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    Evénement

    FMI: Les mises en garde de Lagarde

    Par L'Economiste | Edition N°:4272 Le 09/05/2014 | Partager
    La redynamisation des PME et le renforcement de la classe moyenne
    Les dérives budgétaires, et l’érosion des réserves de change freinent le progrès
    Le véritable défi est de trouver les moyens de créer des emplois pour les jeunes

    LES responsables publics ne sont pas prêts d’oublier la leçon magistrale donnée par Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), hier jeudi au CESE à Rabat. Le cadre du Conseil économique, social et environnemental s’y prête aux différentes mises en garde adressées aux autorités publiques. L’idée est de tirer la sonnette d’alarme sur les dysfonctionnements à redresser en vue de réussir la transition. Car, «les progrès réalisés par les pays de la région restent fragiles, face aux défis politiques et sécuritaires», a estimé Lagarde. Pour le Maroc, si la DG du FMI a avancé que «Rabat commence à récolter les fruits de la diversification de son économie, notamment grâce à des secteurs comme l’automobile, l’aéronautique ou l’électronique», plusieurs défis restent encore à relever. Mais, il faut aussi reconnaître que les progressions réalisées dans plusieurs pays sont fragiles face aux défis politiques et sécuritaires. En tête, «la stabilité économique, qui reste une priorité absolue», selon la DG du FMI. Pour elle, «les dérives budgétaires, l’endettement effréné, la montée de l’inflation, ou l’érosion des réserves de change ne feraient que freiner le progrès, et pèseraient d’abord sur les plus démunis». Dans des pays comme le Maroc, où les jeunes constituent une grande part de la société, «la crise de l’emploi a des effets dévastateurs», a martelé Lagarde.
    Cette «dividende démographique», mettant chaque année de nouveaux jeunes aux portes du marché du travail, peut constituer une chance ou une malédiction. C’est pour cela que «les défis de la prochaine étape de la transition sont clairs», a-t-elle noté. Il s’agit de «trouver les moyens de créer des emplois nécessaires pour répondre aux aspirations d’une nouvelle génération, à travers une économie prospère et dynamique, porteuse de débouchés pour tous». Or, Christine Lagarde a été on ne peut plus clair, en soulignant que «l’Etat ne peut pas être le premier employeur. Les jeunes doivent être plutôt orientés vers le secteur privé ou vers la création de leurs propres entreprises». Néanmoins, la création d’emplois pour les jeunes nécessite un doublement de la croissance, qui avoisine actuellement les 3%, comme l’a indiqué Lagarde. D’où l’intérêt de renforcer ce qu’elle appelle «le pilier central», avec ses deux composantes économique et sociale.
    Sur le plan économique, il s’agit de booster l’activité des PME, «épine dorsale d’une économie saine, et principale pourvoyeuse d’emplois», selon la DG du FMI. Celle-ci a déploré la nature déséquilibrée de la structure industrielle actuelle, avec un nombre réduit de grandes entreprises, et une multitude de petites unités dans le secteur informel. Or, «cette informalité comporte des coûts manifestes: moins de technologie, moins de capital, moins de main-d’œuvre qualifiée et moins d’investissements», a-t-elle expliqué. Ce qui a un impact certain en termes de faiblesse de la productivité et de perte de compétitivité. D’autant plus que «le nombre d’entreprises créées est insuffisant, et celles qui existent manquent d’opportunités de croître et de prospérer», a ajouté la patronne du FMI. Ces efforts doivent être soutenus par des politiques publiques, menées par l’Etat. Celui-ci devra changer de mode opératoire, pour se délaisser de son comportement «envahisseur, avec un secteur public omniprésent, en vue de mettre en place une nouvelle logique où l’Etat joue un rôle de régulateur neutre et intègre», de l’avis de la patronne du FMI. Pour elle, le gouvernement doit réorienter la dépense publique vers des domaines comme l’éducation et la santé, au lieu de continuer à assurer des subventions généralisées.
    Le volet social, autre dimension décisive de cette vision, est lié à la consolidation de la place de la classe moyenne. Surtout que «dans les pays arabes en transition, comme dans d’autres régions du monde, le sentiment est que la classe moyenne perd du terrain», a avancé Lagarde. C’est pour cela qu’elle a souligné que «les pays doivent donner à leurs citoyens les moyens de gravir l’échelle sociale pour s’affranchir de la pauvreté, rejoindre la classe moyenne et poursuivre leur ascension». Concrètement, il s’agit de «veiller à ce que les fruits de la prospérité soient partagés plus largement et plus équitablement».

    Les leviers à activer

    GLOBALEMENT, Christine Lagarde a appelé à agir sur trois fronts. Il s’agit d’abord de promouvoir un climat des affaires propice favorisant une plus grande concurrence, et facilitant l’accès aux financements». Cela devra s’accompagner d’un démantèlement progressif des barrières tarifaires et non tarifaires, en vue de favoriser une plus grande intégration régionale. Le deuxième levier concerne la création d’emplois pour les jeunes.
    L’idée est de miser sur l’éducation pour «doter les jeunes des compétences leur permettant de prospérer dans l’économie du XXIe siècle». Surtout que l’un des grands problèmes auxquels font face des pays comme le Maroc est lié à l’inadéquation entre la formation et les besoins du marché du travail. Lagarde a également insisté sur l’importance de renforcer la participation des femmes au développement économique. «Si l’écart constaté actuellement entre les pays de la région et les Etats émergents dans ce domaine est ramené au double au lieu du triple, l’économie de la région aurait produit 1.000 milliards de dollars de plus, soit un gain annuel de 6 points du PIB», a expliqué Lagarde.

    Mohamed Ali MRABI

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