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Tribune

Débat darija vs fos’ha
Quand s’arrêtera la schizophrénie?
ParPar Ahmed Benabbès-Taarji

Par L'Economiste | Edition N°:4174 Le 18/12/2013 | Partager

Ahmed Benabbès-Taarji est chef d’entreprise

UN de nos éminents penseurs déclare tout de go que la darija va non seulement ruiner l’unité du pays mais aussi nous couper de la culture arabe. La darija est pratiquée par tous les habitants du Maroc de Tanger à Dakhla et d’Oujda à Lagouira, la fos’ha par personne. Je ne sais qui de la darija ou de la fos’ha nuit réellement à l’unité du pays. La fos’ha nous a été imposée depuis des siècles alors que nous  sommes des Marocains du Maroc. Elle nous est enseignée depuis des siècles avec pour tout résultat de créer un peuple schizophrène: essayant d’utiliser une langue pour son travail et sa quête d’évolution et une autre pour sa vie personnelle (famille, amis, relations de tous les jours).
Nous enseignons aux enfants une langue qui en plus de leur être étrangère s’écrit sans voyelles. Une langue qu’il faut étudier pendant des années pour pouvoir la maîtriser correctement.
Une langue qui devient une science en elle-même au lieu d’être comme toute langue qui se respecte un simple véhicule pour la connaissance.
L’enfant dès son premier jour en classe est traumatisé car tous les mots qu’il a appris à la maison sont à jeter à la poubelle: El aoud devient farass, El makla devient El akle, etc. Et comme cela pendant au moins 10 ans il essayera d’apprendre une langue qu’il ne maîtrisera jamais suffisamment, pour pouvoir en faire un véhicule de connaissance.
En effet, une langue écrite sans voyelles a besoin de toute une vie pour pouvoir être correctement maîtrisée. Imaginez qu’en français je vous écris ce mot: Msn, il faut que vous réfléchissiez longtemps pour deviner qu’il s’agit du mot: Maison, écrit sans voyelles. Le temps qu’il vous faut pour deviner la prononciation de ce mot vous l’avez perdu pour savoir ce qu’il signifie et avancer dans votre lecture.
Nous enseignons la fos’ha depuis des décennies et à aujourd’hui nous faisons partie des derniers de la classe. Le pourcentage d’analphabètes chez nous bat tous les records. Depuis presque 60 ans, les ressources allouées à l’Education nationale sont de loin les plus importants du budget du pays avec le résultat que nous connaissons. De même partout ailleurs, dès le premier jour, on apprend à l’enfant l’alphabet et à assembler les lettres pour faire un mot. Ainsi on lui apprend que p + a = pa et que pa + pa = papa. Dès les premiers jours, il peut lire papa et ainsi de suite.

Ceux qui n’ont jamais
lu un livre

On se désole sur l’indigence du nombre de journaux vendus quotidiennement, alors que dans les pays qui enseignent leur propre langue les quotidiens sont vendus par centaines de milliers ou même par millions.
Il y a des millions de citoyens qui n’ont jamais lu un livre. Ce n’est pas par manque de curiosité mais parce qu’ils ne maîtrisent pas la langue utilisée. La fos’ha est la seule langue qui fait précéder la compréhension d’une phrase à sa lecture correcte.
Imaginez que l’on met entre les mains d’un Marocain lambda un roman connu «Les misérables» de Victor Hugo écrit en fos’ha il le jettera, écrit en darija il le lira et il ne sera pas rebuté par une langue qui n’est pas la sienne.
Ce même penseur nous dit que la darija nous couperait de la culture arabe. Mais, est-ce qu’il se rend compte que la fos’ha coupe 90% de nos concitoyens de toute culture? L’analphabétisme dû à l’enseignement forcé de la fos’ha les a coupés de toutes les cultures mondiales?
En dehors d’une infime minorité qui a eu la chance de faire ses études dans des écoles étrangères et qui grâce à quoi contrôle le pays sur tous les plans: politique, économique, culturel, etc. le reste de nos concitoyens n’ont aucune notion de ce qu’est la culture. Il n’y a qu’à se référer à l’étude de professeur-chercheur Larbi Lbaakil  «L’école marocaine et la compétition sociale».
En dehors de cela, de tout temps les opposants à la darija nous rétorquent par deux arguments massues que la fos’ha est la langue dans laquelle est rédigé le Coran et que la darija n’est pas une langue écrite et structurée. Ce pourquoi il faut continuer à l’enseigner sinon notre foi sera altérée pour finir par disparaître.
Je pense que, premièrement:
- La fos’ha est la langue avant tout d’une population qui habite la péninsule Arabique. Elle existe avant la révélation du Coran.
- Les seuls pays musulmans en avance sur tous les autres sont ceux qui n’utilisent pas l’arabe comme langue d’enseignement: La Turquie, 10e puissance économique du monde, le Pakistan, détenteur  de l’arme atomique, l’Iran qui sans le blocus est un pays en avance de très loin sur sa région, l’Indonésie, Myanmar, etc.,etc. Tous ces pays sont très musulmans, très pratiquants  et très en avance sur tous les autres  pays, grâce à l’enseignement de leur propre langue. Deuxièmement, la Turquie au début du XXe siècle a basculé de la fos’ha à la langue turque qui était une darija ni plus ni moins. Elle a été codifiée, enseignée et aujourd’hui c’est une langue vivante enseignée dans toutes les écoles et les universités turques.
En fait ce n’est pas la langue qui fait le musulman, c’est la foi. Par contre la langue fait l’ingénieur, le scientifique, le chercheur dans des domaines de pointe, cadres qui sont l’ossature de leur pays et sa force vive.

L’énorme gap

DANS le monde entier, un enfant qui n’a passé que 4 ou 5 ans à l’école est capable de déchiffrer un prospectus, un journal, une lettre. Chez nous, après une scolarité de 5 à 6 ans, l’enfant est un analphabète intégral. Nos citoyens de la campagne qui ont 6 ans ont tous été à l’école qu’ils ont quittée au bout de 5 à 6 ans pour diverses raisons: éloignement de l’école, incompréhension totale de la fos’ha, etc. sont incapables de lire quoi que ce soit. Au contraire du paysan  coréen ou turc qui peut lire le mode d’emploi  de son tracteur ou du fertilisant qu’il utilise.

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