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Envois de fonds des migrants: La région Mena dans l’oeil du cyclone

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5757 Le 08/05/2020 | Partager
Les transferts d’argent devraient chuter d’environ 20% cette année
Fléchissement des salaires et de l’emploi des travailleurs

PLOMBÉS par la crise économique induite par la pandémie de Covid-19 et les mesures de confinement, les envois de fonds des migrants dans le monde devraient chuter d’environ 20% en 2020. «Ce déclin est à imputer largement à un fléchissement des salaires et de l’emploi des travailleurs migrants, souvent particulièrement exposés aux pertes de revenu et d’emploi en cas de crise économique dans leur pays d’accueil», avait indiqué la Banque mondiale dans une récente publication.

Les envois de fonds devraient chuter dans toutes les régions avec un recul particulièrement marqué en Europe et en Asie centrale (27,5%), devant l’Afrique subsaharienne (23,1%), l’Asie du Sud (22,1%), l’Amérique latine et les Caraïbes (19,3%) ainsi que l’Asie de l’Est et le Pacifique (13%). En ce qui concerne, les transferts d’argent vers le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, ils devraient chuter de 19,6% cette année, pour atteindre 47 milliards de dollars, après la hausse de 2,6% enregistrée en 2019. Ce repli anticipé est autant dû au ralentissement de l’économie mondiale qu’à l’impact de la baisse des prix du pétrole dans les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Les envois de fonds depuis les pays de la zone euro devraient également être pénalisés par le ralentissement préalable à la pandémie et la dépréciation de leur monnaie par rapport au dollar américain. Cela affecterait particulièrement le Maroc et la Tunisie (dont les envois de fonds devraient diminuer d’environ 17 à 18%). Ainsi, les envois de fonds des Marocains vivant à l’étranger se sont élevés à 6,7 milliards de dollars en 2019, soit l’équivalent de 5,6% du PIB du Royaume. En comparaison, la Tunisie et l’Algérie ont reçu respectivement 1,9 milliard de dollars et 1,8 milliard sur la même période. L’Egypte est en tête des pays récepteurs de transferts d’argent avec 26,8 milliards de dollars (soit environ 8,9% du PIB en 2019).
En 2021, les remises migratoires vers la région devraient se rétablir mais à un rythme plus faible, d’environ 1,6%. Et ce, sous l’effet de la croissance modeste anticipée dans la zone euro et de l’affaiblissement des transferts provenant des pays du CCG.
En ce qui concerne, les coûts des transferts, le tarif moyen pour l’envoi de 200 dollars vers la région ressort à 7%, pratiquement identique au taux de l’année précédente. Les écarts d’un couloir à l’autre sont très importants: les opérations provenant des pays de l’OCDE à revenu élevé vers le Liban continuent de dépasser la barre des 10%. Les envois depuis les pays du CCG vers l’Egypte et la Jordanie peuvent atteindre entre 3 et 5% selon les couloirs. Avec l’atténuation de la crise en Syrie, le coût des transferts depuis l’Arabie saoudite a fortement diminué.

Une reprise mondiale en 2021?

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POUR 2021, la Banque mondiale table sur un redressement des transferts d’argent, pour atteindre 470 milliards de dollars, soit une progression de 5,6%. Faute d’éléments précis pour mesurer l’impact de la pandémie de Covid-19 sur les perspectives de la croissance mondiale et des mesures prises pour enrayer la propagation du virus, l’évolution des envois de fonds est difficile à anticiper. D’habitude, ces flux ont tendance à être contracycliques, les travailleurs émigrés envoyant davantage d’argent en période de crise et de difficultés chez eux. Mais cette fois-ci, parce qu’elle touche toute la planète, la pandémie crée des incertitudes supplémentaires. A l’échelle mondiale, le coût moyen d’un transfert de 200 dollars reste élevé, à 6,8% au premier trimestre de 2020, soit à peine moins qu’un an auparavant. L’Afrique subsaharienne continue d’être la région la plus chère, avec un coût moyen d’environ 9%, alors que les migrants intrarégionaux constituent les deux tiers de toutes les migrations internationales en provenance de la région.

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