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    Par L'Economiste | Edition N°:4064 Le 01/07/2013 | Partager
    Céréales, huiles, café et thé, les plus touchés
    La distribution alimente aussi l’inflation

    Source: HCP  
    La flambée à l’international des cours des matières premières continue d’affecter les prix de produits comme les céréales, la volaille, les huiles, le café et le thé. Mais des produits dont le pays est excédentaire, tels le poisson et les fruits et légumes, restent aussi orientés à la hausse

    «Tout flambe»! s’exclame cette ménagère devant un étalage d’un marchand de fruits secs et féculents. Et l’impression paraît généralisée en cette veille du mois de Ramadan où la plupart des ménages anticipent les achats. Ce qui gonfle bien évidemment la demande et exerce la pression à la hausse sur les prix. Mais dans l’absolu, l’inflation n’est perçue qu’à travers les produits les plus consommés. A commencer par l’alimentaire.      
    Les produits alimentaires et les boissons non alcoolisées ont augmenté de 2,8% entre 2011 et 2012. Et sur six ans, ils ont dépassé les 16%, soit depuis la publication de la nouvelle version de l’Indice des prix à la consommation. Le panier de cet indice contient 478 articles et 1.067 variétés. Seulement, ces  hausses affectent considérablement le pouvoir d’achat des ménages pour la simple raison que l’alimentaire occupe plus de 40% du budget des ménages. Même quand les produits alimentaires n’augmentent que dans des proportions modestes, l’impact est fortement ressenti. A fortiori lorsque la cote de la hausse devient alarmante et touche de nombreux produits de base. 
    C’est le cas par exemple des céréales dont les prix ont augmenté de 20,5% sur les six dernières années bien que le blé tendre (céréale la plus consommée) produit localement ou importé est subventionné. Seulement, le soutien de l’Etat  ne cible que le pain boulanger consommé essentiellement dans le milieu urbain. Du coup, la volatilité s’empare du marché alimentée en cela par une demande à la fois rurale et citadine. De nombreux foyers préparent «du pain maison».
    C’est le cas aussi des huiles : 27,7% de hausse sur la même période.
    Le HCP qui fournit ces statistiques ne précise pas s’il s’agit de l’huile d’olive produite localement ou des huiles de soja, de tournesol, d’arachide, etc. Mais le constat est sans appel. C’est bien l’inflation importée qui a fait flamber les huiles. Car la hausse s’explique surtout par l’augmentation des coûts des matières premières à l’international. Rien qu’entre 2011 et 2012, la hausse cumulée des prix des huiles a atteint 7,1%. Le même phénomène a aussi touché la volaille, le thé et le café. Sur la période 2007-2012, les viandes blanches ont enregistré une augmentation de 16,4, le café 21,9% et le thé 17%. Mais des produits pour lesquels le Maroc est largement excédentaire dans la mesure où il exporte de gros volumes n’ont pas été non plus épargnés par la hausse. A titre d’exemple les prix du poisson ont atteint des niveaux jugés prohibitifs. Pourtant, le Maroc est bien nanti de 1.500 kilomètres de côtes. Et sa production avoisine le million de tonnes. Mais cela ne semble pas impacter le niveau des prix. Même le prix de la sardine avait, à certaines périodes de l’année passée, dépassé de loin celui du poulet de chair. Ceux des fruits et légumes les plus consommés ont atteint aussi des niveaux sans commune mesure avec le pouvoir d’achat de l’écrasante majorité. Cette année aussi, les prix des tomates, agrumes, pomme de terre, courgettes et haricot vert ont frôlé, voire dépassé la barre de 7DH/kg. L’explication tient à la multitude d’intervenants exacerbée par l’anarchie qui règne qui caractérise les circuits de commercialisation. Et la réforme, annoncée en grande pompe des marchés de gros, peine à voir le jour.
    Pour le moment, les hausses les plus fortes touchent les fruits secs et autres féculents. Il faut au moins une journée et demie à un smicard pour qu’il s’offre un kilo d’amende.        
    Bien sûr, il y a quantité de produits et services dont les prix stagnent (santé, loisirs et culture…) et d’autres baissent (communications, articles de ménage), mais cela ne change rien à la perception des consommateurs. Ceux-ci ne retiennent que ce qui est répétitif, comme l’alimentation, se souciant peu du dernier appareil électroménager acquis ou des baisses des produits et services qu’ils consomment une fois tous les ans, voire plus.


    A. G.

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