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Europe

Grèce: Les marchés toujours sceptiques

Par L'Economiste | Edition N°:3585 Le 01/08/2011 | Partager
Incertitudes sur l’application de l’accord de Bruxelles
La contagion aux autres pays pas stoppée

LE plan de sauvetage grec fait déjà passer à l’orange les marchés européens. Quelques jours après l’accord de Bruxelles, la méfiance est de retour. Le plan de 109 milliards de dollars qui devait calmer la crise, risque de plonger l’Europe dans une situation plus délicate.
L’écart entre les taux d’intérêt grec et allemand, la référence, s’est creusé dangereusement. Les investisseurs qui détiennent de la dette grecque découvrent après l’euphorie des premiers jours qu’ils devront passer à la caisse et assumer des pertes de 21% sur les emprunts qu’ils ont concédés à Athènes.
Les agences de notation Moody’s et Fitch ont mis leurs grains de sel dans la tourmente, décidant de faire passer la note du pays dans la catégorie la plus spéculative qui soit. Après elle, c’est le défaut de paiement.
Les dirigeants européens avaient laissé entendre avant même le début du sommet européen que la Grèce n’échapperait pas au «défaut partiel». Celui-ci est attendu et sera géré par l’UE. Mais uniquement dans le meilleur scénario possible. Ce qui semble s’éloigner, car la contagion de la crise aux autres pays fragiles ne s’est pas arrêtée.
Les coûts d’emprunt de l’Italie ont bondi à leur plus haut depuis onze ans, le rendement moyen de la dette à dix ans a atteint 5,77% non loin de son niveau record depuis la création de l’euro, de 5,81%. Les taux espagnols à dix ans sont repassés au-dessus des 6%, un coût de financement astronomique pour le pays.
La deuxième mesure importante imaginée par l’UE pour venir en aide à la Grèce, le Fonds européen de stabilité financière (FESF), ne soulève pas non plus beaucoup d’enthousiasme. Le FESF, qui ne pouvait que prêter aux États, pourra dorénavant acheter de la dette de ces pays s’ils sont attaqués par les marchés. Les pays membres ne se sont pas mis d’accord sur les conditions de son fonctionnement. Des interprétations pour le moins divergentes naissent en ce moment et bloquent l’action du FESF.
Pour Berlin, «pas de chèque en blanc», le mastodonte de l’Europe refuse de s’engager sur des rachats d’ampleur sur le marché secondaire grec et préfère le faire uniquement à de très strictes conditions, que la Banque centrale européenne (BCE) constate des circonstances exceptionnelles sur les marchés et un danger pour la stabilité financière.
Reste encore que ces mesures doivent être votées par les parlements de chaque pays et que des réticences en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Finlande ne sont pas à exclure.

Karim SERRAJ

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