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Le Cercle des Experts

Plus de cent ans après Isly, que faire avec Alger?

Par Mohamed TAKADOUM | Edition N°:5876 Le 02/11/2020 | Partager

Impliqué dans la vie associative autour des écoles, Mohamed Takadoum, ancien haut fonctionnaire, a été cadre dirigeant de l’Office national des postes et télécommunications et de Barid Al-Maghrib. Il a aussi été à l’Inspection de ces entreprises publiques. Il tient un blog d’analyse politique: bouliq.blogspot.com (Ph. TM)

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a prononcé un discours devant les officiers de l'armée consacré à la politique étrangère. Il a réitéré la position algérienne sur le Sahara considéré comme un problème de «décolonisation» appelant à «un référendum» et invoquant la position de Boumédiène à cet effet. Il a escamoté le fait que le Conseil de sécurité de l’ONU ne parle plus de référendum. Dans ses résolutions il a opté pour une «solution politique mutuellement acceptable».

Le Maroc s’était soulevé contre le projet colonialiste visant la partition de l'Algérie notamment en janvier 1961 lors de la première conférence des pays africains à Casablanca. Ainsi sous la présidence de Mohammed V, accompagné de Hassan II, alors Prince héritier, le Maroc a défendu l’intégrité territoriale de l’Algérie: «Nous proclamons que l’Algérie a droit à la liberté et à l’indépendance sans condition et dénonçons toute tentative criminelle visant le partage du territoire national algérien». Cette position du Maroc a été reprise dans la résolution finale de cette conférence sur l'Algérie. La conférence s'était donc opposée au partage de l'Algérie et a rejeté toute solution unilatérale et tout statut imposé ou octroyé.

Mais le soutien à Alger remonte à beaucoup plus loin au moment de la colonisation de l'Algérie. En effet, Moulay Abderrahmane - sultan du Maroc à l'époque - avait soutenu le chef de la résistance algérienne l'émir Abdelkader contre la colonisation française. De ce fait, un conflit a éclaté entre l'armée française et l'armée marocaine conduite par Moulay Abderrahmane. Cette bataille s'est terminée par la défaite de cette dernière à Isly (14 août 1844). Par le traité de paix qui lui était imposé, le sultan reconnut la présence française en Algérie et s'engagea par conséquent à ne plus soutenir l'émir Abdelkader lequel après avoir mené une guérilla se rendit aux Français.

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Les «combattants de l’intérieur» (de l’Algérie) reprochèrent aux hommes du «Clan d’Oujda» d’être des planqués. Les premiers furent durement éliminés par les seconds dès 1963. Des historiens considèrent que la militarisation du pouvoir à Alger est née au moment de ces éliminations (Ph. DR)

Conséquences dramatiques

 Pour le Maroc, la bataille d'Isly, engagée pour soutenir l'Algérie, a été dramatique car elle a eu pour conséquence un tracé des frontières imposé par la France qui a annexé de larges portions du territoire marocain à l'Algérie, l'affaiblissement du pays qui a conduit à la perte de Tétouan en 1860 au profit de l'Espagne et un peu plus tard à la partition du Maroc entre la France et l'Espagne et l'établissement du protectorat franco-espagnol sur le pays. A l'indépendance du Maroc en 1956, Mohammed V a refusé l'offre de la France de restituer ces territoires en contrepartie de ne plus héberger les combattants du FLN. Le roi Mohammed V voyait cette proposition comme un «coup de poignard dans le dos» des «frères algériens» et parvint séparément à un accord le 6 juillet 1961 avec le chef du gouvernement provisoire de la République algérienne, Ferhat Abbas. A l’indépendance de l’Algérie, les autorités de ce pays ont refusé de discuter du sujet et c’était le fait déclencheur de la fameuse «guerre des sables» entre les deux pays en 1963.

Que faire au Conseil de sécurité?

 A signaler que pendant la guerre de libération de l'Algérie, le Maroc en dépit de ses maigres ressources a fourni assistance et hébergement aux combattants du FLN, notamment au «groupe d'Oujda». A rappeler aussi qu’après son retour au pays et à la suite de la proclamation de l'indépendance du Maroc en 1956 le Roi Mohammed V n'avait pas manqué de rappeler que l'indépendance du Maroc est incomplète sans l'indépendance de l'Algérie.

A chaque réunion du Conseil de sécurité sur le Sahara nous assistons à des gesticulations du Polisario et d'Alger. Cette fois l'organisation séparatiste parle de «la conclusion d'un accord militaire avec un pays voisin».

Il est donc temps pour notre pays de saisir le Conseil de sécurité des Nations unies pour condamner Alger et la sommer d'arrêter les actes de guerre contre son voisin de l'Ouest y compris de désarmer les mercenaires d'Alger qui agissent sur son territoire. En récupérant notamment les armes qu'ils ont fournies à ces mêmes mercenaires. En armant et en abritant des combattants contre le pays voisin, Alger enfreint la charte des Nations unies et doit être rappelée à l'ordre par le Conseil de sécurité. Ce qui permettrait de replacer ce conflit dans son véritable contexte. Notre pays peut démontrer que ce ne sont donc pas de simples réfugiés qu'Alger héberge sur son territoire, contrairement à ce que disent les dirigeants algériens.

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La conférence de Casablanca de 1961 dans les derniers moments de la guerre d’indépendance de l’Algérie. A gauche, Ferhat Abbas, chef du gouvernement provisoire algérien pour quelques mois encore, avant de se retrouver en prison. Au centre, Mohammed V et Gamal Abdel Nasser. Lors de la Guerre des sables, ce dernier soutint Alger en raison de la proximité des régimes militarisés à parti unique (Ph. DR)

                                                                  

Les trois guerres

Officiellement les autorités algériennes déclarent que l’affaire relève des Nations unies. Pourtant, Alger est bien partie prenante. Elle prend prétexte de la défense «du peuple du Sahara» et mène une véritable guerre (largement ignorée par les médias) contre le Maroc:
- Guerre économique en s’engageant dans une course aux armements pour essayer de mettre à genoux le Maroc qui dispose de moins de ressources. En maintenant fermées les frontières, Alger veut le couper du Maghreb et de son prolongement arabe. Officiellement, pour l’Algérie cette fermeture des frontières terrestres visait à protéger ce pays «du trafic de drogue et de la contrebande». Or, c’est la fermeture des frontières qui encourage les trafics.
- Guerre diplomatique en mobilisant ses diplomates dans toutes les organisations et forums internationaux, en finançant toutes sortes de lobbies et bureaux du Polisario, en s’opposant systématiquement au Maroc partout.
- Guerre tout court en fait en armant et en abritant des combattants contre le pays voisin. Pendant les hostilités, les combattants du Polisario armés par l’Algérie faisaient des incursions à partir du territoire algérien de Tindouf et attaquaient les troupes marocaines et repartent tranquillement se réfugier en Algérie. Hassan II, qui était en droit d’exercer un droit de suite en territoire algérien, s’est toujours interdit d’insulter l’avenir en engageant une guerre ouverte avec l’Algérie. L’Algérie continue d’abriter sur son territoire le Polisario. C’est un casus belli!

                                                                  

Offre royale

Depuis son accession au trône, le Roi Mohammed VI appelle à la normalisation des relations et à l’ouverture des frontières fermées. Dans son discours demeuré sans suite du 06/11/2018 le Souverain tend la main à l’Algérie dans ces termes. «C’est, donc, en toute clarté et en toute responsabilité que je déclare aujourd’hui la disposition du Maroc au dialogue direct et franc avec l’Algérie sœur, afin que soient dépassés les différends conjoncturels et objectifs qui entravent le développement de nos relations. A cet effet, je propose à nos frères en Algérie la création d’un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation. Le niveau de représentation au sein de cette structure, son format, sa nature sont à convenir d’un commun accord».
Prenant à témoin la communauté internationale, le Roi a ajouté que l’offre vise aussi «la création d’un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation».

 

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