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    Analyse

    Greffe d’organes: Pas assez de donneurs

    Par L'Economiste | Edition N°:4423 Le 18/12/2014 | Partager
    Près de 200 greffes de rein réalisées par le CHU de Casablanca
    Les premières greffes de foie lancées cette année
    Coordination, sensibilisation, budget… les volets à attaquer

    Depuis 2008, la greffe de rein a connu une évolution significative pour atteindre une moyenne de 40 greffes par an contre près de 5 au début des années 1990. La plupart des opérations concernent les reins, et nouvellement le foie, (deux à peine). Dans le chantier de la greffe d’organes et tissus humains, la première action devrait concerner d’abord la sensibilisation des citoyens sur l’importance des dons d’organes

    Nouvelle dynamique pour la pratique de la greffe d’organes et de tissus humains depuis quelques années au Maroc, et cela après une bien longue période de léthargie. Le cas de la greffe du rein, lancée en 1985 au niveau du CHU de Casablanca, illustre parfaitement cette tendance. «Le nombre de greffes sur le plan national ne dépassait pas 5 par an au cours des années 1990, alors qu’actuellement seul le CHU de Casablanca réalise une greffe tous les 15 jours», indique Benyounès Ramdani, président du Conseil consultatif de transplantation d’organes et de tissus humains. Selon les données du Ministère de la Santé, le nombre cumulé de greffes de rein réalisées par le centre de Casablanca s’élève à 198 avec deux programmées d’ici la fin d’année. Le CHU de Rabat réalise sa première greffe de rein en 2010 pour passer à 14 greffes en 2013 et 16 cette année, indique de son côté Abdelkader Errougani, directeur du CHU de la capitale. Les jeunes CHU de Marrakech et Fès se sont, eux aussi, lancés dans la greffe de rein. Ainsi, au niveau national, le nombre total de greffes réalisées depuis 1990 s’élève à 359, selon les données du Ministère de la Santé. Depuis 2013, la moyenne annuelle avoisine 40 greffes. Des progrès ont également été enregistrés pour d’autres organes particulièrement la cornée et la moelle osseuse. Pour la première, l’hôpital universitaire Cheikh Zayed de Rabat a réalisé depuis 2005 à septembre 2014 près de 2.360 greffes à partir de cornées importées alors que les quatre CHU du pays ont réalisé 600 greffes depuis 2009 jusqu’à la même date. Quant à la moelle osseuse, le bilan jusqu’à mai dernier comporte 244 autogreffes et 2 allogreffes dont 194 réalisées dans des centres publics. L’année 2014 va marquer les annales de la greffe au Maroc avec la réalisation de la première greffe de foie par le CHU de Marrakech. Deux autres greffes ont été effectuées par la suite, l’une par le même centre et l’autre par le CHU de Rabat. Le directeur de cet établissement tient à rappeler que les opérations de prélèvement ainsi que de greffe d’organes ont été réalisées par une équipe complètement marocaine. Mais le plus surprenant dans l’expérience marocaine reste la greffe du cœur avec une seule opération  réalisée en 1995 par le CHU de Rabat.
    Du point de vue législatif, rappelons l’effet positif de l’adaptation du cadre juridique entamée par l’adoption de la loi 16-98 en 1999. Ainsi, ce texte stipule que la transplantation peut se faire à partir d’un donneur vivant apparenté et également d’un donneur en état de mort encéphalique (EME). Le CHU Ibn Rochd confirme encore une fois sa forte expertise dans la greffe de rein en réalisant en 2010 la première greffe à partir d’un prélèvement sur EME. Mais beaucoup de travail reste à faire dans le chantier de la greffe d’organes et tissus humains. Le premier reste incontestablement celui de la sensibilisation des citoyens sur l’importance des dons d’organes. «En l’absence d’une campagne nationale inscrite dans le cadre d’une stratégie globale, ce sont les CHU qui assurent cette mission occasionnellement», signale un directeur d’établissement. En attendant la mise en place d’un programme national pour la greffe d’organes et tissus humains, il faut renforcer la coopération entre l’ensemble des établissements impliqués: CHU, laboratoires publics et privés… Pour accompagner cette dynamique, la création d’une agence de régulation de la greffe est réclamée par plusieurs praticiens de différents CHU du pays. Parmi les missions de cette agence, la mise en place d’une liste nationale qui va permettre d’assurer une équité entre les patients à greffer en se basant uniquement sur des critères médicaux biens définis. «Le Ministère devrait nous allouer un budget conséquent dédié à la greffe qui nécessite des médicaments et des appareils onéreux dont la majorité importés», explique un directeur d’un CHU. Sans oublier des mesures de motivation au profit des équipes chargées de ces opérations lourdes.

    Coût

    POUR certaines pathologies, la greffe reste l’unique espoir de sauver la vie du malade. Pour le cas du rein, la greffe est plus intéressante que l’hémodialyse que ce soit sur le plan de la qualité de vie ou celui du coût. Ainsi, selon une étude, une greffe de rein permet au malade de réaliser un bénéfice cumulé de plus d’un million de DH pendant dix ans. Le coût de réalisation d’une greffe équivaut à près de deux ans de dialyse. Pour les autres organes et tissus, le coût de la greffe de foie au Maroc avoisine 700.000 DH contre 3 à 5 millions de DH en France. De même pour la greffe de moelle osseuse réalisée localement à près de 600.000 DH contre plus de 2 millions de DH en France.

    Noureddine EL AISSI

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