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Les coopératives rouspètent

Par L'Economiste | Edition N°:1866 Le 01/10/2004 | Partager

. Elles préparent une riposte au projet du ministère des Finances…. … et dénoncent le lobbying exercé par certaines sociétésLE secteur des coopératives se dit sur le gril. Agriculture, lait, artisanat, pêche, habitat… qu’elles soient commerciales, industrielles ou de prestations de services, toutes les coopérations sont en ébullition. Une réunion a eu lieu entre les représentants des différentes filières, présidents de coopératives, députés, professionnels… le 30 septembre à Casablanca. La rencontre vient en réaction à la décision d’annuler l’exonération des taxes et impôts aux coopératives qui réalisent un chiffre d’affaires équivalant à 400.000 DH et plus. Les intervenants lors de cette rencontre sont unanimes et dénoncent la décision du ministère des Finances et de la Privatisation qui inscrit cette nouvelle mesure d’imposition dans le budget 2005. Un projet déjà introduit au SGG. Si jamais le projet est voté au Parlement, la mesure de taxation prendra effet à partir de janvier 2005. L’alignement des coopératives, qui réalisent de bons chiffres d’affaires sur les sociétés assujetties, est commenté par certains analystes comme étant un moyen de mettre fin à la concurrence déloyale. En effet, sur un autre son de cloche, des entreprises profitent du statut de coopératives pour tirer leur épingle du jeu. Des représentants de coopératives reconnaissent l’existence de certains cas «de brebis galeuses». Mais, selon eux, il ne faut pas généraliser.En principe, jusque-là et en vertu de la loi 24-83 fixant le statut général des coopératives, ces dernières bénéficient d’exonérations d’impôts sur la société (IS), de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et de l’impôt des patentes et de la taxe urbaine. La nouvelle décision est tombée comme un couperet puisque la plupart des coopératives, grandes ou petites, dépassent cette fourchette. A l’origine de cette situation, les représentants des coopératives pointent du doigt un lobbying orchestré de toutes pièces par les intérêts de quelques sociétés. Selon Mohamed Zana, président de l’association de la promotion et développement de l’économie sociale, «le principe de la concurrence déloyale ne tient pas». . Sonnette d’alarmeLe message est on ne peut plus clair, explique-t-on auprès des coopératives. Pour eux, c’est la Centrale Laitière qui est derrière cette campagne. «Pour satisfaire une société, on taxe tout un secteur qui représente plus de 3% de la population», s’insurge un député. Et d’ajouter: «il ne faut pas que les pouvoirs publics favorisent les desiderata d’un secteur au détriment de toutes les filières coopératives». Force est de constater que la concurrence acerbe que connaissent les produits laitiers depuis quelque temps en est pour quelque chose. Pour My M’hamed Loultiti, président de la Copag, coopérative basée à Taroudant et qui commercialise les produits Jaouda, le principe de concurrence déloyale n’est pas fondé pour la simple raison que la coopérative ne réalise pas de bénéfice. «C’est plutôt un complément de paiement que nous restituons aux adhérents». Selon le président de la Copag, en 2003, la coopérative de Taroudant a réalisé un chiffre d’affaires de quelque 1 milliard de DH et le nombre d’adhérents a atteint, actuellement, les 10.000. Il est vrai que l’avantage dont profitent les produits Jaouda ont permis à la coopérative de gagner des parts de marché et envahir la grande distribution face à un concurrent qui, lui, est assujetti à la taxation. A présent, les coopératives tirent la sonnette d’alarme. Pour eux, si jamais la loi est appliquée et les impôts sont appliqués, c’est la crise inéluctable d’un secteur déjà en difficultés et qui a besoin plutôt de mesures d’accompagnement à la veille de l’ouverture des frontières. Pour rappel, les représentants des coopératives disent n’avoir pas bénéficié des actions de la mise à niveau. Certains parlent de l’auto-mise à niveau, mais ce n’est pas suffisant. Les succes-stories se comptent sur le bout des doigts et les différentes filières souffrent d’un matériel obsolète, l’analphabétisme et un sureffectif de la main-d’œuvre. Ainsi, le premier scénario prévu est la compression du personnel. Les professionnels prévoient même la liquidation de plusieurs coopératives qui ne seront pas en mesure de s’acquitter de payer des impôts. De ce fait, les coopératives prévoient d’élaborer une campagne pour sensibiliser l’opinion publique sur le rôle qu’elles jouent dans l’économie sociale à la veille de la mondialisation. Pour eux, leur contribution permet de créer de la valeur ajoutée, résorber le chômage, sédentariser la population rurale des régions enclavées et juguler l’exode rural. «Qui dit coopératives, dit économie sociale. C’est la dimension humaine du développement», souligne My Zaghloul Essaidi, président de l’Union nationale des coopératives agricoles (UNCAM).A la veille de l’ouverture des frontières, les responsables des filières prônent le renforcement de ce type de structures car elles permettent plus d’alliances et une force de propositions et de négociations dans un contexte concurrentiel. «La consolidation des efforts est primordiale, c’est une condition de survie et une muraille pour l’économie nationale», précise le président de la Copag.D’où, selon lui, des mesures d’accompagnement à l’image de ce qui se fait aux Etats-Unis, au Canada et en France où les coopératives ont une force de proposition dans les négociations avec les pouvoirs publics.Autres mesures attendues, la lutte contre la contrebande. Plusieurs opérateurs dans des coopératives laitières relevant de l’Oriental se plaignent de la contrebande et concurrence déloyale de produits laitiers en provenance d’Algérie. Selon le président d’un coopérative, le yaourt algérien est vendu par des marchands ambulants à 1,20 DH. Ce qui engendre un manque à gagner dans la commercialisation et une baisse de 20% des ventes.Au terme de la réunion, les représentants sont sortis avec une déclaration commune qui trace les contours d’un plan d’actions.


Dégraissages en vue

A la veille de l’ouverture des frontières, les coopératives se disent vulnérables et nécessitent des actions de réhabilitation. Car, selon des responsables, le processus de mise à niveau n’a pas encore touché ce secteur sensible de l’économie sociale qui représente 3% de la population, alors qu’il est de 30 à 70% dans les pays avancés. A cet effet, les filières prônent une stratégie globale pour réhabiliter les coopératives. La déclaration commune du 30 septembre rappelle que si les spécificités des coopératives qui sont prises en considération, autrement dit, si l’exonération saute, des répercussions fâcheuses devront suivre. Parmi ces dernières, la compression du personnel, la liquidation des petites structures et le manque d’intérêt pour les régions enclavées. Pour rappel, à elle seule, la Copag emploie 10.000 personnes, et les coopératives de céréales compte plus de 1.200 emplois directs. Amin RBOUB

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