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Economie

Formation professionnelle
Le privé menacé d’éviction du marché

Par L'Economiste | Edition N°:3614 Le 13/09/2011 | Partager
97 établissements ont fermé
La faute à une loi décalée
Appliquer la gratuité de la formation

Abdesslam Benahra: «A cause d’une gouvernance inadaptée, il est sinistré. Il traverse une grave crise. Et, si rien n’est fait, le secteur privé de la formation professionnelle ira en déchéance, jusqu’à disparaître simplement»

Le président de la Fédération marocaine de l’enseignement professionnel privé (FMEP), Abdesslam Benahra, revient dans cette interview sur les détails du livre blanc, encore en confection, devant consacrer la «renaissance» de ce secteur, entré déjà en récession. Pour éviter le pire, dit-il, «il faut revoir de fond en comble la loi 13-00», entre autres suggestions.

- L’Economiste: Pourquoi un livre blanc maintenant?
- Abdesslam Benahra : Parce que la situation est devenue intenable pour les privés. Le taux moyen annuel de croissance du secteur public est de 17%, depuis une décennie, alors que celui du secteur privé est entré en récession voilà deux ans déjà avec une croissance négative (-1,33%). En conséquence, 97 établissements ont fermé occasionnant une perte de 300 emplois et plus de 5.000 places pédagogiques.
Ce livre blanc se doit de contribuer à une vraie prise de conscience de la crise que traverse le secteur, à cause d’une absence totale de régulation entre les opérateurs publics et privés de formation professionnelle. Pendant qu’une forte demande d’emploi est exprimée par les secteurs recruteurs -BTP, automobile, aéronautique-, les opérateurs publics de formation professionnelle s’acharnent à développer une offre de formation dans le tertiaire où le secteur privé est très bien positionné, tant en qualité qu’en quantité de places pédagogiques. A travers ce livre, nous voulons convaincre les gouvernements, actuel et futur, sur les orientations et les décisions stratégiques. Et l’une des suggestions est la gratuité de la formation et de la qualification de nos jeunes, y compris dans le secteur privé de formation professionnelle, accrédité.

- Qu’attendez-vous des pouvoirs publics?
- Entre autres, réformer en urgence la loi 13.00, qui affiche aujourd’hui ses limites et ses faiblesses. Il est devenu urgent de l’améliorer, pour faire face à l’évolution rapide des métiers et du marché du travail. Notre secteur doit retrouver sa forte réactivité, aujourd’hui perdue, à cause du long processus qualification/accréditation.
Un établissement de formation professionnelle privée accrédité, en lançant une nouvelle filière, doit obtenir son accréditation dès la sortie de la 1re promotion. Revoir les modèles et instances de gouvernance du secteur et repenser le dispositif de régulation, non opérant selon l’article 4 de la loi 13.00. Ainsi que le système et le référentiel qualité, qui doivent être les mêmes pour les deux secteurs public et privé. Il serait donc pertinent et légitime de mettre en place une structure d’accréditation et de régulation de la formation professionnelle publique et privée. Une structure indépendante des administrations de tutelle, pouvant par exemple dépendre de l’Instance nationale d’évaluation du Conseil supérieur de l’enseignement.

- Que redoutez vous à terme?
- La destruction pure et simple d’un dispositif fort de 1.578 établissements, formant 80.608 étudiants-stagiaires par an dans plus de 100 filières et métiers, allant du niveau bac-3 à bac+3. Le secteur emploie plus de 14.650 personnes dont 10.000 formateurs et formatrices. Il contribue avec plus de 806 millions de DH, l’équivalent d’une économie annuelle pour le budget de l’État sur le poste formation professionnelle. Cette économie atteindra 1 milliard de DH dès 2015. Notre secteur exporte fièrement la formation professionnelle marocaine en Afrique subsaharienne. Il reçoit 8.000 stagiaires étrangers par an en provenance de cette région.

La fiscalité, le nerf de la guerre

LE secteur privé de formation professionnelle doit bénéficier d’une fiscalité appropriée. C’est une vieille requête des opérateurs. Leur argument: «Il ne faut jamais perdre de vue que l’Etat fait des économies conséquentes sur le budget alloué annuellement au secteur de la formation professionnelle grâce au secteur privé». Calcul fait, cette économie se chiffre à 806 millions de DH. Pour cette raison et pour bien d’autres, «l’Etat doit honorer son engagement à rendre effectif et applicable, dans la lettre et l’esprit, le chapitre 8 de la loi 13.00, du moins l’article 38», qui stipule qu’un système fiscal approprié et incitatif sera mis en place en vue d’encourager le développement des établissements de formation professionnelle privée. Les opérateurs attendent toujours de voir ce dispositif appliqué.

 

Propos recueillis par Bachir THIAM

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