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    Analyse

    Emploi: L’échec des programmes d’insertion

    Par L'Economiste | Edition N°:4375 Le 09/10/2014 | Partager
    Une étude de la tutelle pointe les failles d’Idmaj et de Moukawalati
    Les employeurs réticents à basculer du CDD au CDI
    A peine 5.900 petites entreprises créées depuis 2007

    (Source: Ministère de l’Emploi)
    Le programme d’insertion Idmaj a permis l’insertion de plus de 443.500 chercheurs d’emploi de 2006 jusqu’à fin août 2014. Par secteur, ces insertions ont été opérées particulièrement dans les services à hauteur de 42%

    Le chômage des jeunes est une véritable plaie. Les différentes initiatives lancées pour favoriser leur intégration dans le marché du travail n’ont pas produit l’effet escompté. C’est le cas notamment des programmes Idmaj et Moukawalati. Ces initiatives ont été critiquées, notamment par des députés, qui n’ont pas hésité à appeler à leur suppression. Même le ministère de l’Emploi a fini par reconnaître leurs faiblesses. Une étude préparée par le département de Abdeslam Seddiki pointe les principales défaillances. Il en ressort qu’Idmaj, qui a permis l’insertion de plus de 443.500 chercheurs d’emploi de 2006 jusqu’à fin août 2014, reste entaché de plusieurs insuffisances. En tête, le recours massif de certaines entreprises au stagiaires bénéficiaires d’Idmaj. Une tactique utilisée par certaines entreprises pour couper dans leurs charges salariales. D’ailleurs, ce programme semble avoir eu un effet incitatif sur les employeurs, dans la mesure où 24% d’entre eux ont déclaré qu’Idmaj les a incités à recruter plus de candidats qu’ils n’auraient embauché avant sa mise en place, souligne le ministère de l’Emploi.
    Dans le même ordre d’idées, le document fustige la réticence des entreprises à s’engager dans des CDI, alors que l’Etat leur consacre une enveloppe de 25.000 DH en cas de basculement du stagiaire du CDD au CDI. Le ministère pointe aussi la réticence des entreprises à payer les cotisations sociales avant de se faire rembourser par l’Etat. Elles craignent sans doute d’être victimes d’arriérés de paiement. Autre défaillance majeure: la durée jugée trop longue pour un contrat de stage, qui peut aller jusqu’à 24 mois. S’y ajoute l’absence d’une couverture sociale pour les bénéficiaires de contrats d’insertion.
    S’agissant de Moukawalati, le département de Seddiki dénonce le bilan modeste de création d’entreprises, particulièrement les TPE. De 2007 à fin août 2014, ce programme a permis à peine la création de 5.900 petites entreprises générant près de 32.000 emplois. Pour le ministère, ce constat est en partie dû au recul des financements bancaires avec seulement 18 projets en 2013 contre 520 projets en 2009. Cette année, «un seul projet a été validé par les établissements bancaires. Pourtant, la garantie de l’Etat couvre 85% du prêt», est-il indiqué. Ainsi, «sur un total de 32.000 porteurs de projets, à peine 32% ont été financés par le secteur bancaire depuis le lancement du programme Moukawalati». Par ailleurs, les responsables du ministère considèrent que «les objectifs démesurés de ce dispositif ont également impacté le taux de réalisation». La liste des défaillances est encore bien longue : standardisation du parcours d’accompagnement en dépit des différences au niveau de la nature des projets, absence de suivi post-création… Il n’empêche que le taux de satisfaction des porteurs de projets lors de la phase pré-création a atteint 80%, constatent les auteurs de l’étude.
    Hajar BENEZHA

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