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Sécurité financière: Globalisation à marche forcée

Par L'Economiste | Edition N°:1665 Le 18/12/2003 | Partager

. Pour attirer les investisseurs, il n’y aura d’autre choix que d’adopter des référentiels internationaux. Les domaines concernés: Comptabilité, audit, gouvernement d’entreprise et réglementation boursièreLe traitement de choc que les Etats-Unis ont choisi après Enron ne se limite pas à leurs frontières. Cette fois-ci, la globalisation arrive à grande vitesse et par le canal des impératifs de sécurité financière. Sur le rythme des réformes, le Maroc comme bien d’autres pays, n’aura plus totalement la maîtrise du calendrier. La Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI) ont identifié une douzaine de domaines dans lesquels les normes internationales vont représenter un levier du renforcement des systèmes financiers dans le monde. Les plus importants concernent la supervision bancaire, la réglementation boursière, la régulation des assurances, la gouvernance des entreprises, les référentiels comptables, l’audit et la lutte contre le blanchiment d’argent. De la qualité des standards dans ces différents domaines dépendra aussi la capacité du pays à attirer les investissements. Avec le contrôle des comptes -placé sous haute surveillance depuis Enron-, le référentiel comptable est l’un des piliers de la sécurité financière. L’objectif est d’aller vers une comparabilité des états financiers des entreprises quelle que soit leur nationalité. «Une information financière préparée et contrôlée sur la base de normes comptables et d’audits fiables, est un des piliers de la nouvelle architecture financière internationale», prévient Frédéric Gielen, spécialiste de la gestion financière à la Banque Mondiale. Le message de la Banque Mondiale est clair: les entreprises cotées, les institutions financières et les grandes sociétés devraient se mettre aux normes comptables internationales (IFRS). La tendance internationale est d’aller vers les normes IFRS (IAS), explique Mohamed Haddou-Bouazza, président de l’Institut des experts-comptables du Maroc (IECM). Les Pays-Bas ont devancé leurs partenaires en généralisant les normes IFRS (IAS) dès l’avènement de l’euro. Le reste de l’Europe basculera dès 2005 pour ce qui concerne les comptes consolidés des sociétés cotées. Plus qu’un basculement, il s’agit d’une entrée dans un nouveau système, explique Olivier Azières, associé Deloitte France (L’Economiste publiera son interview en exclusivité la semaine prochaine). Une réflexion sur la révision des normes comptables est engagée au Maroc avec le soutien de la Banque Mondiale. Il va falloir accélérer le projet de consolidation des comptes, suggère Haddou-Bouazza. «C’est d’autant plus important que toute la communication financière internationale se fait à travers les états consolidés», renchérit Abdelaziz Al-Mechatt. Excepté les banques, rien n’oblige aujourd’hui les sociétés à présenter des états financiers consolidés. Mais de manière volontaire, quelques firmes se prêtent déjà à l’exercice. Dans leur propre intérêt et s’ils veulent attirer des partenaires internationaux, les groupes marocains ne feront pas l’économie de l’arrimage aux normes comptables internationales (IFRS/IAS), dans la foulée du big-bang que s’apprête à vivre l’Europe. Au Maroc, la contagion via le reporting de l’information des filiales européennes aux sociétés mères est une réalité sur le terrain. Le régulateur mondial (IASB) s’est d’ailleurs engagé à émettre une norme pour les petites entreprises. Ce qui laisse supposer qu’à terme, les comptes individuels seront touchés par le mouvement. Beaucoup de spécialistes sont d’avis que la contagion sera inévitable. En tout cas, certains groupes y verront un moyen de procéder à une révision complète de toutes les filiales. Du point de vue de la gestion, et pour éviter les coûts administratifs, le bon sens voudrait que les IFRS se généralisent à l’ensemble des filiales, observe Olivier Azières. Mais cette règle va se heurter à la diversité des règles fiscales. La réforme des normes comptables des comptes individuels implique celles du droit fiscal et du droit des sociétés et oblige les administrations à refaire leur liasse. Tous les pays ne sont pas près d’adhérer à ces changements, qui impliquent aussi des sacrifices budgétaires. Mais il ne fait aucun doute que de la conformité ou non aux standards internationaux dépendra entre autres, la capacité des pays à attirer les investissements. Qu’il s’agisse de la comptabilité, de l’audit ou de principes de gouvernement d’entreprises, les référentiels internationaux sont une assurance pour l’investisseur qui sait à quoi s’en ternir.


Et les normes de la FDA?

L’aspect extraterritorial de Sarbanes-Oxley est à mettre en parallèle avec les normes d’hygiène de la puissante FDA, l’organisme de contrôle des importations agroalimentaires sur le marché américain. Pour exporter aux Etats-Unis, il y a un paquet d’exigences et de standards à respecter». C’est exactement la même philosophie qu’amène Sarbanes-Oxley. C’est plus la manière de faire de cette loi que les normes qui est contestée, confie Mohamed Belkhayat, vice-président de l’Institut des experts-comptables du Maroc. Il y a eu des consultations juridiques de la part des professionnels marocains sur la manière de traiter les demandes du PCAOB, confirme Abdelaziz Al-Mechatt. Sommés de se conformer à Sarbanes-Oxley (s’engager à fournir toute information en cas d’enquête et de se faire contrôler), les professionnels marocains brandissent l’argument du secret professionnel. Pas sûr que l’explication suffise à convaincre les Américains. Ce sont les aspects de la mondialisation, analyse avec réalisme l’ex-président du Conseil de l’Ordre des experts-comptables, Abdelaziz Al-Mechatt. L’argument du secret professionnel ne pèsera pas lourd parce que les filiales des sociétés, qu’elles soient américaines ou non, si elles veulent rester sur le marché américain doivent coopérer, poursuit-il.A. S.

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