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Politique

Libye: Le Maroc a eu raison

Par L'Economiste | Edition N°:3604 Le 26/08/2011 | Partager
Soutien inconditionnel de Rabat au CNT
Nouvelles perspectives de coopération
L’UMA prochainement réactivée?

Taieb Fassi Fihri et Mustapha Abdeljalil, respectivement ministre marocain des Affaires étrangères et président du CNT libyen, lors d’un point de presse mercredi dernier à Benghazi (Ph. AFP)

Succès sur toute la ligne. La diplomatie marocaine a une sérieuse raison de pavoiser: le Maroc est le premier pays arabe et africain dont le ministre des Affaires étrangères a foulé le sol libyen après la chute de Tripoli. La visite, mardi et mercredi derniers, de Taieb Fassi Fihri à Benghazi, fief de la rébellion, confirme l’engagement de Rabat aux côtés du Conseil national de transition (CNT) qui a pris en charge la gestion du pays. Un Conseil où le Maroc ne compte que des amis.
Le président du CNT, Mustapha Abdeljalil, a d’ailleurs exprimé sa «ferme volonté de donner une nouvelle impulsion aux relations maroco-libyennes». En véritable chef d’Etat, il a reçu officiellement Fassi Fihri qui lui a transmis un message verbal du Souverain. Le président du CNT a exprimé, à cette occasion, sa considération pour «les positions claires et sans équivoque» du Maroc.
Il est vrai que le Maroc a, dès les premiers jours du soulèvement en Libye, pris les devants. Un grand soutien a, en effet, été apporté par le Maroc à la révolution libyenne depuis la première semaine de la constitution du CNT. «Le Royaume, qui a joué un rôle prépondérant dans le cadre des réunions de la Ligue arabe, a été parmi les Etats ayant incité les pays arabes à adopter une position commune vis-à-vis de l’embargo aérien (décidé par l’ONU) pour la protection des civils», a expliqué Abdeljalil.
Reste à envisager l’avenir maintenant que la sérénité dans les relations entre les deux pays semble retrouvée. Il n’est un secret pour personne que Mouammar Kadhafi a toujours apporté, d’une manière ou d’une autre, directement ou par des voies détournées, un soutien matériel et financier au Polisario. Il a même été derrière l’émergence et la création du mouvement séparatiste qu’il n’a jamais cessé, d’ailleurs, de soutenir jusqu’à une date récente. Et qui a fini par lui renvoyer l’ascenseur dès mars dernier, soit trois semaines à peine après le soulèvement de Benghazi. En fait, des mercenaires du Polisario ont bel et bien été dépêchés sur le sol libyen pour combattre aux côtés des troupes loyalistes à Kadhafi. Aujourd’hui, du moins pour ceux qui n’ont pas été tués dans les combats ni emprisonnés, le retour aux campements de Tindouf s’avère difficile. En effet, l’Algérie a fortement renforcé la sécurité tout au long de sa frontière avec la Libye craignant la «contagion» du soulèvement de Benghazi. Alger, qui n’avait pas encore, jusqu’à hier, reconnu le CNT, se trouve maintenant dans une situation de porte-à-faux, non seulement au sein du Grand Maghreb, mais également dans le monde arabe et dans toute l’Afrique.
Le lourd boulet que représente le Polisario et qui s’est imposé l’Algérie dès le temps de Houari Boumediene s’avère aujourd’hui difficile à traîner, à gérer sans le soutien de Kadhafi. Surtout que déjà l’on parle au sein du CNT libyen d’œuvrer à «l’expulsion du Polisario de l’Union africaine». Et à «préparer le retour du Maroc au sein de l’organisation panafricaine». Une tâche qui sera moins difficile qu’avant, du temps où les largesses de Kadhafi provoquaient des volte-face et des votes que personne ne comprenait. Si au moins on savait sur quel pied danser avec le colonel. Lunatique, il a toujours joué sur les tableaux du panarabisme et aussi de la solidarité régionale. Seulement, Kadhafi réservait sa solidarité aux pays subsahariens limitrophes de la Libye. C’était un peu son terrain de chasse, son domaine de prédilection pour prêcher une foi à laquelle il était le seul à croire.
Le grand geste de Rabat envers le CNT est donc à inscrire dans la case «retour» de la diplomatie marocaine dans la région, voire dans toute cette partie de l’Afrique. On le sent clairement dans la déclaration de Taieb Fassi Fihri et Mustapha Abdeljalil lors d’un point de presse, tenu mercredi à Benghazi, à l’issue de leurs entretien. Certes, les deux hommes ont évoqué des sujets se rapportant aux relations bilatérales, à la situation en Libye, aux défis auxquels est confronté le CNT… Mais ils ont également parlé des «perspectives de l’action maghrébine». En clair, cela veut dire une réactivation de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) bloquée depuis des années par l’attitude de l’Algérie et aussi de Mouammar Kadhafi. Et ce ne serait que temps au moment où la constitution de blocs régionaux a montré son efficacité dans l’action de développement économique. Les pays de l’UMA (Maroc, Algérie, Tunisie, Mauritanie et Libye) disposent d’atouts aussi remarquables que complémentaires qu’ils peuvent exploiter en commun. Aujourd’hui, c’est encore possible du moment que le cercle des opposants s’est réduit. Et que celui de ceux qui y sont favorables s’est trouvé élargi.

Reconnaissance


Plusieurs pays africains ont reconnu mercredi le CNT comme représentant unique et légitime du peuple libyen, après la prise de contrôle par les rebelles d’une grande partie de Tripoli et du QG de Mouammar Kadhafi. C’est le cas du Burkina-Faso, de l’Ethiopie et du Tchad (qui entretenait de bonnes relations avec Kadhafi). Mardi, le Nigeria avait annoncé sa décision de reconnaître le CNT comme le représentant légitime du peuple libyen, une reconnaissance déjà affirmée par le Sénégal et la Gambie.


Jamal Eddine HERRADI

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