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    Marrakech: Une police des mœurs trop zélée

    Par L'Economiste | Edition N°:4285 Le 28/05/2014 | Partager
    Une nouvelle brigade féminine déployée
    De nombreux débordements signalés
    Leurs méthodes très critiquées

    Les policières affectées à la brigade féminine créent la psychose auprès des Marrakchies. En civil, elles procèdent à des contrôles d’identité des femmes aléatoires ne distinguant pas entre fashion victimes et racoleuses.

    A  L’heure où le tourisme relève à peine la tête, voilà de quoi le faire replonger à nouveau. Une brigade des mœurs composée de membres exclusivement féminins veille désormais à vos tenues vestimentaires, mesdames. Si vous êtes «indécemment» habillées ou outrageusement maquillées, vous êtes suspectes d’être des prostituées et vous risquez, même si vous ne faites que flâner, d’être malmenées, voire interpellées. La cité ocre est la première ville, et pour l’instant  la seule,  à avoir mis en place une brigade de ce genre avec des policières en civil investissant les lieux publics. Et on ne s’en cache pas auprès de la préfecture de police qui a annoncé avec fierté la création de cette troupe «chargée de mener la chasse aux prostituées» alors qu’ailleurs, ce genre de brigade cherche plutôt à démanteler des filières de prostitution tout en protégeant la prostituée. Certes, la ville touristique de Marrakech comme tant d’autres a la réputation d’être un haut lieu du libertinage, associé au tourisme sexuel et à la pédophilie. Et la presse locale et internationale parle souvent des soirées branchées de la ville et de ses endroits exotiques où tout est permis. Mais à l’exception d’une enquête réalisée par L’Economiste en 2002 sur les dérives des ryads chauds, les témoignages concernant ces filières de prostitution sont rarissimes tout autant que les coups de filets de la police.
    Dans tous les cas, ils sont bien loin de refléter ce paradis sexuel qu’est Marrakech. Alors que signifie le déploiement d’une telle brigade qui s’attaque davantage aux filles visitant les quartiers marchands de la ville? Et plus exactement au Plaza ou encore le tout nouveau mall le Carré Eden. Plus que la mise en place de cette brigade, ce sont ces supposées méthodes et procédures qui attirent les critiques. D’après des témoignages, la brigade féminine des mœurs ne prend pas des gants et soumettrait toute femme ou jeune fille dont la tenue serait jugée indécente à des contrôles d’identité (reste à définir les frontières de l’indécence!). Plus même. Lorsque les filles contrôlées ne sont pas originaires de Marrakech, elles sont priées de plier bagage. Contactés à plusieurs reprises à ce sujet, les responsables de la préfecture de police sont restés injoignables. 
    Badra BERRISSOULE

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