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    Comment relancer l’export
    L’ordonnance choc du CNCE

    Par L'Economiste | Edition N°:4048 Le 07/06/2013 | Partager
    Accroissement de l’intégration locale et de la compétitivité
    Eviter les politiques de relance par la demande

    Dans la production de conserve de sardine, seules la sardine, l’huile et la main-d’œuvre sont d’origine locale. Les machines, les boîtes de conserve ainsi que le savoir-faire sont importés. La valeur ajoutée locale est jugée très faible

    LES stratégies sectorielles sont une nécessité, c’est même un atout à consolider. Elles permettront au Maroc d’éviter le creusement continu du solde commercial ainsi que la dégradation des équilibres macroéconomiques. C’est un check-up et des recommandations pour améliorer l’offre exportable et limiter les importations que le Conseil national du commerce extérieur propose au gouvernement.
    Dans une étude, qui sera  présentée ce vendredi 7 juin lors de  l’assemblée générale, le Conseil estime que la résorption du déficit est possible: «En s’attaquant aux lacunes structurelles, le Maroc sera en mesure de surmonter une partie des obstacles existants». Tout dépendra de la capacité du gouvernement à positionner le curseur sur les paramètres capables de transformer une partie des importations incompressibles en des achats compressibles. L’étude a identifié certains produits dont l’importation a fortement augmenté entre 1998 et 2011. Il s’agit notamment de produits agricoles bruts et de produits chimiques. Leur réduction au même niveau observé en 1998 permettra d’économiser 55 milliards de dirhams et de réduire le déficit de 35%. Le challenge aujourd’hui est d’identifier les produits fabriqués localement et qui ont la capacité de remplacer les biens de consommation intermédiaires importés.
    Un des remèdes au déficit commercial chronique est l’accroissement de la valeur ajoutée locale ainsi que l’intégration du tissu productif. Le cas de la production de la conserve de sardine est assez éloquent. Seules la sardine, l’huile de sardine et la main-d’œuvre sont d’origine locale. Les machines, les boîtes de conserve ainsi que le savoir-faire sont importés. Idem pour l’automobile dont le principal composant, le moteur, est importé. «Ceci implique une valeur ajoutée des usines installées de 30% contre plus de 80% dans d’autres pays comme c’est le cas en Corée du Sud», note l’étude du CNCE. Reste que la Corée du Sud dispose de ses propres marques de voitures. Du coup, elle a des taux d’intégration importants.
    Dans le cas de la stratégie énergétique, le CNCE «met en garde» contre la substitution des importations des produits pétroliers par celles des intrants photovoltaïques. Cette stratégie devrait être conduite dans une optique d’intégration de la filière des énergies renouvelables. Le lancement du Plan solaire s’est  accompagné par la mise en place de filières de formation pour mettre à disposition des entreprises les profils adéquats. Pour la première tranche de Ouarzazate, le taux d’intégration prévu est de 30 à 40%. Un niveau qui pourrait être dépassé si les entreprises jouent le jeu.
    Le Maroc est appelé à s’attaquer à des produits situés en amont sur la chaîne de valeur pour améliorer la compétitivité.
    Pour le CNCE, les politiques publiques doivent être mixées à des mesures d’encouragement de l’intégration du tissu économique. Et ce, tout en gérant les effets des politiques de relance par la demande dont l’impact est important sur les importations.
    Les simulations réalisées par le CNCE ont d’ailleurs montré que les stratégies sectorielles contribueront à contenir le déficit commercial si la demande finale reste dans des limites raisonnables. L’idée étant d’éviter de reconduire les politiques de relance économique par la demande finale, car elles coûtent cher à l’économie et pourraient se traduire par une aggravation du déficit commercial.
    L’amélioration du modèle économique marocain passe aussi par la créativité et l’intégration de processus novateurs. C’est le cas par exemple pour les pompes à gaz dans les puits à usage agricole qui pourraient être remplacées par des pompes solaires. Une innovation qui  allégerait la facture de la compensation et réduirait la consommation d’énergie.

    Où est la convergence des politiques sectorielles?

    L’AMÉLIORATION de la convergence entre les acteurs tant au niveau de l’élaboration que de la mise en place des stratégies publiques devrait être érigée en priorité nationale. Comme l’explique le Centre national du commerce extérieur, le redressement économique du pays doit se traduire par la diminution de l’énergie dépensée en améliorant l’efficacité. A elle seule, une collaboration intersectorielle pourrait résoudre de nombreuses  problématiques structurelles. Le rapport cite le processus de production de la conserve de poisson comme exemple d’interdépendance sectorielle. Ce processus intègre ainsi des prérogatives du plan Maroc Vert, du plan Industries mécaniques, métallurgiques et électroniques et de la Stratégie de développement logistique.

    Khadija MASMOUDI

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