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    Politique Internationale

    France/Turquie: La loi qui fâche

    Par L'Economiste | Edition N°:3685 Le 26/12/2011 | Partager
    Erdogan annonce le gel des relations avec la France
    Ankara rappelle son ambassadeur à Paris

    La France et la Turquie souffrent, à des degrés divers, de l'incapacité de faire le deuil d'une grandeur passée

    Le torchon brûle entre Ankara et Paris. Le vote d’une proposition de loi, le 22 décembre, réprimant la négation du génocide en France a provoqué la colère de la Turquie. Votée par la majorité des députés présents à l’Assemblée nationale (une cinquantaine), elle sanctionne d'un an de prison et de 45.000 euros d'amende «la contestation de l'existence des génocides reconnus par la loi»
    Le texte vise implicitement le génocide arménien (1915-1916), au cours duquel près d’1,2 million de personnes sont mortes lors des massacres organisés par l’Empire ottoman. La réaction d’Ankara a été aussi rapide que virulente. Par la voix du Premier ministre, Recep Erdogan, Ankara a annoncé la suspension de toutes les relations politiques, économiques et militaires entre les deux pays, l’annulation des déplacements, rencontres, séminaires ou sessions de formation, de même que des manœuvres militaires conjointes. Ainsi, la tenue en janvier prochain d’un Conseil économique et commercial mixte coprésidé par les ministres français et turc de l’Economie est tout simplement retirée de l’agenda. Sur le plan militaire, toutes les autorisations de survol du territoire et d’escale d’avions français, jusque-là attribuées annuellement, seront examinées au cas par cas, alors que les autorisations de relâche des navires français dans les ports turcs sont totalement supprimées. Auparavant, Erdogan avait rappelé son ambassadeur pour consultations.
    Enfin, le Premier ministre turc a prévenu que son pays ne participerait pas aux programmes en partenariat avec la France sous l’égide de l’Union européenne.
    En toile de fond, observateurs et responsables turcs voient dans le soutien de Nicolas Sarkozy à la proposition de la loi une «manière de courtiser le vote» de la communauté arménienne: 500.000 personnes vivant en France.
    En face, l’enjeu économique est de taille. Surtout pour la France. L’Hexagone est un investisseur majeur en Turquie, pays qui enregistre une croissance à deux chiffres depuis l’accès du Parti de la justice et développement (AKP) au pouvoir. En 2010, les capitaux français injectés en Turquie sont estimés à 12 milliards d’euros. Des centaines d’entreprises françaises y sont présentes, de la banque à l’assurance et de l’automobile à la distribution. Bien que les produits français soient peu consommés en Turquie, un site appelant au boycott de ces derniers est déjà actif. Et le bras de fer risque de se durcir. Du moins jusqu’au vote du projet par le Sénat et son retour devant l’Assemblée nationale.
    En attendant, la presse française s’est révélée dans son ensemble critique à «l’égard d’une manœuvre politicienne du gouvernement à l’approche de l’élection présidentielle».

    A.G.

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