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Analyse

Coût de la vie
Des hausses qui masquent l’inflation

Par L'Economiste | Edition N°:4064 Le 01/07/2013 | Partager
9 ménages sur 10 perçoivent une aggravation du coût de la vie
L’alimentaire pèse 40% dans le budget ménager

Sur les six dernières années, le niveau primaire a flambé de 27%, le secondaire de 25,4% et le supérieur de 19,6%.  En y ajoutant le transport, autre dépense contraignante, la part du budget dédiée annuellement s’élève à 16%

Jamais le pessimisme n’a été si élevé parmi les ménages. Selon la dernière enquête du HCP, le moral des foyers serait au plus bas niveau et se détériore de mois en mois depuis le second semestre de 2012. Et la perception est alimentée par la tendance à l’aggravation du coût de la vie, de l’endettement et la difficulté sur le marché de l’emploi. Une situation qu’attise la concentration sur une période relativement courte d’évènements qui entrainent de fortes dépenses. Ramadan, vacances et rentrée scolaire, un triptyque qui, avec l’Aid Al Adha, oblige un grand nombre de ménages à s’endetter.
Certes l’inflation mesurée par les outils statistiques reste globalement maitrisée autour de 2% par an. Niveau qu’explique pour l’essentiel l’intervention de la Compensation, mais l’inflation perçue est tout autre. Surtout, à l’égard de certains postes de dépenses qui grèvent l’essentiel du budget des ménages. En tête, l’alimentation qui occupe la première place dans les dépenses avec 40%. Or, ils sont 9 ménages sur 10 qui pensent que les prix des produits alimentaires ont augmenté au cours du premier trimestre 2013. Et pas moins de 3 ménages sur 4 anticipent une hausse pour les 12 prochains mois. De fait, le sentiment des ménages reste concentré sur les produits les plus consommés, tels les céréales, les viandes, le poisson, les huiles, le thé, le café et les fruits et légumes. Or, tous ces produits sont orientés à la hausse. (Voir article page 6). Pour certains d’entre eux, la production locale est excédentaire alors que d’autres sont importés. Ce qui porte à croire qu’une bonne part de l’inflation perçue est importée.   
La structure des dépenses révélée par la dernière enquête du HCP sur les achats  des ménages place en deuxième position (20,3%) les charges relatives au loyer, entretien du logement, eau, électricité. Alors que l’enseignement avec le transport et communication accaparent 16%. Des postes qui n’ont pas été épargnés par la hausse des prix. Si le loyer n’a augmenté que de 3% sur la période 2007-2012, les fournitures pour travaux et entretien des logements ont crû de 10%.
Mais les augmentations les plus importantes ont affecté l’enseignement. Certes le secteur public reste encore gratuit pour tous, mais il est de notoriété publique que de nombreuses familles, par mimétisme ou par nécessité, placent leurs enfants dans l’enseignement privé. Sinon comment expliquer le phénomène de la prolifération des écoles privées pour les niveaux primaire et secondaire où la demande est plus importante.        
C’est d’ailleurs cet effet moutonnier qui fait que les écoles privées poussent comme des champignons, pour les niveaux primaire et secondaire surtout qui enregistrent la plus forte demande. Entre 2011 et 2012, l’augmentation des prix dans l’enseignement a frôlé les 7%. Mais sur les six dernières années, le niveau primaire a flambé de 27%, le secondaire de 25,4% et le supérieur de 19,6%.  En y ajoutant le transport, autre dépense contraignante, la boucle est bouclée. Certes, les prix du transport sont réglementés, ils évoluent  très faiblement. Entre 2007 et 2011, ils n’ont augmenté que de 1,9%. Et s’ils ont crû de 5% entre 2011 et 2012, c’est en raison de la hausse des carburants de l’été dernier. Mais par branche d’activité et sur la période 2007-2012, le transport routier a augmenté de 7,3% et le ferroviaire de 3,4%. 
Aussi, ne faut-il point s’étonner si le tiers des ménages s’endette pour couvrir ses dépenses. Une proportion non négligeable puise dans l’épargne, thésaurisée bien évidemment, pour subvenir à des besoins urgents notamment les frais scolaires et les fêtes religieuses. Mais la majorité des ménages n’a pas la capacité d’épargner dans les mois à venir. Ils sont 8 foyers sur 10 dans ce cas. 
Une situation qui ira en s’aggravant dans les semaines qui viennent. La flambée qui s’empare généralement des prix de produits les plus consommés durant le mois de Ramadan alourdira encore le panier des ménages.


A. G.

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