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Déconfiner les régions saines d’abord!: Un chercheur d’Oujda l’avait modélisé…

Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5780 Le 11/06/2020 | Partager
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«Le déconfinement national qui impliquerait R0<1 ne peut se faire qu’à long terme. Ce qui assènerait un coup de massue aux régions dont les économies ont été fragilisées par les 80 jours de confinement», indique Driss Driouchi, professeur de l’enseignement supérieur en statistique au laboratoire de modélisation stochastique et déterministe de l’Université Mohammed Premier d’Oujda (Ph. Driouchi)

Professeur universitaire, Driss Driouchi avait simulé pour les lecteurs de L’Economiste les scénarios du déconfinement en se basant sur des modèles statistiques  (voir notre édition n°5775 du 4 juin 2020). Ses conclusions rejoignent fortement la feuille de route que vient de déployer le gouvernement. Nous rééditons cet article pour l’occasion.

Tout le monde retient son souffle pour le 10 juin, date de levée de l’état d’urgence sanitaire. Les scénarios de déconfinement sont multiples mais aucune décision n’est prise pour le moment. Un test grandeur nature pour tous les pays du monde qui se sont confinés, et qui adaptent leur plan de déconfinement au fur et à mesure des indicateurs.

Le Maroc s’oriente-t-il vers un déconfinement d’abord par régions ou provinces, ou bien celui-ci sera-t-il généralisé? En tout cas, depuis l’Aïd, certains secteurs économiques et départements ministériels ont invité leurs salariés à reprendre le travail, avec toutes les mesures de sécurité nécessaires à une reprise et qui ont été mises en place. 

Une chose est sûre, comme le laissait entendre le chef du gouvernement lors de son intervention au Parlement, le déconfinement sera progressif et prendra en compte les écarts de contamination entre régions. C’est d’ailleurs, le fait que plusieurs régions soient en fin d’épisode épidémique depuis plus d’un mois, qui a encouragé chercheurs et universitaires à proposer des scénarios de déconfinement, afin d’aider les décideurs à choisir les meilleures options.

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Le Pr Driss Driouchi propose une vision basée sur la lecture des chiffres issus du ministère de la santé axés essentiellement sur le R0 (le facteur déterminant pour le déconfinement) (Ph. Jarfi)

Parmi eux, Driss Driouchi, professeur de l’enseignement supérieur en statistique au laboratoire de modélisation stochastique et déterministe de l’Université Mohammed Premier d’Oujda qui apporte sa pierre à l’édifice. Il propose une vision basée sur la lecture des chiffres issus du ministère de la santé axés essentiellement sur le R0 (le facteur déterminant pour le déconfinement).

Le professeur explique ainsi que les modèles mathématiques déterministes et statistiques probabilistes sont en mesure d’apporter des réponses pour comprendre la propagation de cette pandémie, et la façon de diminuer sa gravité. Les statistiques fournies par le ministère de la santé et la loi des grands nombres sont en mesure de proposer un plan de sortie de confinement.

En l’absence de vaccin pour stopper la pandémie, les scénarios de sortie misent sur la valeur R0. Un taux de reproduction qui mesure le nombre de personnes qu’un malade peut contaminer en moyenne durant toute sa période contagieuse. Il représente également le paramètre le plus pertinent, selon le chercheur, pour donner une indication claire et certaine pour se déconfiner. Or, ce fameux R0 est mesuré d’une façon nationale. Et c’est là où le bât blesse: «Comment traiter toutes les régions sur un pied d’égalité alors qu’elles ne subissent pas l’épidémie de la même manière?», s’interroge-t-il.  

Le déconfinement national qui impliquerait R0<1 ne peut se faire qu’à long terme. Ce qui porterait préjudice aux régions qui s’en sortent et assènerait un coup de massue à leurs économies fragilisées par les 80 jours de confinement.

Le professeur Driouchi préconise de commencer par les régions qui ont eu dans la totalité de leurs provinces un R0=0. Ainsi, il serait judicieux, selon lui, de déconfiner dans l’ordre les régions de Laâyoune Sakia Alhamra, Guelmim Oued Noun, Souss Massa Drâa, l’Oriental et Béni Mellal Khénifra.

Dans la région Laâyoune Sakia Alhamra, l’idéal serait de commencer par un déconfinement général des villes de Laayoune, Smara et Tarfaya, qui ont un R0 = 0 et dans lesquelles aucun cas de contamination n’a été enregistré depuis le 2 mars dernier. Suivrait dans une seconde phase la ville de Boujdour (RO = 0-0,7)

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Les individus de la Population P2 sont non infectés, et doivent être déconfinés, tandis que ceux de la population P1 sont infectés et doivent rester confinés. La circulation entre P1 et P2 est interdite sauf pour les cas urgents et avec des conditions (masques, hygiène, barrières, distanciation, etc.)

Quant aux régions avec un R0>0,7,  le déconfinement sera également progressif et concernera les villes et provinces de cette même région qui enregistrent un RO=0. Cela pourrait être le cas, par exemple, de Sidi Bennour au niveau de la région Casablanca-Settat, de Youssoufia dans la région Marrakech-Safi, Ouezzane, Fahs-Anjra, Mdiq, Chefchaouen (région Tanger-Tétouan-Al Hoceima), Boulemane (Fès-Meknès) et Sidi Kacem (Rabat-Salé-Kénitra).

Selon le professeur Driouchi, cette approche est basée sur les aspects théoriques en statistiques, appliquée en situations similaires, elle se veut opérationnelle avant la date du 10 juin notamment pour les régions avec un RO= 0. «Notre pays a franchi des avancées considérables dans la lutte contre le covid-19, aussi est-il en mesure de franchir le dernier pas», argumente Driouchi, pour qui l’hypothèse d’une deuxième vague reste peu probable.

Pour lui, le déconfinement est, en définitive, une décision à prendre en tenant compte de deux contraintes: la santé du citoyen et celle de l’économie.

Ali KHARROUBI

 

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