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    Analyse/«La tutelle doit nous associer à ses décisions»

    Par L'Economiste | Edition N°:4388 Le 28/10/2014 | Partager
    Des profs étrangers pour parer au manque de spécialistes
    Plus de vacataires que de permanents, faute de profils «valables»
    Les exigences du nouveau décret «dangereuses» pour le secteur

    Jacque Knafo, président de la Fédération de l’enseignement supérieur privé: «Il est important d’avoir à la fois des permanents, des universitaires et des professionnels garantissant une ouverture sur le monde de l’entreprise, répartis à parts égales»
     

    - L’Economiste: Les enseignants compétents sont-ils vraiment difficiles à dénicher sur le marché?
    - Jacques Knafo: Effectivement. Nous avons surtout des difficultés à trouver des spécialistes et des docteurs dans certaines disciplines, comme la fiscalité, les fusions-acquisition, le management ou le marketing. Ces profils là sont très rares. C’est ce qui nous pousse parfois à faire appels à des enseignants étrangers, qui peuvent aussi travailler en binôme avec des Marocains. A cause des départs à la retraite, sans oublier les départs volontaires qui ont mené à une véritable hémorragie dans le secteur, nous peinons à assurer la relève.

    - Justement, comment les établissements peuvent-ils s’en sortir?
    - Sur le plan pédagogique, il est important d’avoir à la fois des permanents, des universitaires et des professionnels garantissant une ouverture sur le monde de l’entreprise, répartis à parts égales (un tiers pour chaque catégorie).
    Pour les universitaires, nous essayons de nouer des accords avec les universités publiques en vue de bénéficier de leurs ressources. Cela dit, la plupart des enseignants se reposent sur leurs acquis. Ils ne reçoivent pas les formations complémentaires nécessaires à leur mise à niveau et ne participent que rarement à des séminaires. Certains dispensent les mêmes cours depuis 15 ans, voire plus. Ils ne sont pas non plus assez impliqués dans la recherche.
    - Beaucoup d’écoles recourent depuis des années aux enseignants du public, y compris pour des postes de responsabilité. N’est-ce pas contraire à la réglementation?
    - Cela est vrai, mais tout le monde se confortait dans cette situation. Par ailleurs, les écoles ont trouvé des moyens d’habiller ces recrutements pour qu’ils ne soient pas en totale contradiction avec la réglementation. Certains enseignants ne dispensent que 2 heures par semaine dans les facultés publiques. Comme ils n’y ont pas de bureau propre ni de laboratoires de recherche, ils n’ont d’autre choix que de s’investir ailleurs. Mais ce n’est pas une raison non plus pour aller vers 30 à 40 heures de cours par semaine, comme ce que nous constatons aujourd’hui, c’est énorme. Ces questions doivent normalement être relevées dans des discussions avec l’Enseignement supérieur. Malheureusement, nous ne sommes pas associés aux projets de la tutelle et il n’y a pas assez de dialogue. Au lieu de nous faire entendre par médias interposés, ce serait plus judicieux que le ministère nous implique à ses projets, à travers des instances comme la Commission nationale de coordination de l’enseignement supérieur (Cnaces), ou même via la CGEM.   
    - Les établissements privés favorisent en général les vacataires. Est-ce pour des raisons de coûts?
    -  Certes, beaucoup d’écoles emploient plus de vacataires que de permanents, mais ces dernières années, les établissements ont dû se mettre à niveau. Car pour obtenir des accréditations, il faut un minimum de 30% de permanents. C’est difficile d’aller au-delà, car nous ne trouvons pas assez de profils performants. Ce n’est pas vraiment une question de coûts, puisque les vacataires peuvent gagner plus avec les mêmes heures de travail que les permanents.  La condition des 60% de l’enveloppe horaire assurée par des permanents introduite par le nouveau décret d’application de la loi 01-00 est dangereuse. Certaines écoles ont bâti leur modèle sur les liens développés avec les compétences des entreprises, et risquent de perdre leur identité. Et puis cette exigence de 50% de docteurs pourrait mener à une surenchère, les titulaires de doctorats d’Etat étant très rares. Nous serons encore obligés de recourir à des étrangers.

    Jusqu’à 700DH/H pour les vacataires

    DANS les universités publiques, les vacataires, quelle que soit leur compétence et leur niveau d’expérience, sont rémunérés selon leur diplôme. Les titulaires d’un master, par exemple, touchent 100 DH nets l’heure, contre 250 DH pour ceux disposant d’un doctorat. Trop peu pour aguicher les meilleurs. Beaucoup préfèrent, cela dit, enseigner bénévolement. Dans le privé, le tarif est un peu plus intéressant. Il va de 250 à 700 DH, mais cette fois ci, le diplôme, l’expérience et la maîtrise des langues étrangères sont prix en considération. Concernant les permanents, ils touchent entre 18.000 et 35.000 DH, selon les établissements. Ce qui reste au dessus des salaires du public où les professeurs de l’Enseignement supérieur (plus haut grade), par exemple, peuvent gagner jusqu’à près de 26.000 DH nets par mois (Jusqu’à 18.500 DH pour les profs habilités et 17.800 DH pour les profs assistants).

    Propos recueillis par Ahlam NAZIH

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