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    Culture

    «Les amants de Fès«
    22e épisode: Affrontement familial

    Par L'Economiste | Edition N°:2355 Le 06/09/2006 | Partager

    Pour sauver sa petite tante Soussane, que le vieux Driss Bouzoubâa convoite pour épouse, Jaâfar va simuler un rapt. Mamoun est mis dans le coup ainsi que sa tante lalla Neftaha et Boubker le fils de si Driss. Soussane jubile à l’idée de se faire enlever, cette fois-ci de son plein gré.UN jour avant la date officielle des fiançailles, le rapt fut décidé. Lalla Neftaha devait accompagner la fiancée pour le rituel du bain. Les deux sœurs quittèrent la maison de l’hadj Mekki, flanquées de filles esclaves portant le nécessaire de bain, quand à quelques dizaines de mètres de là, deux inconnues vêtues de haïks, les visages voilés par des l’tams, se glissèrent dans le petit groupe et se rapprochèrent particulièrement de l’une d’entre elles, puis d’un geste vigoureux la portèrent immédiatement sur le dos d’un mulet. La bête était montée par une autre personne, vêtue d’une djellaba et d’un burnous la tête et le visage enroulés dans un turban.Après avoir fait mine de se débattre Soussane fût enlevée.Lalla Neftaha connaissaient les ravisseurs qui s’évanouirent dans les dédales de la médina. Elle devait crier, pleurer, et gémir. Après les gesticulations, les appels au secours et les cris de détresse, lalla Neftaha décida de retourner à la maison et raconter la scène qui s’était déroulée devant ses yeux et ceux des esclaves ahuries. Elle continua de jouer la comédie devant lalla Mériem et le reste de l’assistance qui est restée bouche bée.- Mais comment, comment cela a-t-il pu arriver? La malheureuse ! As-tu pu reconnaître au moins les ravisseurs?- Non, elles étaient toutes voilées!- Elles, dis-tu?- Je suppose que c’était des femmes. Elles portaient toutes des haïks et des l’tams. Oh mon Dieu je suis bouleversée!- Des femmes, on aurait tout vu!. Soussane à l’abriLalla Mériem semblait sincèrement affectée. Elle continua:- La pauvre petite encore une fois victime d’un enlèvement, et en pleine médina! Il faudrait un nouveau miracle pour la retrouver! Quand Jaâfar saura ce qui est arrivé, il sera terriblement affecté. Lalla Neftaha joua le jeu jusqu’au bout sans le moindre trouble ni dans son comportement ni dans ses propos. Elle avait appris parfaitement son rôle. Elle se révéla une excellente comédienne. La maison entière et le voisinage furent ébranlés par la nouvelle. Les ravisseurs qui n’étaient autres que Mamoun, Boubker et Jaâfar, se dépêchèrent de raccompagner Soussane chez lalla Neftaha et lui recommandèrent de rester cachée dans la mesria aménagée pour les besoins de la cause. Ils décidèrent ensuite de rentrer chacun de son côté. Mamoun rejoignit son père au hri. Il n’y avait rien à dire. Chacun joua son rôle à la perfection. De retour à la maison, ils apprirent que la fiancée venait d’être kidnappée.L’hadj perdit connaissance en apprenant la nouvelle. Le cumul de la fatigue et de l’émotion l’avaient grandement éprouvé. Lalla Mériem affolée fit apporter un verre d’eau sucré parfumé d’eau de fleur d’oranger qu’elle fit boire à son mari. Quand il ouvrit les yeux, la maisonnée reprit son souffle. Mamoun était désolé. Il ne pensait pas que son père allait être aussi affecté. Jaâfar s’arrangea pour rentrer le dernier à la maison. Il était confiant et serein car il venait de mettre Soussane à l’abri. Il fallait maintenant affronter son père pour le convaincre du bien fondé de sa mission et de le faire revenir sur sa décision de la marier à si Driss.Jaâfar pénétra dans la kobba où toute la famille était réunie. L’hadj avait l’air très fatigué.- Sais-tu ce qui vient d’arriver demanda-t-il d’une voix faible?- Oui, répondit Jaâfar imperturbable, je suis au courant!L’assistance était étonnée par le calme olympien de Jaâfar. L’hadj continua:- Un rapt en plein jour et dans notre quartier! Et il paraît que les ravisseurs sont des femmes. Dans quel monde vivons nous! Après un silence, il ajouta : Mais que va devenir notre Soussane? Jaâfar s’assit près de son père et lui glissa dans l’oreille.- Ecoute, ne te tracasse plus! Soussane est en lieu sûr et entre de bonnes mains. C’est moi qui l’ai enlevée!L’hadj se tourna vers son fils, et le fusilla du regard.- Quoi, répète un peu ce que tu viens de dire!- J’ai enlevé Soussane!L’hadj avait du mal à avaler sa salive.- Ce n’est pas possible, s’écria-t-il, alors c’est la meilleure ! Vous entendez, dit-il en s’adressant à l’assistance. Vous entendez, ouvrez bien vos oreilles! Jaâfar m’avoue tout bonnement que c’est lui le ravisseur. Mais serais-tu devenu fou? Un neveu qui enlève sa tante! Je n’y comprends rien, et pourquoi?L’assistance était médusée.Lalla Mériem affolée, exigea sur-le-champ, des explications.- Qu’est-ce que cela veut dire mon fils? As-tu perdu la raison? Mais mon Dieu, tu sais que c’est ta tante! Tu comprends, tu n’as pas le droit!- Astaghfiroullah! N’ayez crainte et pas d’arrière pensées s’il vous plaît! Vous devez savoir que mon intention n’est autre que celle de la protéger.- La protéger, s’exclama l’hadj! Mais de quoi? - De ce stupide mariage, que vous lui avez arrangé! Vous avez voulu la sacrifier en la mariant à un homme de l’âge de son père. Pourquoi? Ne mérite-t-elle pas mieux? Je l’ai enlevée pour éviter ce sacrilège!L’hadj l’interrompit.- Tu sais ce geste n’a rien d’héroïque! Se pourrait-il que tu sois entrain de me défier?- Non, mais vous ne m’avez pas laissé le choix! Je souhaiterais lui épargner une union qui la rendrait sûrement malheureuse. Et moi, je connais une personne qui lui donnerait tout le bonheur qu’elle mérite. Elle demande simplement que vous l’acceptiez!- Et qui est cette personne, qui lui donnerait selon toi ce bonheur dit l’hadj affectant un temps ironique?- Tu le connais très bien, malheureusement son père, ne lui a laissé aucune chance. C’est Boubker!- Le fils de Si Driss?- Oui, en personne!- Mais pourquoi ne s’est-il pas présenté?- Il m’a fait part de ses intentions mais c’était trop tard ! Son père avait déjà obtenu ton consentement!- Alors vous avez eu ensemble, cette idée merveilleuse de kidnapping!- C’est moi l’instigateur. Lui, il n’y est pour rien.. FiertéL’hadj reprit des couleurs, il était plus calme maintenant qu’il savait que sa petite sœur était en sécurité. Durant la confrontation, Mamoun et lalla Neftaha demeurèrent attentifs. Ils écoutaient sans broncher. Avec une complicité muette, ils feignaient toujours être en dehors du coup, mais se regardaient de temps en temps, et échangeaient un clin d’œil ou une petite grimace. L’hadj reprenant ses esprits, retrouva un ton plus grave: - J’ai bien réfléchi. Maintenant il est trop tard pour reculer. Je n’y peux rien. j’ai déjà donné ma parole!- Non, s’écria Jaâfar, Soussane n’est pas une marchandise. Ce n’est pas trop tard, tu peux encore refuser. Il y va de son avenir. Demande à Si Driss de se retirer de la course et de plaider plutôt en faveur de son fils. Au fond de lui, l’hadj approuvait le discours de Jaâfar, mais sa fierté l’empêchait de plier. Il ne devrait pas céder au chantage. Il était le chef de famille et personne ne devrait lui imposer son dictat.- Bon cela suffit, arrête ces enfantillages et ramène ta tante à la maison! Mais bon où l’as-tu cachée cette pauvre fille, hein?Lalla Neftaha eut un pincement au cœur. Elle fit une moue et scruta Mamoun qui baissa la tête aussitôt de peur de se trahir. Jaâfar n’était nullement impressionné par la ténacité de son père. - Je la ramènerai, dit-il, mais si tu me jures sur le saint Coran que tu la marieras à Boubker et à personne d’autre! L’hadj commençait à perdre patience et devant sa famille, n’admettait pas qu’un de ses fils veuille lui forcer la main.- Eh bien tu ne me feras pas chanter, s’écria-t-il. Voyez-vous ça! Si Soussane n’est pas là demain, je te demanderais de quitter cette maison toi aussi et de ne plus y revenir! Mais qu’est-ce donc que cette histoire qui ne veut plus en finir!- Si el Mekki, s’exclama lalla Mériem. Ne dis pas de bêtises, c’est ton fils voyons !- Je te jure si tu ne reviens pas en compagnie de ta tante au plus vite, ta place ne sera plus ici. Je ne reviendrais pas sur ma décision! Est-ce bien clair?Après avoir prononcé ces mots, il se leva d’un bond et quitta la pièce furieux. Lalla Neftaha et Mamoun commençaient à s’inquiéter de la tournure des évènements.Jeudi, 23e épisode Le dernier coup de force de Jaâfar

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