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Economie

Formation professionnelle
Le privé tente de sortir du ghetto

Par L'Economiste | Edition N°:3614 Le 13/09/2011 | Partager
Un livre blanc pour redynamiser le secteur
Au rang des accusés, la loi 13-00
Repenser le dispositif d’accréditation des filières

L’absence de synergie entre les secteurs public et privé, pour une complémentarité de l’offre de formation professionnelle, plombe l’activité des privés. A ce jour, 97 établissements ont mis la clé sous la porte. C’est une perte de 300 emplois et 5.000 postes pédagogiques

La Fédération marocaine de l’enseignement professionnel privé (FMEP), qui regroupe 1.578 établissements, finalise un livre blanc dont l’ambition, selon son président, Abdesslam Benahra, est de «poser les piliers d’une plateforme pour repenser et repositionner le secteur au sein du dispositif national de l’éducation et de la formation». Elle vient de trouver en la CGEM un allié de poids. Dans sa conférence de rentrée, hier à Casablanca, le patronat a lancé une violente charge contre le dispositif et le financement actuels de la formation professionnelle (voir article en page 9).
Et le fait que l’OFPPT affecte le produit de la taxe de formation professionnelle (1,6% de la masse salariale, 1,2 milliard de DH attendus en 2011) à la formation initiale creuse le gap. Alors que le métier de base de l’OFPPT, c’est la formation continue. Dans son livre blanc, la CGEM avait tiré la sonnette d’alarme, rappelant que seulement 30% sont alloués à la formation continue.
Pour arrêter la «casse», les opérateurs privés appellent à réformer la loi 13.00, régissant la formation professionnelle privée, qui, «onze ans après son entrée en vigueur, a montré ses limites». Ce qui, selon eux, laisse place à une sorte d’opacité et d’absence de politique claire pour le secteur reconnu pourtant d’utilité publique. Pour la profession, les limites de cette «loi font obstruction au développement du secteur, imposant de longs processus de qualification». Elle exige l’accréditation des nouvelles filières dès leur lancement, comme c’est le cas pour l’OFPPT, contre trois ans requis actuellement pour le privé. Pour cela, la profession exige la mise en place d’une structure d’accréditation et de régulation aussi bien pour le public que pour le privé, «gage d’une meilleure gouvernance du secteur». Pour cela, le livre blanc appelle à repenser toute l’architecture des secteurs de formation pour que «les filières et passerelles soient en adéquation» surtout avec les nouvelles caractéristiques des métiers mondiaux du Maroc.
En contrepartie, les opérateurs proposent de regrouper leur offre de formation sous trois grands pôles. Le tertiaire regroupera les technologies de l’information, la logistique, le transport, le tourisme et les services à la personne…. Le pôle formation industriel répondra aux besoins des secteurs du BTP, l’électrotechnique, l’électronique, l’automobile et l’aéronautique… et le pôle agroalimentaire couvrira la demande de la filière.
Le livre blanc propose la refonte du système de financement de la formation professionnelle privée, accréditée, qui a montré ses limites. «Il faut augmenter la part de contribution de l’Etat d’un tiers du coût de la formation actuel, qui est de 8.000 DH/an, pour espérer atteindre l’objectif escompté». Ceci, d’autant plus que les 80.608 stagiaires en cursus actuellement dans les établissements professionnels privés constituent pour le budget de l’Etat une économie annuelle de 806 millions de DH, selon les professionnels. Pour consolider ces économies, leur fédération suggère à l’Etat de lui concéder contractuellement la formation des techniciens, et ce, dans le cadre de la commande gouvernementale visant à former 750.000 lauréats d’ici 2015. Au-delà des économies que réaliserait l’Etat, «ce choix serait un puissant levier de régulation et de planification pour n’orienter les filières de formation commandées que vers les secteurs où la demande en emploi est forte». Ce qui est loin d’être le cas actuellement. Sur les 29.000 techniciens informaticiens formés, le marché n’en a besoin que de 10.000 tout au plus. A contrario, le secteur du tourisme, qui demande 120.000 lauréats chaque année, n’en reçoit que 24.000.
La FMEP entend négocier le plafonnement de l’IR libératoire à 10% pour les formateurs, sinon, «on ne pourra plus en recruter», met en garde son président. En ce qui concerne les vacataires, la fédération négocie également l’exonération de la CNSS et de la TVA pour la formation continue. Ceci, d’autant plus que, rappelle-t-il, pour la TVA, «sur le plan comptable marocain, on ne peut pas dissocier un chiffre d’affaires de formation initiale de celui de formation continue».
Enfin, les opérateurs de la formation professionnelle privée espèrent, à leur tour, sceller un contrat-programme avec l’Etat. Il porterait autour de quatre axes: reformer la loi 13-00, mettre en place les meilleures synergies pour le dispositif et l’ingénierie du secteur, réviser les systèmes de financement et mettre en place des partenariats stratégiques pour accompagner contractuellement les différents plans de développement du pays.
La situation serait telle que la fédération parle déjà d’une nécessité d’une «renaissance, voire une émergence nouvelle». Si rien n’est fait, «le secteur de la formation professionnelle privée ira en déchéance, jusqu’à disparaître définitivement», met en garde Abdesslam Benahra. Mais pour être plus crédible, le secteur a besoin d'un bon coup de balai.

Bachir THIAM

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