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    L’ONMT se dote d’un nouvel organigramme

    Par L'Economiste | Edition N°:4424 Le 19/12/2014 | Partager
    Une mini-révolution pour cet établissement public retardé par les lourdeurs administratives
    Les professionnels approuvent mais attendent une refonte juridique de ses statuts
    Le Maroc tire son épingle du jeu et achève les trois 1rs trimestres avec une hausse de 4%

     PETITE révolution à l’ONMT, mais un grand pas pour Abderrafie Zouiten. Le DG de l’ONMT a réussi à faire acter le 17 décembre dernier un changement organisationnel de l’Office. Son conseil d’administration vient en effet d’adopter un nouvel organigramme. Celui-ci comprend des directions par marché et de nouveaux départements qui seront dédiés au marché national  - qui pour rappel représente 27% des nuitées nationales en hébergement classé, la deuxième place juste après le marché français - et aux nouvelles technologies.
    Le patron de l’ONMT qui veut un cap clair pour déployer son action souhaite ainsi insuffler une nouvelle dynamique pour ces chantiers érigés désormais en priorité. Pour 2015 et afin d’assurer la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation de sa stratégie marketing, l’ONMT a donc prévu une réorganisation de ses structures, la modernisation de la gestion de ses ressources humaines ainsi que la révision de sa dénomination et de son périmètre d’intervention. La nouvelle réorganisation devrait améliorer l’accessibilité de la destination Maroc en poursuivant une approche agressive en matière de desserte aérienne, particulièrement sur les marchés prioritaires comme le Royaume-Uni, l’Allemagne ou encore les Etats-Unis. Elle vise ensuite à diversifier les segments de clientèle et les bassins émetteurs tels que le Brésil, les pays du Golfe, la Chine, l’Afrique, l’Europe de l’Est et les destinations: de nombreuses actions sont programmées afin de désenclaver et de renforcer le positionnement de certaines régions, notamment le sud du Maroc. Enfin, cette réorganisation a pour ambition de renforcer le tourisme interne en accompagnant la politique de l’Etat dans la démocratisation du voyage. Les professionnels du tourisme auraient souhaité que cette révolution «organisationnelle» soit accompagnée d’une refonte juridique des statuts de l’ONMT. Celle qui devait revoir le conseil d’administration encore composé de 20 départements publics et trois représentants du secteur privé. «On espère toujours une transformation de l’Office en SA car le tourisme a besoin d’un outil fort , libre des contraintes administratives et capable de mener une bonne politique de développement du tourisme», insiste Lahcen Zelmat, président de l’AIH Casablanca et candidat pour la présidence de la FNIH. En effet, sur le plan juridique, l’Office bras armé du tourisme est encore un établissement public où les habitudes établies sont loin des réalités du tourisme. Zouiten, en fin connaisseur du secteur en est conscient et veut changer la donne. A l’écoute des professionnels, le DG de l’ONMT ne souhaite pas agir seul et se rapproche davantage des opérateurs et des régions, surtout celles à fort potentiel touristique.
    En chiffre, la destination Maroc continue de séduire, même si sa clientèle française est en baisse. Sur les trois premiers trimestres de l’année, le Royaume a reçu 8,11 millions de touristes. Soit une augmentation de 4% par rapport à la même période en 2013, drainant 44,9 milliards de dirhams de recettes en devises avec une hausse de 1,9%. Les nuitées enregistrées dans les Etablissements hôteliers et touristiques classés ont connu une augmentation de 5% totalisant plus de 15,32 millions. Un bilan qui reste mitigé puisque la destination Maroc avait démarré avec une croissance de 9% et ce durant les 5 premiers mois de l’année.
    «Malheureusement, cette croissance a baissé sous l’effet combiné des amalgames autour du risque sanitaire lié au virus Ebola et de la situation géopolitique dans la région Mena, ainsi que du report de la Coupe d’Afrique des Nations», indique Zouiten. Il faut dire aussi que le principal marché émetteur, l’Europe, connaît un contexte économique très morose qui s’est traduit par une réduction drastique des dépenses des ménages et une plus grande frilosité à voyager à l’étranger. D’où d’ailleurs la pertinence de la stratégie de l’Office qui souhaite se doter de moyens pour attaquer les marchés des Brics ou encore ceux du Golfe. Le conseil d’administration de l’ONMT a été également l’occasion de passer en revue les actions phares de sa stratégie courant 2014. D’abord sur le plan aérien avec la création de 20 nouvelles routes pour la saison hiver 2013/2014, 10 nouvelles routes pour l’été 2014 et 7 nouvelles routes pour l’hiver 2014/2015. L’Office a également réussi à engager plusieurs TO sur la destination Maroc avec 31 contrats de co-marketing conclus avec les tour-opérateurs classiques, spécialisés en golf, et les tour-opérateurs en ligne.

    Recouvrement des taxes

    A l’heure où il est appelé à prendre du galon dans l’architecture de la nouvelle politique touristique, l’ONMT doit assurer du mieux possible le recouvrement de sa principale source de financement, à savoir la taxe de promotion touristique (TPT). L’annonce d’une campagne de recouvrement a été approuvée par son conseil d’administration jeudi dernier. Reste que techniquement, l’Office ne peut rien faire seul sans l’implication du ministère de l’Intérieur pour récupérer les registres des nuitées et de la Trésorerie générale du Royaume pour récolter la taxe. 2014 fut d’ailleurs exceptionnelle pour le recouvrement puisque l’Office a pu récupérer 100 millions de DH pour les 9 premiers mois. D’après les experts, il faut compter en moyenne 140 millions de DH par an de TPT dont 70% sont souvent collectés avec du retard. Le DG de l’ONMT qui compte suivre de très près ce dossier a déjà recensé une enveloppe de 200 millions d’impayés au titre de 2010/2013 et va tout mettre en oeuvre pour les récupérer. Le ministère de l’Intérieur et les collectivités locales sont tout aussi perdants dans le relâchement des paiements. Car l’hôtel encaisse aussi bien la TPT pour le compte de l’ONMT que la taxe de séjour pour le compte du ministère de l’Intérieur et les collectivités locales.

    Badra BERRISSOULE

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