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Régions

Fès/SDL des parkings La ville veut tripler les recettes du stationnement

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5839 Le 09/09/2020 | Partager
Les arrondissements d’Agdal et Saïss pour commencer
Appli et SMS, un mode de paiement intelligent et innovant

La société de développement local (SDL) en charge du secteur du stationnement à Fès entre en vigueur incessamment. «Nous avons déjà tenu deux conseils d’administration de ladite société et nous nous apprêtons à lancer le nouveau mode de gestion des parkings le mois prochain…à travers une campagne de communication et de sensibilisation», confie à L’Economiste Mohamed El Harti, député vice-maire de Fès. Selon lui, «tout a été pensé pour assurer une bonne gouvernance du stationnement, fructifier les recettes de la ville et éviter l’anarchie». Décryptage.

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Les actionnaires de la nouvelle SDL de stationnement sont la commune de Fès, à hauteur de 51%, et le groupement (italien) KLB, à hauteur de 49%. Le paiement du service du stationnement se fera par appli et sms (Ph. YSA)

 ■ Eviter la surenchère politicienne
Il y a quelques jours, une dizaine de «sociétés» de stationnement ont adressé un courrier au maire Driss El Azami El Idrissi, dénonçant l’entrée en vigueur de la nouvelle SDL. «Si vous nous autorisez l’exploitation de toutes les places de stationnement tracées pour le nouveau gestionnaire, nous vous garantirions le double des recettes prévues, soit 12 millions de DH», écrivaient-ils dans leur lettre. La réponse du maire de Fès n’a pas tardé. Dans son retour, El Azami a défendu le choix du conseil communal d’avoir opté pour la SDL. Il a donné, dans le détail, le processus d’approbation de la société, sa finalité et son intérêt pour la ville. Bref, afin d’éviter toute surenchère politicienne, El Azami a insisté sur «le fait que sa mairie souhaite faire de cette expérience un modèle irréprochable».
 
■ Pas d’horodateur à l’horizon
A ceux qui croient que la SDL installerait des horodateurs un peu partout à Fès, Mohamed El Harti donne une réponse catégorique. «Notre objectif étant d’assurer un mode de gestion innovant et intelligent à travers des applications smartphones et un service prépayé géré par SMS», explique le vice-maire. Ainsi, selon lui, l’automobiliste ne paiera que pour la durée réelle du stationnement qu’il gérera à travers son GSM. Concrètement, aucun horodateur ne sera installé à Fès, mais plutôt des bornes interactives. «A travers ce dispositif qui sera, d’abord, mis en œuvre au niveau des arrondissements d’Agdal et Saïss, la SDL nous garantira une redevance annuelle de 8 millions de DH… Les recettes augmenteraient au fur et à mesure avec l’augmentation du nombre des places de stationnement exploitées», souligne El Harti. En plus de cette redevance fixe, la Commune recevra également 51% des bénéfices réalisés par la SDL. Selon les termes du contrat, «cette somme sera révisée chaque année sur la base des augmentations des prix des tickets et des espaces exploités par la société».
 
■ La mairie garde la main
Techniquement, la Ville de Fès a opté pour l’offre du groupement italien KLB. Lequel se chargera désormais de la gestion du stationnement pendant une durée de 25 ans, à compter de la date de signature du contrat. A noter que la mairie est majoritaire avec 51% des parts de la SDL. Pour lutter contre «l’insolence» de certains gardiens, la mairie a préparé un cahier des charges rigoureux. Ainsi, le contrôle du service public de stationnement sera confié à des contrôleurs assermentés. S’agissant des contraventions des usagers et les amendes y afférentes, le contrevenant devrait payer 50 fois le tarif du stationnement dans un délai n’excédant pas 48 heures. Passé ce délai, une amende de 2 DH/heure supplémentaire est appliquée. Signalons que «les véhicules abandonnés durant 7 jours, ou stationnés dans des zones interdites ou dangereuses, sont mis en fourrière. Idem pour les voitures des contrevenants récidivistes», lit-on sur l’arrêté communal. En outre, les actes de vandalisme perpétrés sur les équipements et matériels de la SDL seront sévèrement punis.
 
■ Stopper l’hémorragie des racketteurs
Depuis 2018, la commune de Fès peine à restituer les recettes des parkings de la ville. Pour rappel, la mairie avait lancé, en juin 2018, un appel à candidature pour désigner une SDL chargée de la gestion et de l’exploitation du stationnement sur la voie publique et sur les parcs de stationnement.
A travers cette opération, le bureau du maire voulait identifier les candidats potentiels qui l’accompagneront dans «la rénovation de la gestion du stationnement», dans le respect de la loi organique relative aux communes. Et c’est à l’issue d’un «processus administratif ficelé» que la mairie a levé le voile, le 13 septembre 2018, sur son partenaire en charge de la gestion des parkings.
Il s’agit du groupement KLB, constitué de sociétés Kiunsys et Liberologico d’Italie et Bigazzi de France. Entre-temps, la commune enregistrait une perte sèche annuelle de plus de 5 millions de DH. En effet, «depuis que le conseil communal a décidé la création d’une Société de développement local (SDL) en charge de la gestion du stationnement, il n’a plus aucun lien avec quiconque», précisait le maire. Car, selon lui, «la mairie ne pouvait pas, à la fois, lancer un appel d’offres pour le choix d’un gestionnaire dans le cadre de la SDL et un autre appel d’offres pour le choix de locataires, c’est incompatible!».  Ceci étant, des racketteurs continuaient d’exiger une redevance quotidienne aux gardiens installés un peu partout à Fès.

                                                                               

Un projet pilote pour la place de Florence

Une importante campagne de communication sera bientôt lancée afin de promouvoir le projet de la SDL. Le but étant de familiariser la population au nouveau mode de gestion et d’exploitation du stationnement sur la voie publique. «Un mode de gestion innovant et intelligent», souhaitent les responsables de la ville. Pour eux, «la SDL permettra d’améliorer la qualité du service ainsi que les recettes générées par le secteur». Celles-ci devraient atteindre, d’ici trois ans, 18 millions de DH par an (au lieu de 6 millions de DH auparavant). En attendant, la nouvelle SDL envisage la construction et l’exploitation d’un parking de deux étages en sous-sol sur la place Florence. D’une capacité d’environ 500 places, l’édifice nécessitera un investissement de 74 millions de DH.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

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