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    Essaouira: La location des maisons, une activité pourvoyeuse d’emplois

    Par L'Economiste | Edition N°:1913 Le 09/12/2004 | Partager

    . La location d’un appartement coûte jusqu’à 700 DH par jour pendant le Festival des Gnaoua. Un bon “chasseur” gagne entre 250 et 500 DH en été. Les professionnels du tourisme ne s’en plaignent pas tousEnceinte d’embarquement de la gare routière d’Essaouira. Il fait beau et un doux soleil d’hiver chauffe la place. Deux touristes, gros sacs à dos posés à côté, profitent des derniers instants de leur séjour dans la ville. Ils attendent l’autocar en exposant leurs pâles visages aux rayons solaires. L’air béats, le bruit des moteurs et les gaz d’échappement ne semblent ne les déranger ni de près, ni de loin. De temps à autre, la fille montre fièrement son tatouage en henné encore frais à son ami et sourit. Un peu plus loin, deux groupes de femmes habillées de haïks, les visages complètement cachés bavardent. Dès qu’un autocar fait son apparition, les femmes se ruent sur lui. “Avez-vous besoin d’une maison à louer? J’ai ce qu’il vous faut”, se précipitent-elles à avancer à l’adresse de tous les voyageurs de l’autocar. . Forte commission en étéDes jeunes, apparemment des retardataires, arrivent en courant en arborant des clefs. Ils viennent en quête de leur part du gâteau, constituant ainsi un nombre plus grand que celui des arrivants. Leurs manières d’attirer les clients frôlent parfois la provocation. Ils ne s’empêchent guère de se chamailler entre eux pour “s’emparer” d’un client. Hélas, la chasse n’est pas fructueuse pour aujourd’hui. Tout ce beau monde rentre bredouille. “Les temps sont au point mort et les clients sont rares. Normal, c’est la basse saison”, avance Ghizlane, une jeune “chasseresse” de vingt ans qui pratique ce métier dès l’âge de neuf ans. “Pendant la haute saison, ce sont une cinquantaine de chasseurs qui opèrent dans cette gare. D’autres travaillent ailleurs”, ajoute cette jeune fille de petite taille et au corps frêle. Selon cette dernière, malgré leur très grand nombre, les chasseurs gagnent bien leur vie pendant la haute saison, à savoir le Festival des Gnaoua vers la fin juin, l’été et les vacances de fin d’année. “Notre commission est de 20 à 30% du prix de location pour chaque nuit passée par le client dans l’appartement. Un bon chasseur peut se faire dans les mille dirhams par jour pendant le Festival des Gnaoua. En été, il peut gagner entre 250 et 500 DH par jour. Mais, en basse saison, je peux passer des jours sans gagner un sou”, se plaint la jeune fille qui assure qu’elle travaille pour l’ensemble de sa famille composée d’un père chômeur et de quatre sœurs dont deux sont encore à l’école et deux autres sans travail. “Le marché du travail dans la ville est quasiment inexistant. Sans le développement du tourisme national, depuis surtout les bonnes retombées du Festival des Gnaoua, les sources de revenus pour les Souiris sont très minimes”. Khadija, loueuse d’appartements meublés, partage l’avis de Ghizlane. Pour elle, le Festival des Gnaoua a joué un grand rôle dans la découverte d’Essaouira par les touristes nationaux. Avant, la ville était plus connue par les étrangers que par les Marocains. Ces derniers, avec un pouvoir d’achat moyen et des habitudes spécifiques, préfèrent les appartements meublés plutôt qu’une chambre d’hôtel. Depuis quelques années, découvrant l’opportunité qui se présente à eux, les Souiris n’ont pas raté cette occasion. “La majeure partie des habitants d’Essaouira louent leurs maisons. En période du Festival des Gnaoua et pendant l’été, même les familles ayant seulement leurs propres appartements préfèrent se partager une seule maison pour louer les autres. Cela les aide à gagner un peu d’argent pour vivre”, assure Khadija. Mère de trois filles sans emploi et épouse d’un mari à petit revenu, les affaires de cette quinquagénaire semblent bien marcher. La petite maison qu’elle avait achetée à crédit et dans un bien lamentable état s’élève à présent sur deux niveaux. Carreaux et zellige couvrent le sol et les murs. Les meubles sont jolis, confortables et en bon état. “Hamdolillah, grâce à la location, j’ai remboursé mes crédits et j’arrive à bien vivre. A présent, j’ai deux appartements à louer et j’ai le luxe de sélectionner mes clients”, avance Khadija. A Essaouira, le nouveau quartier Chaâbi et les quartiers avoisinant la gare routière sont les plus prisés. La plupart des visiteurs viennent de Casablanca, Rabat, Safi, et Marrakech. Les étrangers sont également de plus en plus intéressés par cette formule. La location d’un appartement correct coûte entre 100 et 130 DH par jour, en basse saison. En été, elle coûte entre 250 et 350 DH et pendant le Festival des Gnaoua, le prix atteint les 700 DH. “Je n’ai pas pu profiter du dernier festival. J’ai eu la visite de mon beau-fils qui vit à l’étranger et qui m’a squatté un appartement. C’est ce qu’on peut appeler les accidents de travail”, confie Khadija en sourirant. Malgré la floraison de ses affaires, Khadija semble préoccupée par la mauvaise conduite de certains “chasseurs” qui donnent une mauvaise image de la ville. Selon ses dires, ces derniers, surtout les femmes, dérangent, voire agressent les clients. Leurs méthodes sont provocantes et manquent de civisme. Des éléments de la police de la ville les chassent de temps à autre, mais ils reviennent toujours à la charge après une courte pause. “Nous ne pouvons pas les empêcher de faire cela tout le temps. C’est leur seule source de revenu et, mis à part cela, ils n’ont rien à faire. Plutôt que de demander la charité…”, affirme un agent de police. Mostapha Azza, président du CPTE (Conseil provincial du tourisme d’Essaouira), assure lui aussi que les opérateurs ne sont pas tous contre cette formule de location. “Notre clientèle n’est pas la même et nous ne sommes pas là pour empêcher les gens de gagner leur vie”, précise-t-il. Néanmoins, les “chasseurs” doivent se montrer plus discrets et plus respectueux des clients, sinon ils vont nuire à l’image de la ville. “Les chasseurs qui opèrent sur la route, aux entrées de la ville doivent disparaître. Une solution est en train d’être étudiée par les membres du Conseil”, souligne le président.Mohamed AKISRA

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