×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Les premiers contours du nouveau modèle de développement

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5804 Le 15/07/2020 | Partager
Le rétablissement de la confiance arrive en tête des attentes
Le rôle régalien de l’Etat, incontournable dans le processus de transformation structurelle de l’économie
Les implications de la crise de la Covid-19 seront prises en compte dans le rapport final
benmoussa-04.jpg

A aujourd'hui, la Commission spéciale du modèle de développement a reçu plus de 6.200 contributions. En tête des attentes, la justice sociale et territoriale. Elles sont suivies par un autre constat: «Le gap entre les dispositions constitutionnelles et les modalités de leur mise en œuvre» (Jarfi)

Après la trêve imposée par les exigences du confinement, la Commission spéciale du modèle de développement a repris ses activités. Son président, Chakib Benmoussa, accompagné de quelques membres de cette instance, a tenu une rencontre, hier mardi, pour faire le point sur le bilan d’étape et les prochaines étapes des travaux de la CSMD, surtout après la prolongation du délai de remise de son rapport au Roi.

L’un des principaux paramètres à prendre en compte aujourd’hui est lié aux répercussions de la crise de la Covid-19, comme l’a souligné Benmoussa. L’impact de la pandémie «a eu des répercussions sur les perceptions des citoyens et sur le classement des priorités dans plusieurs domaines», a-t-il expliqué.

Cette crise a mis en avant le rôle important de certains secteurs comme la santé, l’enseignement, la protection sociale, la transformation digitale… La prolongation du délai de remise des conclusions de cette Commission au Souverain permettra de prendre en compte les nouvelles données, et «d’intégrer les transformations structurelles constatées au niveau national et international».

Jusqu’à aujourd’hui, cette instance a reçu plus de 6.200 contributions. De nouvelles rencontres sont programmées à partir de cette semaine avec différentes sensibilités, y compris les partis politiques, dont les propositions, déjà soumises à cette instance, devront être actualisées en prenant en compte les effets de la crise de la Covid-19.

Conclusions préliminaires

Au-delà des nouvelles exigences liées aux effets de la pandémie, le président de la CSMD a mis l’accent sur certaines conclusions préliminaires de ses travaux. Pour lui, «la confiance est un concept qui a été évoqué pratiquement par toutes les parties rencontrées». Les attentes des citoyens, mais également des acteurs politiques et des opérateurs économiques s’articulent autour d’une série d’axes. En tête, la justice sociale et territoriale. Les rencontres organisées par la CSMD ont permis de mettre l’accent sur un sentiment partagé de détérioration des services publics, de marginalisation de certains territoires… Le 2e axe concerne les libertés publiques et la participation politique. L’un des principaux constats qui se dégagent concerne «le gap entre les dispositions constitutionnelles et les modalités de leur mise en œuvre». Les attentes portent sur la lutte contre la rente, la corruption et l’application du principe de reddition des comptes. En ce qui concerne le domaine économique, le président de la CSMD a pointé la persistance de certains obstacles, notamment en termes de complexité des procédures, de manque de clarté des règles du jeu…

■ Vers une société égalitaire

La dernière crise de la Covid-19 a mis à nu les défaillances du système de protection sociale au Maroc. Celui-ci est marqué par «l’absence d’une vision globale et intégrée, avec une multiplication de programmes, sans coordinations, en plus de contraintes structurelles entravant l’application de certaines réglementations», selon Larbi Jaidi, membre de la CSMD. Pour lui, il est urgent de procéder à une réforme en profondeur, assurant une meilleure qualité des prestations. Celle-ci doit être basée sur une conception faisant l’objet d’un consensus. Cela devra s’accompagner de la mise à niveau du système de ciblage, selon Jaidi. Ce dernier a rappelé le chantier en cours, lié à la loi sur le Registre social unifié.

■ Partir du local vers le centre
Le rôle principal de la CSMD est d’aboutir à la construction de convictions partagées. C’est ce qu’a affirmé Mohamed Tozy. Cela est décisif pour l’appropriation du nouveau modèle et pour le dépassement de certaines contraintes. Par exemple, «nous sommes face à une problématique liée au rôle de l’Etat vis-à-vis des citoyens, vis-à-vis des territoires…», a-t-il souligné. C’est ce qui entrave le déploiement de la régionalisation avancée, selon lui, notamment à cause de «l’existence de conceptions contradictoires concernant cette question». Les rencontres de la CSMD ainsi que les visites de terrain ont permis, selon lui, de conforter la conviction que la profondeur stratégique du Maroc est encore rurale, en dépit de l’émergence de grands centres urbains. L’une des priorités du nouveau modèle sera liée à la réorganisation de l’Etat au niveau territorial. Tozy a plaidé pour un renversement de perspective, en misant sur le local. «Cela devra passer par un changement de mentalités». L’idée, par exemple, est de prendre en compte le rôle de l’agriculture familiale qui, en dépit de son faible rendement, participe aux grands équilibres, en préservant les lieux de vie.
Pour lui, il est important de revoir les politiques d’aménagement du territoire, pour impliquer les douars, en tant qu’acteur central dans les politiques environnementales et dans le déploiement de la démocratie participative. Au niveau national, la prochaine période implique aussi un rétablissement de la confiance dans les institutions politiques et dans la représentation démocratique, a-t-il noté.

■ Miser sur le capital humain

enseignement-04.jpg

En dépit des efforts menés depuis quelques années, la réforme de l’enseignement n’a pas encore permis une mise à niveau du modèle de formation des ressources humaines. «Ce qui manque, c’est la capacité de mise en œuvre et de suivi des stratégies», a souligné Ghita Lahlou, membre de la CSMD. Aujourd’hui, le plus important dans ce domaine est de miser sur les enseignants, notamment en termes de sélection et de formation, afin de favoriser une meilleure qualité de l’enseignement. S’y ajoute la nécessité de mobiliser les infrastructures et de réformer les curricula et le système des évaluations, afin de permettre aux formateurs de se mettre en ordre de bataille, selon Lahlou. L’amélioration du modèle d’orientation est également décisive, pour accompagner les élèves dans le choix de leurs cursus universitaires.

                                                                      

■ Comment relancer l’économie

automobile-04.jpg

Le constat est largement partagé: le niveau de croissance actuel au Maroc ne permet pas la création de suffisamment d’emplois pour résorber la demande exprimée dans ce sens. C’est l’un des principaux dysfonctionnements pointés par Mohamed Fikrat, membre de la CSMD. S’y ajoutent des défaillances qui plombent encore l’environnement des affaires. Pour Fikrat, l’économie marocaine souffre également d’un problème lié à la faible présence du secteur privé national en matière d’investissement. «Le privé au Maroc préfère encore investir dans des activités de rente, garantissant une rentabilité rapide», a-t-il déploré. Aujourd’hui, l’objectif du nouveau modèle est de favoriser le développement d’une économie performante et durable, à même de créer des opportunités d’emploi et une valeur ajoutée pérenne. Cela passe, selon Fikrat, par la mobilisation de mécanismes d’appui aux activités participant à la transformation structurelle de l’économie nationale. Dans ce sens, il a plaidé pour le renforcement du rôle régalien de l’Etat, qui a été rétabli lors de la crise de la Covid-19. S’y ajoutent d’autres mécanismes, comme la lutte contre la culture de la rente, la simplification des procédures…

M.A.M.

 

 

 

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc