×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Analyse

    Médiateur et régulateur, une relation fusionnelle!

    Par L'Economiste | Edition N°:4422 Le 17/12/2014 | Partager
    Le CMMB marque tout de même son territoire
    La médiation conventionnelle pour janvier 2015
    Des associations de consommateurs très énervées

    «La médiation conventionnelle sera opérationnelle en janvier 2015. Notre conseil d’administration présidée par Bank Al-Maghrib sera tenu préalablement pour approuver cette décision», annonce le Médiateur bancaire, Mohamed El Ghorfi.
    Le barème du Centre marocain de médiation bancaire (CMMB) est présenté comme «largement compétitif par rapport aux autres centres de la place. Il est à titre indicatif inférieur à 1% et en-dessous des taxes judiciaires et des honoraires d’avocats», poursuit notre hôte (voir p. 5). En règle générale, les pourcentages fluctuent en fonction des montants en jeu.  
    Le CMMB se positionne-t-il comme concurrent? Régie par le Dahir de 1958, l’institution botte en touche en rappelant être «une association à but non lucratif». L’idée «de rendre service» est ensuite mise en avant lorsqu’il est question de la gratuité de la médiation institutionnelle. Qu’en est-il des émoluments versés au titre des litiges dépassant un million de DH? «Il faut bien faire vivre le centre» amené à payer ses charges, ses prestataires (expertise…) et ses médiateurs. Une liste non fermée regroupant une quinzaine de médiateurs est prête et sera approuvée en janvier 2015 par le conseil d’administration.
    Avant d’atterrir au CMMB, Mohamed El Ghorfi a été directeur général adjoint de la Banque centrale populaire. Sa retraite du monde de la finance était programmée pour fin 2014. Un an auparavant, il saisit le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt pour changer de trajectoire. Face à «40 prétendants», El Ghorfi sera désigné Médiateur bancaire. Ayant par le passé exercé comme inspecteur général à la Société marocaine de dépôt et de consignation, notre interlocuteur a passé sa vie dans la finance: «J’ai  baroudé 35 ans au cœur des métiers de la banque». Voilà pour le profil de celui qui a un statut qui prête encore à confusion: «Des personnes accueillies dans nos guichets assimilent le Médiateur à un fonctionnaire», rapporte la Fédération nationale des associations de protection des consommateurs (FNAC). La jeune institution reste très peu connue.

    Un cas unique dans le paysage institutionnel

    Une plaque sobre et discrète indique en plein centre-ville de Casablanca le siège du Centre de médiation bancaire (www.cmmb.ma). Niché au rez-de-chaussée de la succursale de Bank Al-Maghrib, le CMMB est «une émanation» du régulateur. Son directeur reconnaît l’existence d’un cordon ombilical avec la banque centrale. N’est-ce pas son wali, Abdellatif Jouahri, qui en préside le conseil d’administration?
    Une interpénétration qui intéressera les mordus du droit de régulation. Elle fait figure d’exception dans notre paysage institutionnel: un régulateur qui promeut la médiation et la parraine. Mais attention, le Médiateur tient à tracer une frontière au nom d’une «indépendance totale» vis-à-vis des banques, des sociétés de financement et des clients: «Je ne fais l’objet de pression de qui que ce soit et nous avons un code d’éthique qui interdit aux membres du conseil d’administration d’intervenir dans nos décisions».
    Par le passé, des expériences peu concluantes ont refroidi plus d’un. Banques et sociétés de financement avaient leurs médiateurs respectifs. La fusion parrainée par Bank Al-Maghrib a fini par engendrer le Centre de médiation bancaire. Et auquel s’y joindra la Fédération du microcrédit en tant que membre-fondateur.
    L’histoire ne s’arrête pas là. Le secrétaire général de la Fédération nationale des associations de protection des consommateurs (FNAC) se pose des questions: «Le CMMB n’accepte pas nos requêtes même accompagnées par la procuration du client en cause».
    Son contradicteur ne le dément pas. Il insiste en revanche sur «la qualité du demandeur» et «la possibilité de l’accompagner». La seule chose réclamée à l’accompagnateur est de «décliner son identité». Le centre s’engage même à accueillir des représentants du mouvement consumériste en présence de L’Economiste.   
    Quant à la représentativité de la FNAC, son président, Mohamed Benkadour, lance un défi à ceux qui le contredisent: «Il y a 25 associations de consommateurs (actives) ayant un siège et des guichets pour les plaintes. Seulement deux d’entre elles n’adhèrent pas à notre fédération (voir p. 5)». A l’instar du gouverneur de la banque centrale, notre interlocuteur est membre du Conseil économique, social et environnemental. Il assure que Abdellatif Jouahri «s’est montré favorable, verbalement du moins, à ce que la FNAC soit membre du  conseil d’administration du Centre marocain de médiation bancaire». Il va falloir être patient. C’est juste une question de temps.  o
    Faiçal FAQUIHI

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc