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Culture

Festival de Fès de la culture soufie: «S’inspirer des sagesses de Joha»

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5869 Le 21/10/2020 | Partager
Amal Ayouch et Younes Lahiaoui partent à la rencontre de l’autre
Acceptation, émancipation et cheminement des maîtres soufis en débat

LA comédienne Amal Ayouch a fait, lundi, une entrée triomphale au festival de Fès de la culture soufie (FFCS).  Cette femme de culture a été interpellée sur les «sagesses de Joha». Et qui ne connaît pas ce personnage emblématique de la ruse, de la malice et des contes anecdotiques et laconiques. Ce 19 octobre 2020, Ayouch et son colistier Younes Lahiaoui esquissaient les enseignements du conte «Si toi tu es moi, qui suis-je?». 
Sous l’intitulé «Rire du fond de l’âme: contes et sagesses de Joha», les deux intervenants ont emporté les festivaliers dans les ruelles marchandes et bouillonnantes d’êtres… 
A une époque, pas si lointaine où une éventuelle pandémie, ne représentait même pas l’ombre d’une menace. Décryptage.

                                                                                 

■ Joha ne veut pas se perdre au Fondouk

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Elle a l’art et le métier. L’actrice Amal Ayouch est revenue narrativement sur les traces de Joha au souk pour tirer l’enseignement de l’acceptation de l’autre. «Un jour, Joha s’est rendu dans un Fondouk. Il a tout de suite été impressionné par la fourmilière humaine qui grouillait de toute part. Les gens entraient, sortaient, achetaient, vendaient, étaient couchés, debout,…et cela, dans toutes les pièces du Fondouk et même à l’étage», rapporte Ayouch. Joha, ajoute-t-elle, est soudain pris d’une idée effrayante. Et s’il se perdait définitivement dans ce magma se mélangeant aux autres ne sachant plus qui il était ? Il s’assit angoissé sur la couche qu’il avait loué, non sans endormir. Soudain, une idée lumineuse éclaira sa pensée. Mais, oui…il lui suffirait d’attacher une ficelle à son pied. Comme cela, plus de doute. A son réveil, il serait l’homme à la ficelle au pied. Ah, enfin soulagé par cette idée, il a pu s’endormir d’un beau et profond sommeil. Son voisin qui le regardait avec attention et non sans malice se demandant ce qui pouvait bien lui passer par la tête décida de lui faire une farce. Il attendit que Joha entre dans un profond sommeil, puis lui retire la ficelle qu’il avait au pied et la met au pied de son voisin qui lui aussi était dans un profond sommeil. Au réveil, Joha découvrit avec stupeur qu’il n’avait plus de ficelle au pied et qu’elle était au pied de son voisin. Il se mit à secouer vigoureusement ce dernier. D’une voix affolée et angoissée, il répétait : «Eh, réveille-toi! Parce que, si toi tu es moi, alors qui suis-je moi-même?», raconte Amal Ayouch. 

La question de l’identité est capitale

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«La question «qui suis-je?» est capitale», rétorque Younes Lahiaoui. «Sans les attributs qui me servent à me reconnaître, à m’identifier, à me positionner dans une communauté, que reste-t-il de moi? Qui suis-je, quel est mon statut, ma carte de visite?», renchérit l’acteur. C’est la grande question des identités. D’où vient cette peur de perdre notre singularité une fois au contact de l’autre? Comment parvenir à entrer dans la multitude sans se laisser pour autant diluer en elle? En guise de réponse, un mystique soufi dit un jour : «je suis comme l’abeille qui butine sur les fleurs pour faire ensuite son propre miel». Aller au contact de l’autre, se nourrir de son être mais sans jamais en perdre sa propre identité. Tel est le défi de l’âme désireuse de nourrir son être, sans se laisser diluer dans le paraître. Et le FFCS est tout cela. Il initie des rencontres pour connaître le cheminement et la sagesse des ancêtres. Le but étant de créer une émancipation évolutive et une acceptation de l’autre. D’ailleurs, toute la programmation de cette 13e édition est tournée vers l’art de la transmission et la rencontre de l’autre, même à distance. 

■ L’héritage d’Ibn Al Khatib aussi

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Dédiée à «l’héritage d’Ibn Al Khatib et l’Islam en Occident», la soirée du 19 octobre a été un grand moment de réflexion. Animée par le professeur Saadane Benbaba-ali, un spécialiste d’Ibn Arabi, Hafid Benchouk, créateur de la maison Soufie et Moqqadem de la confrérie Nakshabandi à Paris, ainsi que Faouzi Skali, anthropologue et président du festival. La table ronde de ce 3e jour a relié Fès à la porte d’Ibn Al Khatib à Grenade. «C’est un sujet historique qui nous relie à notre actualité. Alors qu’on parle beaucoup aujourd’hui de l’Islam en Occident, on évoque très peu l’histoire de l’Islam en Andalousie qui a duré 8 siècles… Cette époque a produit toute une littérature, une pensée, et des personnalités tout à fait hors pair», souligne Skali. Or, ce lien de l’Islam avec cet héritage considérable occidental est rarement rapporté. Surtout par rapport à une actualité assez houleuse de la place de l’Islam dans la société Occidentale d’aujourd’hui. «Il serait intéressant d’évoquer ce qui a été exprimé dans le temps comme un Islam de civilisation  ou la civilisation de l’Islam et le rôle qu’elle peut avoir dans ce débat en rattachant cette fois-ci l’Islam à l’aspect historique, culturel et spirituel. Un débat qui sort de l’ordinaire et surtout de l’aspect théologique pour conquérir d’autres contrées et éclaire différentes zones d’ombres. Le débat de ce 19 octobre a été suivi d’un concert de chants spirituels. Baptisé «l’union des deux rives», le spectacle a été confié aux artistes Marouane Hajji et Ali Keleer, avec l’ensemble Al Firdaus. Un grand moment de musique soufie. 

Message du Souverain aux soufis

«Le Maroc terre du soufisme (…) les Marocains ont bien intériorisé depuis l’avènement de l’Islam, que l’essence de la religion consiste à purifier l’âme humaine de l’égoïsme, de la haine et de l’extrémisme, en se conformant aux bonnes mœurs et en s’élevant au dessus des tentations qui avilissent le cœur et l’intelligence à travers la retenue et le contrôle de soi, dans une quête du couronnement spirituel connu sous le terme de «soufisme», disait SM le Roi Mohammed VI dans un message aux intervenants de la première rencontre internationale Sidi Chiker des affiliés du soufisme. Le message royal constitue un fil conducteur dans les débats initiés à l’occasion du 13e FFCS. «Dans le monde d’aujourd’hui, l’humanité a surtout besoin de faire prévaloir les valeurs de tolérance, de solidarité, d’altruisme et de rejet des égoïsmes les plus farouches», souligne SM le Roi. 

Y.S.A.
 

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