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    Economie

    Education nationale
    Les académies en pilotage automatique

    Par L'Economiste | Edition N°:4504 Le 14/04/2015 | Partager
    Aucun indicateur sur l’exécution budgétaire
    Le système éducatif n’a jamais été audité

    Aux côtés de la Santé, le département de l’Education nationale

     Malgré les recommandations de la charte de l’éducation pour la diversification des ressources financières, le budget de l’Education nationale provient à 98,5% de fonds publics.

    a lui aussi échappé aux coupes imposées par le FMI dans le cadre du plan d’ajustement structurel dans les années 80. Les deux secteurs étant considérés comme sensibles. Ce traitement différencié n’a pas servi l’éducation, pas plus que la santé d’ailleurs. En effet, le département n’a pas su développer une capacité de gestion efficiente. Les crédits alloués sont rarement dépensés dans leur totalité. Ce qui traduit la non-réalisation des objectifs. Par conséquent, malgré les moyens colossaux injectés annuellement, 61,7 milliards de dirhams en 2011, le résultat est largement en deçà des attentes. Pourtant, l’une des recommandations de la charte de l’éducation portait sur le renforcement et la pérennisation du financement. Le programme d’urgence 2009 a de nouveau mis l’accent sur ce levier en réactualisant les changements démographiques et socio-économiques via un certain nombre de mesures visant à rationaliser l’effort budgétaire. Sauf que, faute d’information fiable, il est difficile de contrôler l’usage qui est fait des budgets engloutis par l’éducation. Le rapport du Conseil supérieur de l’Education, de la formation et de la recherche scientifique d’Azziman, déjà traité dans notre édition du lundi 13 avril, est sans appel à ce sujet. «Il n’existe aucun dispositif régulier de suivi au sein des académies, qui soit à même d’informer, de façon transparente, sur les dépenses et les ressources comme le prévoient pourtant la charte et le programme d’urgence». Rappelons que suite à l’adoption de ce programme, 90% du budget du ministère a été transféré aux académies pour financer leur fonctionnement et les projets d’investissements.
    La seule fois où le gouvernement a tenté de créer un Compte national de l’éducation remonte à 2003-2004. Bien malin qui pourra donc deviner le taux de réalisation des budgets octroyés au ministère de l’Education et à ses académies régionales (AREF). Ces dernières, fruit d’une politique de décentralisation, ne disposent pas des compétences nécessaires en matière de gestion.

    C’est le département de l’éducation nationale qui a le plus profité du budget général de l’Etat en raison de besoins sans cesse croissants. Certains pays, tels que le Chili ou encore la Turquie, avec moins de ressources, réalisent des résultats plus performants

    La formation suivie par le directeur dans ce domaine n’est pas répercutée sur les fonctionnaires préposés à l’exécution du budget. Mais la décentralisation budgétaire, telle qu’elle est en vigueur, suscite les interrogations des membres du Comité de l’éducation nationale. La première concerne les ressources humaines chargées d’assurer la gestion budgétaire au niveau des régions et des délégations provinciales. La deuxième porte sur le problème des retards enregistrés dans le contrôle a priori des projets. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les établissements scolaires ne peuvent pas encore accéder à l’autonomie financière. Faute de contrôleurs en nombre suffisant, il est impossible d’améliorer la situation.
    La charte prévoit l’obligation pour le système d’éducation et de formation d’être soumis dans sa globalité à une évaluation régulière, portant sur «la rentabilité interne et externe et touchant tous les aspects pédagogiques et administratifs». Elle recommande également la généralisation des opérations d’audit, le développement de l’auto-évaluation des établissements ainsi que des études de satisfaction des acteurs éducatifs et de leurs partenaires externes, tels que les employeurs. Le rapport publié par Azziman est clair : «au ministère de l’Education nationale, aucune activité d’évaluation globale n’a jamais eu lieu jusqu’à présent, à l’exception de l’évaluation des acquis des élèves, effectuée par l’Instance nationale d’évaluation auprès du Conseil supérieur de l’enseignement, avec le concours du Centre national d’examen». De plus, à l’exception du fonctionnement de la direction du système d’information qui a été auditée, le système d’éducation et de formation n’a plus fait l’objet d’aucune évaluation interne ni externe depuis 2000.
    Hassan EL ARIF
     

     

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