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Art & Culture Week-End

Il était une fois, Boujemaa Lamali, maître céramiste à Safi

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5866 Le 16/10/2020 | Partager
Une exposition qui retrace son empreinte sur la poterie de Safi
De la Haute Kabylie à Safi en passant par Sèvres

«Centenaire du maître céramiste Boujemâa Lamali & de la 1re école de céramique au Maroc», la Fondation nationale des musées rend hommage au grand maître Lamali qui marquera au début du XXe siècle le répertoire de la céramique de Safi par son travail raffiné de la poterie.

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Le maître céramiste dans son atelier à Safi. Il léguera à sa mort des centaines de pièces rares et exceptionnelles (Ph. L’Economiste)

L’exposition qui se tient au Musée national de la céramique à Safi retrace en plusieurs étapes, les décennies de créations qui ont forgé l’identité de la céramique de Safi: motifs floraux authentiques «tbouâ» et géométriques «Ettarbiâ», décoration «Khidouss» inspirée de la tapisserie Zayan, apparition du «figuratif» sur des œuvres destinées à la décoration des murs… Originaire de Kabylie (Algérie) Boujemaâ Lamali débarque à Safi en 1918.

Maître céramiste de son état, il était chargé par les autorités du protectorat de sauvegarder et de développer la principale activité artisanale de la région. Aujourd’hui encore, les petits-enfants des premiers apprentis potiers de Lamali   (Al-Sousi, Serghini,  Al-Taher, Abdelqader Leghrissi, Mohamed Rbati Sentil…)  se réclament de son école.

Né vers 1890 dans un village de la Haute Kabylie, il est envoyé à Alger chez un oncle et se retrouve apprenti dans l’atelier du maître céramiste Soupireau. Il y restera dix ans tout en suivant des cours à l’Ecole des beaux-arts d’Alger. En 1914, Boujemaâ Lamali est envoyé en mission d’études à la Manufacture nationale de Sèvres, institution au rayonnement mondial, fondée en 1740, sous les auspices de Louis XV.  Lorsque Lamali arrive à Safi, la production de la poterie d’art est  en déclin.

Les artisans ne fabriquent que des objets en poterie brute à usage domestique courant (m’jamer, khabiat, gh’raref, etc.) et les rares ateliers spécialisés dans la production de poterie fine, décorée et vernissée, vivotent péniblement.

Lamali va instaurer des cours de dessin et de tournage, puis il entamera un travail de fond auprès de ses apprentis qui aura pour résultat de révolutionner le sort de la poterie marocaine. On lui doit tout ou presque. Il apprend à ses élèves à procéder au lavage de l’argile – celle de Safi est trop riche en calcaire et oxyde de fer,  à retrouver les formes berbéro-romaines et arabo-andalouses d’origine.

Le maître va également répertorier les motifs traditionnels safiotes. Ensuite il incitera ses élèves à utiliser un système de canevas pour les reproduire à main levée mais avec précision. Il améliore, enfin, la qualité de l’émail. Décédé en 1971, il a légué un riche répertoire de ses œuvres contenant 450 objets dont la plupart ont été récupérés et conservés par le Musée national de la céramique de Safi, tandis que d’autres s’arrachent, à prix d’or, dans les salles de vente nationales et internationales.

A.Bo

 

 

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