×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

×

Message d'erreur

  • Notice : Undefined variable: user dans eco7_vf_preprocess_page() (ligne 1235 dans /home/leconomi/public_html/sites/all/themes/eco7_vf/template.php).
  • Notice : Trying to get property of non-object dans eco7_vf_preprocess_page() (ligne 1235 dans /home/leconomi/public_html/sites/all/themes/eco7_vf/template.php).
  • Notice : Undefined index: visite dans eco7_vf_preprocess_page() (ligne 1245 dans /home/leconomi/public_html/sites/all/themes/eco7_vf/template.php).
  • Notice : Undefined index: visite dans eco7_vf_preprocess_page() (ligne 1249 dans /home/leconomi/public_html/sites/all/themes/eco7_vf/template.php).
Chronique

Histoire monétaire argentine: Trois leçons à retenir
Par Omar Fassal

Par L'Economiste | Edition N°:4329 Le 31/07/2014 | Partager

L’Argentine a fait les frais, et continue de faire les frais de mauvais choix financiers. Ces choix étaient hasardeux,

Omar Fassal est diplômé de l’Université de Lyon en ingénierie chimique, de Sciences Po Toulouse en analyse du monde contemporain, et de l’EM Lyon en ingénierie financière. Il est analyste des marchés financiers internationaux chez CDG Capital, auteur du livre «Tout savoir sur la finance», chroniqueur pour L’Economiste et intervenant pour Atlantic Radio»

et ont fait souffrir le peuple argentin. Ces ennuis ont refait surface récemment avec la décision d’une cour de justice américaine qui mettra peut-être le pays en défaut, mais ils ne datent pas d’hier. Flashback.
L’Argentine a fait usage de la planche à billet de façon trop importante pendant les années 80, en finançant les déficits budgétaires directement par de la création monétaire. Il ne s’agissait plus d’inflation, mais d’hyperinflation. Au début de la décennie, en 1980, le taux d’inflation est de 100%. A la fin de la décennie, en 1989 il est de 3079%. L’inflation détruit l’économie. Cette même année, le PIB réel se replie de -7%. L’Argentine se décide donc à réagir.
Le monétarisme est à la mode. L’Ecole de Chicago, dont Milton Friedman fait partie, est écoutée partout. Ils expliquent les méfaits de la relance budgétaire financée par de la création monétaire; l’inflation est leur plus grand ennemi. L’Argentine comprend alors qu’elle doit mettre fin à sa création monétaire contrôlée par les politiques, celle-ci se doit d’être indépendante afin de garantir la stabilité des prix. En janvier 1992, ils font alors l’erreur de choisir un système de «Caisse d’émission», ou «Currency Board» pour les Anglo-Saxons.
Le système de «Caisse d’émission» a bien fonctionné dans un premier temps. Il s’agit d’un système où la banque centrale d’un pays abandonne son pouvoir de création monétaire. Celle-ci se fait en contrepartie des entrées de devises fortes. Si les devises entrent dans le pays, de la monnaie nationale est émise en contrepartie, et la masse monétaire s’accroît. S’il y a un flux net sortant de devises, alors de la monnaie nationale disparaît, et la masse monétaire se contracte. L’idée, c’est d’ôter à la banque centrale son pouvoir de créer de la monnaie car elle en a fait mauvais usage, et qu’elle n’arrive pas à se contrôler elle-même. C’est donc les flux extérieurs, et l’évolution de la devise forte, qui vont conditionner la création monétaire et le taux de change.
Ce système est un véritable succès dans un premier temps, car il réussit à mettre fin à l’inflation. Celle-ci chute spectaculairement en 4 ans à moins de 5%. La croissance est alors au rendez-vous, atteignant +10% en 1992.

Pourquoi la situation a-t-elle basculé dans le rouge?

Les ennuis démarrent lorsque les entrées de devises baissent, ce qui a pour effet de contracter la masse monétaire, et de mener à la déflation. Pourquoi cela se produit-il à partir de 1998?
D’abord parce que la crise des pays asiatiques et de la Russie fait peur aux investisseurs qui commencent à se désengager des pays émergents. Cela se traduit par des sorties de dollars de l’économie argentine. Ensuite, le marché américain action vit l’une de ses euphories les plus mémorables: la bulle internet. Les investisseurs préfèrent se désengager sur les actions émergentes, et se placer sur le marché actions américain.

Les deux fonds vautours,  NML Capital et Capital Management, n’ont pas accepté le deal de restructuration offert après la faillite de l’Argentine en 2001. Ils sont sur le point de contraindre le pays à un nouveau défaut

Enfin, les exportations argentines prennent un coup dur. Leur monnaie est reliée au dollar. Si celui-ci augmente, le peso argentin progresse. Or il se trouve que le dollar progresse énormément entre 1998 et 2001, car les investisseurs en demandent sur le marché des changes pour pouvoir acheter des actions américaines, et que Greenspan augmente les taux de la Fed de 4,75% à  6,50% pour freiner la bulle du marché actions. Le Dollar Index qui mesure le taux de change du dollar face à un panier de plusieurs monnaies progresse de +50%!
La hausse du dollar entraîne une hausse du peso argentin, ce qui freine les exportations argentines. Celles-ci sont à faible valeur ajoutée (essentiellement agricole à l’image du bœuf), elles sont donc très sensibles au prix. Le problème s’amplifie lorsque le Brésil dévalue le real. Il s’agit alors du principal partenaire commercial de l’Argentine: les produits brésiliens deviennent peu chers, et sont importés en masse en Argentine. Ces évolutions des monnaies creusent les déficits argentins. La balance courante passe de +3,3% du PIB en 1990 à -4,8% en 1998. La sortie de devises contracte la masse monétaire. Vient alors la déflation.

La crise!

Pendant trois ans d’affilée, de 1999 à 2001, l’Argentine est en déflation. Cela paralyse l’économie. Repli du PIB de -4%, hausse du taux de chômage de 5% pendant les années 80 à presque 20%. La grogne sociale est en marche. La sortie de capitaux dévore les réserves de changes: elles passent de 26,4 milliards de dollars en 1999 à 10,5 milliards en 2002. Le problème, c’est que 90% de la dette argentine est libellée en dollars: l’Argentine n’a plus suffisamment de réserves pour payer. Certes l’Argentine est endettée (62% du PIB), et son budget est déficitaire (6,3% du PIB), mais ce n’est pas son niveau d’endettement qui va l’achever: c’est la sortie des flux de devises du pays. Elle appelle le FMI à l’aide. Comme à son habitude, ses émissaires prononcent les mots «cures d’austérité» avant même de dire «Bonjour».
L’Argentine ne respecte pas sa promesse. Elle laisse les différentes provinces émettre leurs propres monnaies pour continuer à dépenser. Quelque temps plus tard, le gouvernement central se met lui aussi à imprimer des billets de dettes pour continuer à consommer; ces derniers s’échangent alors comme de la monnaie. Ces dépenses sont essentiellement sociales, et visent à calmer la colère de la population, en offrant, par exemple, des indemnités pour les chômeurs. Début décembre, le FMI annonce qu’il ne donnera pas de prêt à l’Argentine car elle n’a pas tenu ses engagements de réduction des dépenses. Fin décembre, l’Argentine fait défaut sur sa dette qui avoisine les 100 milliards de dollars.

Trois erreurs commises par les Argentins

Le système de «Caisse d’émission» choisit au départ était très hasardeux, l’Argentine fut la première grande économie à l’adopter. Même le FMI ne l’a jamais conseillé! C’était là une erreur qui a coûté cher aux Argentins. La deuxième erreur, c’est d’avoir voulu sauver la mise en imprimant des titres de dettes pour éviter l’austérité en 2002. Ces impressions massives ont fait passer le pays d’une déflation de -1,1% en 2001, à une inflation de +25,9% en 2002. Aucun pouvoir d’achat réel n’a été gagné par les citoyens en raison de l’inflation. La troisième erreur, c’est d’avoir laissé traîner les négociations avec les créanciers qui se sont abstenus de participer à la reconversion de la dette.
De ces trois erreurs, nous pouvons en tirer trois leçons. La première, c’est qu’une banque centrale ne doit jamais concéder son droit de création monétaire. Elle doit s’auto-discipliner pour ne pas en abuser, plutôt que l’abandonner. La seconde, c’est que lorsque vient le temps de l’austérité pour rééquilibrer les comptes, il n’y a plus d’issus pour l’éviter. Ce qu’il aurait fallu faire, c’est réduire les déficits quand la croissance était au rendez-vous, pour ne pas avoir à le faire en temps de crise. Ainsi, les citoyens n’auraient pas ressenti la rigueur de l’austérité. La troisième leçon, c’est qu’il faut solder les négociations avec les créanciers le plus rapidement possible. La réputation de crédit est un actif hors de prix.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc