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Economie

La sidérurgie au cœur d’un thriller industriel

Par L'Economiste | Edition N°:4163 Le 03/12/2013 | Partager
Tubistes et tréfileurs contre les monopoles
Défense commerciale vs nouveaux seigneurs
Des clauses de sauvegarde d’une durée de 4 ans

Le monde de la sidérurgie est en ébullition. Et pour cause, les mesures de défense commerciale réclamées distinctement par l’Association des sidérurgistes du Maroc (ASM) et Maghreb Steel. L’une a demandé des clauses de sauvegarde contre l’importation de fil machine et rond à béton. La seconde exige plutôt des mesures antidumping contre la tôle importée de l’UE et de la Turquie. L’ASM s’est plainte en premier «des importations massives» de fil machine et de fer à béton en provenance surtout du Portugal et de l’Espagne. Sa requête fait valoir ainsi l’instauration de clauses de sauvegarde (voir encadré). L’enquête du ministère délégué au Commerce extérieur avait conclu provisoirement à «l’existence des importations massives, du dommage grave et du lien de causalité». Ce qui a donné lieu à l’application temporaire d’un droit additionnel de 500 DH/tonne. Désormais, la mesure a été définitivement adoptée pour une durée de 4 ans.
Ce feuilleton relativement clos a permis de rendre visible une profession peu connue, les tréfileurs. A partir du fil machine, ces derniers fabriquent des clous, des fils barbelés, des chaînes…  Si les tréfileurs n’avaient pas obtenu des quotas à l’import, les clauses de sauvegarde allaient les «terrasser». Le contingent annuel auquel ils ont eu droit a été fixé à 100.000 tonnes pour le fil machine et 28.000 autres pour le fer à béton. L’avis 13/13 du département du Commerce extérieur précise qu’il y aura «une augmentation annuelle des quotas à hauteur de 5%». Cette hausse programmée sur 4 ans est-elle vraiment une bouée de sauvetage pour les tréfileurs? Possible. Car la longue liste «des pays ou territoires douaniers» en développement non concernés par le droit additionnel -et donc par les clauses de sauvegarde- compte des pays comme la Turquie, le Brésil, la Chine et l’Inde… Exception qui est reconnue aux pays en développement membres de l’OMC.
Les importateurs pourront toujours contourner le bouclier commercial en allant s’approvisionner chez les Chinois ou les Turcs. Option déjà exploitée par certains tréfileurs qui figurent notamment sur la première liste établie au titre du 2e semestre 2013: 37.000 tonnes pour le fil machine et 10.500 tonnes pour le rond à béton. Liste qui a elle-même fait l’objet d’une âpre bataille et qui allait précipiter l’éclatement de l’alliance fragile des tréfileurs. «Erreurs de calcul, industriels fantômes, amalgames entre importateurs et transformateurs», telles sont les critiques avancées par les associations professionnelles pour faire torpiller la version initiale de la liste des contingents établie par le ministère délégué au Commerce extérieur (cf. L’Economiste du 26 avril et 16 août 2013). Vu que les volumes libres de droit additionnel sont plus conséquents en 2014, il est à parier qu’une guerre fratricide risque d’éclater chez les tréfileurs. L’établissement de la nouvelle liste servant ainsi de déclencheur.
L’Association des sidérurgistes du Maroc, elle, tente de se rattraper via les normes qualité. Pas question de laisser la porte ouverte à tout va: son président, Ayoub Azami, confie avoir tenu des réunions avec le ministère de l’Industrie et du Commerce. Le but étant de «verrouiller» la frontière aux importations de fer à béton et de fil machine dont «la qualité est douteuse». Légitime, mais est-ce suffisant?
Les experts  d’Euler Hermes, eux, annoncent que la sidérurgie mondiale se reconfigure avec la montée en puissance de la Chine, l’Inde et le Brésil. «La question des surcapacités et des restructurations risque encore de se poser pendant des années», selon une étude de 2013.
Contexte qui ne laisse pas vraiment place à trop d’illusion quant à la portée des mesures de défense commerciale. Y compris en termes de durée: 4 ans renouvelable une fois pour les clauses de sauvegarde. Et même si Sonasid est adossé à un géant de l’acier, ArcelorMittal, n’a-t-elle pas «souffert» des importations «massives»?
C’est justement là où ce thriller industriel devient plus poignant. ArcelorMittal est aujourd’hui visé à son tour par des droits antidumping et conteste fermement l’enquête provisoire de la direction de la politique des échanges commerciaux (cf. L’Economiste du 2 décembre 2013). Maghreb Steel, à l’origine de la requête antidumping et unique producteur local de tôle, doit en plus faire face à l’offensive de l’Association des fabricants de tubes (Afatube). Une réunion plénière est tenue ce mardi 3 décembre à Casablanca avec la Fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques (FIMME). Celle-là même à qui ils ont reproché de n’avoir pas pesé pour préserver leurs droits. Or l’arbitrage de la FIMME entre l’Association des sidérurgistes du Maroc et les tréfileurs a permis de trouver un compromis.
La réunion d’aujourd’hui entre la Fédération et les tubistes s’annonce donc chaude et n’est pas ouverte au public. Le département du Commerce extérieur vient de son côté de proroger jusqu’au 23 décembre 2013 le délai fixé pour que les protagonistes transmettent leurs commentaires relatifs aux résultats provisoires de l’enquête.


Faiçal FAQUIHI 

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