et 34% en dollars, plus proche de la nouvelle composition du panier, la rendra globalement moins vulnérable aux fluctuations du dollar par rapport à l’euro.
    - Que devront faire les opérateurs économiques?
    - L’actualisation des pondérations du panier du dirham devra se traduire par une adaptation de la stratégie de gestion du risque de change par les banques et les opérateurs économiques. Ces opérateurs pourront procéder aisément à un ajustement de leurs positions de change pour s’adosser à la structure en devises du nouveau panier. A noter que cet ajustement devra permettre à court terme d’améliorer le rendement des placements des réserves de change du fait du différentiel de taux d’intérêt en faveur du dollar par rapport à l’euro.

    Ancrage à l’Europe

    LE régime de change adopté par le Maroc est un régime fixe où la valeur du dirham est déterminée sur la base d’un panier de monnaies de réserve internationales liquides qui reflètent la structure des échanges extérieurs de notre pays. Ce panier a fait l’objet de plusieurs réaménagements, dont le plus récent remonte à avril 2001 avec le rattachement du dirham à hauteur de 80% à l’euro et 20% au dollar américain. Cela reflétait le poids de l’Europe dans les échanges extérieurs durant cette période et la volonté des autorités marocaines de favoriser un ancrage plus fort à la zone euro, dans le sillage de l’accord de libre-échange avec l’UE et la politique de voisinage.

    Propos recueillis par
    Mohamed CHAOUI

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