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«Les industriels marocains croient en l’avenir«
Entretien avec Ahmed Réda Chami, ministre de l’Industrie et du Commerce

Par L'Economiste | Edition N°:2671 Le 12/12/2007 | Partager

. Ils s’équipent, creusant le déficit commercial. Le commerce extérieur marocain pénalisé, mais à court terme. La valeur ajoutée du secteur industriel a quasi stagné entre 2002 et 2006Les importations augmentent, les exportations rechignent à décoller et le déficit ne cesse de s’aggraver. Selon Ahmed Réda Chami, ce déséquilibre finance aussi l’effort d’investissement, ce qui est un indicateur de bonne santé économique. Pour autant, plus de volontariat est requis pour dynamiser nos exportations et redresser la barre. - L’Economiste: A fin octobre, notre déficit commercial caracole à 110,5 milliards de DH, plus que les exportations estimées à près de 98 milliards. Faut-il s’en inquiéter?- Ahmed Réda Chami: Il ne s’agit pas de se prononcer sur le seul déficit, mais plus d’examiner le détail de nos importations et de nos exportations. L’un ne va pas sans l’autre. Il en ressort que les importations dépassent largement les exportations. Et pour remédier au déséquilibre, il faut agir sur les deux composantes que sont nos achats et nos ventes à l’extérieur. Les importations sont grevées par certains postes particuliers. Il y a, d’une part, la facture énergétique. La raison en est que plus notre économie se développe, plus nos besoins en énergie augmentent. Et cela se ressent nécessairement sur nos importations. D’autre part, ce sont les céréales qui viennent gonfler les achats. Avec une campagne loin de subvenir à la demande locale, nous avions l’obligation de reconstituer nos stocks dans un contexte qui n’était pas particulièrement favorable. Ceci étant, il ne faut pas négliger le fait que toutes nos importations ne sont pas exclusivement destinées à la consommation. Et j’en veux pour exemple, les achats de produits d’équipement (Ndlr. A fin octobre, le Maroc en a acheté pour 45,7 milliards de DH, en progression de 18,2% par rapport aux 10 premiers mois de 2006). Cette dépense est révélatrice de l’effort d’investissement porté à l’échelle nationale. Le Maroc est en train de s’équiper, à l’image d’une organisation qui investit pour le futur. Certes, c’est relativement pénalisant à court terme, mais c’est aussi et surtout un signe de bonne santé de l’économie marocaine. Les industriels sont en train de s’équiper car ils croient en l’avenir, ils ont la preuve que des secteurs porteurs existent. C’est dire aussi que nous sommes en train de nous donner les moyens de renforcer nos exportations. - Quel effort à porter justement pour redresser la barre? - Deux options. Créer une offre locale forte plus à même de répondre aux exigences du consommateur, ce qui nous permettra de diminuer nos importations. L’autre choix étant de doper notre niveau de compétitivité pour exporter plus. De ce côté, il y a beaucoup de travail à faire. Il y a des secteurs que nous sommes en train de développer et qui, par nature, vont être exportateurs. Pour l’automobile, grâce au seul projet Renault-Nissan, on s’attend à plus de 4 milliards d’euros (Ndlr. l’équivalent de 45,4 milliards de DH) supplémentaires à l’export. Ajoutez à cela les déclinaisons territoriales du plan Emergence. Je pense, notamment, aux projets relatifs à l’aéronautique et à l’offshoring à Casablanca qui se concrétisent. Ceci étant, notre politique à l’export se doit d’être beaucoup plus volontariste. En Egypte par exemple, des structures avec des fonds dédiés ont été créées pour identifier et accompagner les industriels à l’export. De notre côté, nous avons adopté une démarche similaire pour le textile en dédiant une enveloppe pour la promotion du secteur à l’international. Il faut maintenant aller plus loin en cernant davantage la demande. De manière schématique, il s’agirait de procéder comme pour le tourisme, mais en sens inverse. C’est ce volet qui n’a pas encore été couvert. Ce à quoi nous nous attelons.Et bien sûr il y a les accords de libre-échange qui vont nous positionner comme plate-forme pour l’export. Qu’ils soient Européens, Asiatiques ou Américains, les investisseurs sont encouragés à utiliser le Maroc comme plate-forme à l’export.- Comment évolue notre secteur industriel?- Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le poids du secteur industriel dans le PIB est passé de 15,2% en 2002 à 15,6% en 2006. Pourtant, dans l’intervalle, la production et l’investissement industriels ont crû, eux, respectivement de près de 6 et 10%. C’est dire que la valeur ajoutée du secteur industriel n’a pratiquement pas bougé sur la période. A mon sens, cela s’explique par trois raisons. La première est qu’il n’y avait pas de véritable vision ou même de stratégie industrielle. La deuxième raison a trait à l’entreprise marocaine elle-même. Celle-ci n’avait pas la compétitivité requise. Et la troisième explication concerne l’environnement des affaires, alors peu propice. - Quelles actions pour y remédier? - L’effort du gouvernement a porté sur ces trois volets. La vision, nous l’avons désormais. C’est le plan Emergence. A ce titre, je souligne qu’Emergence n’a de sens que s’il est décliné territorialement. D’où l’importance des autorités locales pour relayer notre effort. Sur le plan de la compétitivité de l’entreprise, l’action de l’Agence nationale pour la promotion de la PME (ANPME) sera déterminante. Cet organisme est doté de 100 millions de DH dans le projet de loi de Finances 2008 pour mener à bien sa mission. Pour cela, deux programmes sont mis sur pied: Imtiaz et Moussanada. Le premier s’adresse aux entreprises à fort potentiel, celles dont on veut faire les championnes de notre économie. Moussanada, quant à lui, est destiné à l’ensemble des autres entreprises pour leur permettre d’accroître leur compétitivité. Ces programmes incluent un accompagnement au niveau de la stratégie, de la recherche-développement et de la technologie. Le dernier volet c’est l’environnement des affaires. Il faut qu’on fasse mieux au niveau des procédures administratives, du règlement des différends pour ne citer que ces deux champs.Propos recueillis par Réda HARMAK

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