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    Comment relancer l’export: Le CNCE s’arme pour la guerre de l’information

    Par L'Economiste | Edition N°:4048 Le 07/06/2013 | Partager
    Veille stratégique, analyses et force de proposition, le nouvel ADN
    Création d’un laboratoire d’idées
    Un focus particulier sur l’Afrique

    Source: CNCE
    Le Répertoire sera entre autres un outil pour un suivi approprié et permanent de l’évolution de nos importateurs et exportateurs. Il devrait faciliter notamment l’opérationnalisation des mécanismes de défense commerciale

    LE Conseil national du commerce extérieur (CNCE) prend un nouveau tournant pour devenir un véritable centre national d’intelligence économique. A sa genèse, le CNCE devait servir à mettre en œuvre des synergies entre les secteurs public et privé, en vue d’un meilleur développement des exportations. «Cette mutation s’est imposée avec le choix de l’ouverture du Maroc et la signature d’accords de libre-échange», explique Nezha Lahrichi, présidente du CNCE. L’intégration de la démarche de l’intelligence économique et de veille stratégique a ainsi permis de synchroniser «le temps stratégique» et le «temps technique». Ce qui, pour Lahrichi, permet d’allier le balayage de l’espace informel à l’expertise en matière d’analyse du commerce international. 
    En effet, aujourd’hui, le contexte international nécessite une autre approche. La production industrielle est de plus en plus structurée en chaînes mondiales. Dans ce contexte, les mesures commerciales traditionnelles telles que les droits de douane cessent d’être les instruments les plus efficaces, par conséquent le recours aux mesures non tarifaires est plus répandu. Pourtant, le management du CNCE soutient mordicus qu’il est possible d’infléchir les mutations en cours dans le monde. Cela passe essentiellement par les technologies de l’information et la création de solutions de stockage et de traitement de données massives (Big Data). Ainsi, de nouvelles solutions de stockage et de traitement de données sont en mesure d’aider les décideurs à résoudre des problèmes économiques et rendre les connaissances plus utilisables. L’objectif étant, selon Nezha Lahrichi, de «fournir aux décideurs privés comme publics la bonne information au bon moment». Justement, le CNCE aspire à avoir un rôle de veille pour l’aide à la décision.  Le tout est de faire des recommandations sur des postures soit défensives soit offensives. Le Conseil propose de décliner une information structurée, fiable, actualisée donc utile au monde économique.
    A première vue, le CNCE se lance dans un chantier titanesque où les paramètres sont multiples. Pourtant, les équipes de Nezha Lahrichi ne comptent pas se lancer à fonds perdus dans des études stériles. L’idée est d’identifier les  besoins auprès des opérateurs privés et des institutionnels afin de déterminer et prioriser les sujets à traiter. Par la suite, il sera question de rechercher les informations les plus pertinentes et les analyser afin de les transformer en information exploitable. Dans un troisième temps, le CNCE devra opter pour des modes de diffusion et de communication de l’information efficaces.
    Le Conseil ne s’engage pas dans un terrain en friche. Le Maroc a déjà un dispositif d’intelligence économique mais qui accuse de nombreuses faiblesses. Une analyse du CNCE a révélé l’existence de peu d’organismes spécialisés par secteur  pour couvrir les besoins des professionnels dans des secteurs phares de l’économie nationale. Pis encore, il existe une faible interaction entre les différents acteurs du dispositif et très peu de prestations de services sont personnalisées. Pour capitaliser sur l’existant et créer un dispositif performant, les équipes du CNCE ont fixé plusieurs exigences. Les plus importantes sont la complémentarité avec les dispositifs existants en matière d’analyse économique et un focus particulier sur la veille du commerce extérieur. Le Conseil compte analyser en continu les menaces et les opportunités du commerce international en offrant les méthodes et les outils adéquats. Il ambitionne également de se doter d’outils de suivi de l’actualité internationale lui permettant d’accéder aux principales données commerciales, concurrentielles ou réglementaires affectant les produits et les marchés marocains. Sur ce registre, la priorité immédiate du CNCE est de réaliser une lettre de veille sur les régions Afrique du Nord, centrale et de l’Ouest. Cette zone représente un potentiel de 700 milliards de dollars de PIB, ainsi qu’une croissance dépassant les 7% annuels sur les dix dernières années. Cependant, les données sur ces pays ne sont pas régulièrement actualisées. Pour disposer de l’information la plus précise possible, le Conseil a décidé de s’appuyer sur des donnés terrains issues de structures locales telles que les consulats et les ambassades du Maroc. L’ensemble de ces efforts déboucheront sur la création d’un répertoire national du commerce extérieur. Ce qui donnera lieu à un suivi approprié et permanent de l’évolution des importateurs et exportateurs du Maroc en facilitant notamment l’opérationnalisation des mécanismes de défense commerciale. Mieux encore, le répertoire sera une sorte de vitrine commerciale de l’Offre Maroc en collaboration avec les organismes de promotion.
    En plus du dispositif de veille, le CNCE compte se doter d’un centre d’analyse concertée des performances du commerce extérieur qui jouera un rôle de laboratoire d’idées. «Il devra proposer des points de vue innovants et à valeur ajoutée dans un cadre prospectif et d’anticipation», insiste Nezha Lahrichi. Cette sorte de laboratoire contribuera en partie à la formation des politiques publiques en matière de commerce extérieur en servant d’appui aux opérateurs économiques pour une adaptation aux évolutions  des marchés internationaux. Le centre d’analyse devrait produire un guide des affaires, des études sectorielles ou de marché et des notes de conjoncture.
    Par ailleurs, le CNCE compte développer une offre personnalisée. Il prendra à sa charge l’accompagnement de certains opérateurs dans la définition de leur capacité à s’internationaliser en identifiant les marchés et définissant un plan de mise en œuvre opérationnel. La mutation du Conseil va encore plus loin. Il propose une prospection de clients potentiels sur un marché et l’identification de solutions logistiques relatives à l’acheminement de produits et des documents ou de personnes ressources à même de faciliter les opérations commerciales. L’initiative est salutaire, voire visionnaire. Reste à espérer qu’elle arrivera à bout de la conjoncture politique entre le ministère de tutelle et le Centre national du commerce extérieur.

    Outils de veille

    Depuis la phase de cadrage des besoins jusqu’au suivi des réalisations, chaque chantier a nécessité un investissement important, aussi bien en temps qu’en ressources humaines. Les premières étapes de ce chantier qui a été déployé par la société Global Intelligence Partners sont d’ores et déjà bouclées. Le management planche actuellement sur l’offre de service en relation avec le déploiement de l’outil de veille. Tout ce qui est organisation et recrutement se fera bientôt. Cependant, tout cela ne pourra être optimisé sans une bonne assise juridique. D’où la nécessité  d’adopter le projet de loi portant transformation du CNCE en personne morale de droit public dotée de l’autonomie financière pour lui donner les moyens d’attirer les meilleurs profils.

    Ilham BOUMNADE
    & Bachir Thiam

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