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    Politique Internationale

    Egypte: L’investiture d’Al-Sissi crée le malaise

    Par L'Economiste | Edition N°:4293 Le 09/06/2014 | Partager
    UE et USA représentés par le conseiller du secrétaire d’Etat et des ambassadeurs
    Les pays du Golfe en force, exception faite du Qatar
    Salaheddine Mezouar, émissaire de la diplomatie marocaine

    C’EST le couronnement d’une stratégie implacablement exécutée par le maréchal retraité Abdelfattah al-Sissi. Celui-ci a officiellement entériné son statut de président de la République égyptienne en prêtant serment hier dimanche 8 juin. Une fonction qu’il exerce de facto depuis le 3 juillet 2013, date à laquelle il est apparu sur les écrans pour annoncer la destitution du président élu Mohammed Morsi. Si les résultats des élections étaient connus d’avance, Al-Sissi ayant éliminé toute opposition, les réactions des «démocraties internationales» étaient très attendues. Et malgré ses 96,9% des voix obtenues aux présidentielles, un score exceptionnel n’eut été le taux de participation (moins de 50%) et les circonstances, les Occidentaux ont attendu 24 à 48 heures pour féliciter le nouveau président. Tous ont insisté dans leur discours sur les droits de l’Homme, et disent qu’ils surveilleront la situation de près.

    Une réaction jugée faible par de nombreux experts et politologues, puisqu’elle consacre le coup d’Etat contre Morsi, passe sous silence la répression sanglante de la confrérie des Frères musulmans et le traitement accordé à toute voix qui s’élève pour réclamer plus de libertés. D’ailleurs, depuis qu’Al-Sissi a pris les rênes du pays, quelque 1.400 pro-Morsi ont été tués et 15.000 Frères musulmans emprisonnés. L’ancien militaire ne tente même pas de cacher son goût pour l’autoritarisme derrière son sourire figé. La «vraie démocratie»? L’Egypte n’y sera pas prête avant 20 à 25 ans, a-t-il déclaré. Mais les pays occidentaux brandissent l’argument de la realpolitik, et la nécessité de composer avec ce gouvernement égyptien au nom de la stabilité de la région et d’un «espoir» de réconciliation israélo-palestinienne.
    Les signes de gêne sont tout de même palpables auprès des pays occidentaux, même s’ils ne changeront pas le cours de l’histoire. Hier, à la cérémonie d’investiture, les Etats-Unis étaient simplement  représentés par Thomas Shannon, conseiller du secrétaire d’Etat John Kerry. L’Union européenne a tout aussi soigneusement évité d’envoyer d’éminents émissaires. La France avait déclaré qu’elle sera représentée par son ambassadeur en Egypte, «comme la plupart de ses partenaires». C’est Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, qui a représenté le Maroc.
    Par contre, du côté des pays du Golfe, exception faite du Qatar, la cérémonie d’investiture était l’occasion pour réaffirmer leur soutien (jusque-là principalement financier) à l’ancien maréchal. Salmane ben Abdelaziz, prince héritier de l’Arabie saoudite, cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah, émir du Koweït, et Hamad ben Issa al-Khalifa, roi du Bahreïn, étaient tous au rendez-vous.
    Le roi Abdallah II de Jordanie et le président palestinien Mahmoud Abbas se sont aussi rendus à la prestation de serment. Issaias Afeworki, président de l’Erythrée, Teodoro Obiang Nguema, président de la Guinée équatoriale, et Idriss Dedy, président tchadien, étaient aussi de la partie.

    Rime AIT EL HAJ

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