×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Politique Internationale

Printemps arabe
Les «off» de la diplomatie française

Par L'Economiste | Edition N°:3622 Le 23/09/2011 | Partager
L'Algérie, «un mastodonte qui gêne», «un pays pathétique»…
La Tunisie, l’Egypte et le Maroc s’en sortent plutôt bien

Bouazizi, jeune vendeur ambulant tunisien, s’immole par le feu en place publique à Sidi Bouzid. Sa tentative de suicide déclenche le soulèvement du peuple tunisien contre le président Ben Ali. La révolution de jasmin est née. La révolte s’étend à l’Egypte, à la Syrie, à la Libye, au Yémen… formant ce qu’on appelle le printemps arabe. Un thème qui s’est invité de facto à la XIXe Conférence des ambassadeurs de France tenus début septembre à Paris, en marge de laquelle des diplomates sous couvert d’anonymat ont rencontré des journalistes avec qui ils ont discuté du nouveau paysage politique maghrébin.
Les ambassadeurs français en poste au Maghreb sont plutôt satisfait de la situation en Tunisie, en Egypte ou au Maroc. En revanche, ils font un constat aussi effrayant que pessimiste sur l’Algérie. Ils l’ont d’ailleurs nommé de tous les noms: «Pays pathétique», «bloc monolithique», «deux cents têtes» qui font la pluie et le beau temps, «peuple tué, qui n'a pas plus de ressort»… Des propos sévères cités d’ailleurs par l’hebdomadaire français Valeurs actuelles, un magazine de droite, dans son édition du 8 septembre. Depuis, des commentaires et des blogs ont été ouverts dans divers sites dont Rue89, animé par Pierre Haski, cofondateur et également chroniqueur sur Atlantic Radio. Dans leurs analyses de différents pays, les diplomates reconnaissent que le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord vivent une période de changement politique et social sans précédent. Mais ils ont rendu un avis plutôt critique sur le pays de Bouteflika. «Dans le nouveau paysage géopolitique du Maghreb, l’Algérie devient préoccupante. C’est un mastodonte qui va nous gêner», craignent ainsi les ambassadeurs français. Quant au pouvoir en place, les diplomates sont on ne peut plus sévères: «Dans ce régime où deux cents têtes font la pluie et le beau temps, les autorités continuent à contresens». La population n’est pas non plus épargnée : «Les Algériens sont passifs. Cela fait de la peine de voir ce peuple tué, qui n’a pas plus de ressort». D’ailleurs Wikileaks avait révélé des rapports accablants sur la situation en Algérie. L’ambassade américaine à Alger estimait ainsi que la corruption et les fraudes massives sont des pratiques courantes du gouvernement et la jeunesse est vouée à la perdition et à la hagra. Le diplomate estimait d’ailleurs que le pays était sur un volcan, risquant l’embrasement à tout moment. Les diplomates français se réjouissent que des pays «se redressent» et préparent leur transition démocratique. D’après leur analyse, la situation en Tunisie comme en Egypte est plutôt positive. Les pays tournent, l'administration et les institutions fonctionnent. En Tunisie, le pronostic est rassurant avant les élections du 23 octobre. Il n’y a rien à craindre aussi de la menace terroriste. Le bloc islamiste tunisien semble incapable de rassembler plus de 25% de l’électorat, face au centre droit (35%) et aux socialistes (20%). Au pays des pharaons, les partis prônent une transition démocratique: «Les islamistes sont un mouvement divisé et composite. Ils n'ont pas de modèle politique. Ils ne veulent pas le pouvoir». Alors que le gouvernement français a été fortement chahuté en janvier 2011 peu après la chute de Ben Ali, les rapports entre Tunis et Paris se normalisent. Et le business redémarre. Les 1.270 entreprises françaises présentes en Tunisie devraient en profiter. La Tunisie bénéficie déjà de 1,5 milliard d’euros d’investissements directs français. Un plan de 350 millions d’euros aidera à la transition. La France sera généreuse: 90.000 visas ont été attribués et deux charters de retours volontaires sont arrivés à Djerba. Le retour se fait dans de bonnes conditions: «On leur finance leur microentreprise».

«Si cela ne tenait qu’au Roi…»

LES diplomates analysent aussi la situation au Maroc engagé dans une ambitieuse politique de réformes. Le mouvement du 20 février est même un atout. «Le Souverain a trouvé avec ce mouvement l’outil qui lui a permis de balayer des obstacles qui le gênaient pour appliquer les réformes promises depuis des années», soulignent les diplomates. Pour eux, «la Constitution proposée par le Roi Mohammed VI et adoptée par référendum en juillet 2011 est bonne mais les partis ne semblent pas prêts à entrer dans le jeu». «Le Roi voudrait accélérer les changements, mais il est freiné. La vitesse du changement n’est pas garantie. Si cela ne tenait qu’au Roi, il irait plus loin et plus vite», disent-ils. Dans cette société rurale à 35%, on observe encore «des comportements anciens d’allégeance qui continuent à peser». Premier investisseur direct avec 700 entreprises françaises implantées, premier client et premier fournisseur, la France a des atouts dans «ce Maroc qui veut se brancher sur les métiers mondiaux, base d’assaut sur les marchés africains», dévoile la presse française.

F. Z. T.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]iste.com
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc