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Schéma autoroutier
La discrimination positive a musclé des PME

Par L'Economiste | Edition N°:3585 Le 01/08/2011 | Partager
Les travaux ont fait émerger des opérateurs de référence
L’approche de découpage des marchés s’est avérée une réussite

La nouvelle cartographie autoroutière illustre bien la volonté de relier les régions. Avec l’entrée en service des autoroutes Marrakech-Agadir et Fès-Oujda, les extrémités Sud et Est du pays deviennent plus accessibles. D’autres projets, notamment Berrechid-Beni Mellal et El Jadida Safi, sont en cours de réalisation

LE programme autoroutier, 38 milliards de dirhams investis en 20 ans, est l’un des signes les plus tangibles de la transformation physique du pays. Avec 1.416 kilomètres d’autoroute, dont l’essentiel construit ces dix dernières années, l’accélération de la vitesse de réalisation des infrastructures, n’a pas fait qu’asseoir les bases du développement du pays. Elle a surtout permis à toute une population d’entreprises du BTP - construction, bureaux d’études, etc- de franchir un, voire plusieurs paliers. La Fédération nationale du bâtiment et des travaux publics (FNBTP) reconnaît «l’émergence des opérateurs marocains performants capables d’assurer l’autosuffisance du pays et de se projeter sur des marchés étrangers». L’incontournable président de la Fédération, Bouchaïb Benhamida en recense au moins une dizaine, ces fameux champions nationaux dont l’émergence était placée au coeur de la stratégie déclinée dans le contrat programme du secteur. On peut citer entre autres, SGTM (qui réalise aussi le futur siège de Maroc Telecom à Rabat), le groupe Haji, Simtram, etc.
A la faveur du lancement des travaux des stades (qui devaient accueillir les rencontres du Mundial 2010), la profession avait réussi à persuader le gouvernement de réaménager les appels d’offres en les saucissonnant en plusieurs lots de manière à les ouvrir aux PME locales, soit à titre individuel, soit via des groupements. Vu la taille de ces marchés, l’approche en lot unique signifiait de facto, la disqualification des PME marocaines, faute de taille critique. Le succès a été tel que ce concept a été étendu aux appels d’offres de travaux de réalisation des autoroutes. Le morcellement des marchés s’est affirmé comme un véritable outil de politique industrielle et économique.
Pour le président de la FNBTP, qui, la main sur le cœur, se défend de protectionnisme, «le Maroc peut désormais se passer de ces entreprises étrangères qui viennent polluer les appels d’offres par des prix soldés et abandonnent les chantiers à la moindre difficulté financière». Ce fut le cas d’une entreprise portugaise qui réalisait une partie du chantier de la troisième voie sur l’autoroute Casablanca-Rabat qui a disparu du jour au lendemain après la faillite de sa maison-mère avant qu’une société turque ne prenne le relais, en plus sans glissement sur le chronogramme du chantier. Ces défaillances des opérateurs étrangers (car il y en a eu plusieurs) ont donné du grain à moudre à la concurrence marocaine. La Fédération du bâtiment suggère de rompre avec le dogme du moins disant dans les appels d’offre. Même si elle a convaincu les pouvoirs publics d’intégrer la notion «d’offre anormalement basse» dans l’instruction des offres, rien n’a fondamentalement changé dans les faits. Le prix est souvent l’arbre qui cache la forêt, il faudra s’assurer de la solidité et de capacités réelles du soumissionnaire à réaliser le chantier, observe Bouchaïb Benhamida. Sous entendu, ce qui n’est pas assez fait aujourd’hui.
Mais l’autre menace pour les opérateurs marocains du BTP vient de Chine et de l’Espagne dont les entreprises du BTP ont été frappées de plein fouet par la crise et qui sont sur tous les marchés, quelle que soit la taille. Les Marocains se disent surpris par le niveau des prix que les entreprises chinoises affiche dans les appels d’offre. Pour eux, c’est clair, c’est une stratégie de pénétration du marché sans considération d’impératifs de rentabilité. En attendant mieux…


Ayoub NAÏM

                                                                                                                                                                                     

 

             Gains de temps, mais toujours plus cher      

 

L’impact qu’a eu le premier programme autoroutier sur le secteur des transports s’est d’abord fait sentir au niveau de la croissance du trafic. En effet, « l’usager a largement arbitré en faveur de l’autoroute», indique Othmane Fassi El Fihri, DG des autoroutes du Maroc (ADM). La circulation sur autoroute est passée de près de 1 million de véhicules/km en 1991 à plus de 14 millions au premier semestre 2011. Ainsi, la circulation sur le réseau autoroutier a augmenté en 2011 de 22,5% par rapport au premier semestre de l’année 2010. Une progression qui s’explique par la récente ouverture de l’autoroute Marrakech-Agadir et de la montée en charge du trafic sur la desserte du Port Tanger Med, suite au transfert du transport de voyageurs sur ce point. Ce faisant, la part de trafic empruntant le réseau autoroutier représente désormais plus de 20% de la circulation enregistrée sur l’ensemble du réseau routier national.
Karim Ghellab, ministre de l’Equipement et des Transports s’est félicité de l’impact sur la réduction des nombres d’accidents de la route. Ainsi, l’accroissement du trafic n’est pas allé de pair avec l’augmentation des accidents comme l’on pourrait croire : L’indicateur des accidents corporels s’est vu réduit d’environ de moitié depuis 1995. Il a atteint un taux de 27% sur la période 2006-2010 contre 35% entre 2000 et 2005.
L’apport économique de l’autoroute ne s’arrête pas ici. Selon les statistiques d’Autoroutes du Maroc, l’élargissement du réseau a permis un gain de temps de plus de 10 heures sur l’ensemble. En effet, près de 15 heures sont aujourd’hui nécessaires pour traverser de bout en bout le pays par autoroute contre près de 26 heures via les routes nationales parallèles. On s’en doute, le renforcement des voies autoroutières s’est accompagné d’une refonte progressive du système de tarification de péage et de dépannage. A ce titre, de nouveaux barèmes sont désormais d’application.                            

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