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Economie

Croissance : Le Maroc s’écarte de la trajectoire de l’émergence

Par Franck FAGNON | Edition N°:5815 Le 03/08/2020 | Partager
Hausse moyenne annuelle de 2,3% du PIB par habitant entre 2010 et 2019 contre 3,4% la période précédente
Insuffisant pour créer de meilleurs emplois
L’intégration de l’économie informelle, un enjeu majeur post-Covid-19
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La rareté des opportunités de travail décent contraint des milliers d’actifs, en particulier les jeunes, à s’orienter vers des emplois informels et précaires. Mal rémunérés et sans protection, ces derniers s’exposent à de hauts risques

En dehors des quatre rendez-vous annuels sur la politique monétaire, l’exposé du Wali de Bank Al-Maghrib sur la situation économique devant le Souverain est très scruté. Des dix dernières années, la banque centrale tire un bilan mitigé. « Malgré des avancées notables dans plusieurs domaines, les performances ont été globalement insuffisantes pour engendrer une amélioration tangible et à grande échelle des niveaux de vie», relève Abdellatif Jouahri. En moyenne, le PIB par habitant a progressé de 2,3% sur la période 2010-2019 contre 3,4% la décennie précédente. A ce rythme, il faut beaucoup plus de temps pour passer à une catégorie de revenu supérieure. «Le Maroc reste dans la catégorie des pays à revenus intermédiaires, tranche inférieure alors que plusieurs pays ayant été au même niveau ont pu, au cours des vingt dernières années, se hisser vers des classes supérieures», note Bank Al-Maghrib. 
L’atonie de l’investissement privé et la faible hausse de la productivité sont parmi les facteurs pénalisants. L’effet multiplicateur de l’investissement sur l’activité économique n’est pas visible parce que la dynamique vient essentiellement du secteur public. Dans le même temps, cet effort est moins bien récompensé qu’ailleurs. Quant à la productivité, sa progression moyenne annuelle a ralenti par rapport à la décennie 2000 pour s’établir à 1,85% entre 2010-2019. Sur la période en revue, sa croissance a été plus dynamique les cinq premières années (2,88% entre 2010 et 2014) que les cinq dernières (0,82% entre 2015 et 2019). Cela pourrait cacher un redéploiement de la main d’œuvre vers des activités moins productives. Cependant, le manque de profils qualifiés reste une faiblesse qui grève la compétitivité de l’économie. Le poids de l’informel pèse aussi. Les politiques de relance post-Covid devront nécessairement s’appuyer sur l’intégration de l’économie informelle. La rareté des opportunités de travail décent contraint des milliers d’actifs, en particulier les jeunes, à s’orienter vers des emplois informels et précaires. Mal rémunérés et sans protection, ces derniers s’exposent à de hauts risques. La crise provoquée par la pandémie du coronavirus a mis en évidence, si besoin était, les maux du marché de l’emploi. Au total 5,5 millions de ménages vivant des activités informelles ont bénéficié des aides publiques pour traverser la crise.   
Face à la violence de la crise sanitaire, le gouvernement a très rapidement pris des mesures pour atténuer l’impact du choc sur les ménages et les entreprises. Au-delà des mesures d’urgence, «Il faudrait, à moyen long terme, mettre en place une véritable politique d’investissement dans la résilience sociale et économique en tenant compte de toutes les mutations attendues suite à cette pandémie aussi bien au niveau international que national», conseille Bank Al-Maghrib.


8 emplois sur 10 sont informels

A plusieurs reprises, Bank Al-Maghrib a alerté sur la précarité dans l’emploi. Le poids de l’emploi informel (emploi non soumis à la législation du travail, à la taxation du revenu, à la protection sociale ou au droit à certains avantages comme l’indemnité de licenciement ou les congés payés ou de maladie) est estimé à 79,9%, soit 18,7 points au-dessus de la moyenne mondiale. En revanche, le phénomène est moins répandu au Maroc que dans le reste des économies africaines où il représente en moyenne 85,8%. 
Selon le HCP, plus de trois actifs occupés sur quatre ne bénéficient pas d’une couverture médicale et ne sont pas affiliés à un système de retraite dans le cadre de leur travail. En outre, près de la moitié des emplois seraient vulnérables dont plus de 70% en milieu rural. Parmi les pays de benchmark, plusieurs sont parvenus à réduire le poids de l’informel en agissant sur plusieurs leviers dont la réglementation du travail et la fiscalité. Grâce à la simplification des démarches administratives et fiscales pour les TPE et PME, l’octroi de subvention pour la création d’entreprise, la réduction des cotisations sociales des employeurs et rémunération des salariés sur un compte obligatoire et la réduction de la TVA dans plusieurs secteurs d’activités, la Turquie a, en dix ans, baissé de 20% le poids de l’informel. De son côté, le Chili a allégé la fiscalité sur l’emploi et a mis en place des régimes spéciaux pour réduire la TVA. La flexibilisation du contrat de travail, la facilitation de l’accès au crédit ou encore la promotion du paiement mobile sont parmi les mesures déployées par un certain nombre de pays pour intégrer le secteur informel.
F.Fa

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