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Affaires

«Arrêtons de considérer l’automobile comme un luxe»
Entretien avec Mohammed Larhouati, président de l’Aivam

Par L'Economiste | Edition N°:1772 Le 20/05/2004 | Partager

- L’Economiste: Au lendemain de la clôture de l’Auto Expo, quel bilan dressez-vous de ce salon?- Mohammed Larhouati: Nous sommes totalement satisfaits. Car initialement, nous avons prévu 120.000 visiteurs, nous en avons enregistré 97.600, sans compter les non-officiels. C’est dire l’engouement que suscite le salon et l’automobile en général. De l’avis de tous les membres de l’Aivam et des exposants, cette année, les visiteurs étaient avertis, intéressés, passionnés et ce, tous âges confondus. C’était donc culturellement un événement important et fédérateur. J’espère que cela va être le déclic pour un nouvel intérêt accordé à l’automobile. Maintenant, au niveau du débat, l’Aivam est également satisfaite, car l’association a avancé un certain nombre d’idées et sollicite une nouvelle approche du secteur. - Justement, quelles sont les principales préoccupations des professionnels?- Nous avons expliqué aux pouvoirs publics nos différents points de vue pour développer le secteur, car notre mission, consiste à augmenter le taux de motorisation. Nous considérons que nous agissons dans un secteur très important pour l’économie nationale. En effet, nos produits sont le moyen d’assurer la mobilité des personnes et des marchandises. Et chaque fois que nous augmentons la mobilité de personnes et marchandises, nous engendrons le développement économique. Du point de vue de l’Aivam, il faut œuvrer à augmenter le taux de motorisations pour développer cette mobilité. Le second point consiste à développer la culture automobile pour assurer le transport dans des conditions saines. Autrement dit, des conditions avec le moins d’accidents et de pollution possible. D’où le développement d’un parc sain, jeune et actuel. Lorsque nous analysons la situation de notre parc actuellement, il en ressort que nous sommes à peu près à 5,6 tous véhicules compris pour 100 habitants. Ces chiffres sont très faibles. Nous constatons également que pratiquement 80% du parc dépasse les 10 ans d’âge. De ce fait, nous souhaitons que les autorités adoptent une nouvelle approche pour l’automobile pour ne plus la considérer comme produit de luxe. Nous souhaitons que ce produit devienne le plus accessible possible.- Par rapport à l’Auto Expo, à combien s’élève le nombre de vente enregistré?- A aujourd’hui, nous ne disposons pas encore des chiffres de l’ensemble des exposants. Mais je pense qu’il faut plutôt parler de commandes plutôt que de ventes. Mais à la lumière des expériences passées, nous estimons qu’il ne s’agit nullement d’augmenter les ventes, mais plutôt de les déplacer dans le temps. Le secteur devra enregistrer un pic sur les ventes des mois de mai et juin, mais ce pic s’estompera. Il faut en fait booster le marché, car l’Auto Expo n’est qu’un événement de l’automobile. D’autres mécanismes devront l’accompagner pour développer le parc. - Mais comment parvenir à le développer? - Nous proposons d’agir sur plusieurs axes. Primo, il va falloir rendre les prix accessibles. Nous estimons à l’Aivam qu’une association entre les intervenants de l’automobile (concessionnaires, sociétés de crédit et de leasing...) devra créer un fonds de garantie. Ce dernier devrait permettre de réduire les taux de crédit. Du coup, encourager davantage l’acquisition de véhicules. Nous pensons également mettre en place des mécanismes de contrôle, de sécurité et de lutte contre la pollution. Ces mécanismes devront engendrer un assainissement du parc. Evidemment, cet assainissement va nécessiter le retrait d’un certain nombre de véhicules du marché. Il serait judicieux que l’Etat mette en place un fonds pour le rajeunissement du parc à l’instar de ce qui se fait dans d’autres pays. Nous estimons également à l’Aivam qu’il va falloir réviser l’approche fiscale. Et ce, sur deux plans, la vignette et l’assurance. Ces dernières devront augmenter au fur et à mesure que l’âge du véhicule avance et non le contraire. Des solutions spécifiques peuvent également être envisagées pour le transport en commun comme des minibus à 9 places sans douane et hors taxes au lieu des vieux grands taxis. - Quels seront à votre avis les enjeux du démantèlement tarifaire sur le secteur?- Certes la réduction progressive des droits de douane va profiter au secteur. Mais 2010 est encore loin. Il faut faire en sorte à rapprocher cette échéance dès 2005 ou 2006. A partir de 2007-2008, la protection sera très faible et cette approche ne se justifie plus. Aujourd’hui, la Somaca a été rachetée en partie par le groupe Renault. L’Aivam applaudit le projet de la L90 qui est tout à fait dans notre vision et qui consiste à défiscaliser les véhicules. Ceci étant, nous souhaitons que cette approche-là soit étendue à d’autres véhicules. Dans un contexte d’ouverture, nous ne pouvons plus nous contenter d’offrir au client un seul produit. D’ailleurs, cela n’a jamais marché nulle part dans le monde même au temps des pays communistes. La L 90, même déclinée en différentes versions, correspondra à des besoins. Aujourd’hui, avec des véhicules importés du Brésil par exemple, l’on arrive à des prix qui sont de loin inférieurs à ceux pratiqués par les véhicules dits berlinisés. Il est possible d’obtenir des véhicules en deçà des 70.000 DH sous réserve de réduire les droits de douane. En fait, aujourd’hui dans le monde, nous avons des véhicules à 4.500, voire 5.000 dollars, je ne vois pas pourquoi le consommateur marocain, qui a des besoins de motorisation et des contraintes budgétaires, serait privé de cette possibilité.


Prix accessibles

- Comment, à votre avis, parvenir à avoir des voitures à des prix plus accessibles? - Nous estimons à l’Aivam que la concurrence, existante aujourd’hui, est suffisamment puissante pour écraser et les prix des constructeurs et les marges des distributeurs. Nous souhaitons que l’Etat écrase également la fiscalité, réduisant de ce fait les droits de douane qui sont à 32,5% sur la voiture particulière et paradoxalement, à 40% pour les véhicules utilitaires. Nous souhaitons également que la TVA soit reconsidérée pour mettre le secteur dans le même esprit que l’habitat économique par exemple. Car il ne s’agit pas d’un secteur de consommation mais bel et bien de développement. Tout ceci a été exposé aux autorités et nous exprimons l’espoir de les voir tenir compte de nos doléances. Nous sommes en effet à la veille d’un cycle. Car depuis l’indépendance, le secteur de l’automobile a été géré par cycles. La première phase a duré de 1960 jusqu’à pratiquement 1980 pendant laquelle l’on a voulu assembler un véhicule au Maroc et le marocaniser petit à petit par la fabrication de pièces. Le texte de 1971 consistait à obliger le constructeur local à mettre obligatoirement des pneus et autres batteries marocains...En 1980, cette étape n’a rien donné. D’où le passage à la loi de compensation-intégration. Dans cette étape, l’essentiel était de rouler dans un véhicule qui est payé en dirham étant donné que sa partie importée était compensée. Cette phase s’est achevée en 1995 avec pour constat que la loi de compensation-intégration n’a rien donné. Depuis, passage au concept de véhicule économique. Huit ans plus tard, le constat est que le marché n’a pas du tout progressé. Nous sommes sur une moyenne de progression de 3 ou 3,5% par an sur les 5 dernières années. Nous pensons que désormais, nous devons nous intéresser à l’acte de développement économique et du parc automobile d’une façon générale et non pas uniquement à l’assemblage local qui n’est qu’une partie du problème de l’industrie. Le développement du parc participe d’une façon agressive à la croissance économique du pays. Bien entendu, il s’agit de parc assaini avec moins d’accident et de pollution. Propos recueillis par Amin RBOUB

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