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Economie

Les héros du nettoyage!

Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5742 Le 16/04/2020 | Partager
Des métiers à haut risque comme la propreté, le nettoiement, la désinfection ...
Des agents constamment sur le terrain, bravant le danger

Fidèles au poste de travail malgré la crainte du virus. Confinement  ou pas, éboueurs, femmes de ménage, agents de maintenance, de désinfection, chauffeurs de bus ou de tram, agents de sécurité, caissières... sont en 1re ligne en cette période de crise sanitaire. Constamment sur le terrain, ils ne peuvent travailler à distance comme c’est le cas dans d’autres secteurs. Beaucoup d’entre eux risquent leur vie, empruntent les transports en commun chaque jour pour rejoindre leur poste.

Certes, le corps médical est le plus exposé, mais il n’en reste pas moins que d’autres soldats de l’ombre le sont autant. Voici quelques portraits pour rendre hommage à leurs professions et à leur engagement.

■ Les agents de désinfection sur tous les fronts

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Désinfecter les lieux de résidence des cas déclarés porteurs du coronavirus. C’est le métier à haut risque qu’exerce Adil.K, agent au sein de la toute nouvelle Division action hygiène et salubrité (DASH), relevant de la SDL Casa Baia. Outre son travail quotidien de désinfection/dératisation, cet agent est mobilisé 24h/24 pour traiter les lieux de vie des malades. Son périmètre d’intervention: Sidi Moumen, Anassi, Al Azhar, Attacharouk ... Sachant qu’en moyenne, une vingtaine de cas sont déclarés sur Casablanca. Les agents de la DASH sont accompagnés par les représentants de l’autorité locale (Caïd, Moqaddem, forces auxiliaires...). «Dès qu’un cas est suspecté dans ces quartiers, nous intervenons juste après l’évacuation du ou des malades», témoigne Adil.K, qui a intégré la Dash il y a un an. Leur mission: désinfecter tous les endroits susceptibles d’être en contact direct avec les malades (escaliers, ascenseurs, poignées de portes, garage, voitures...). «Nous allons au-delà du lieu de résidence pour désinfecter aussi le périmètre aux alentours comme la rue, les immeubles avoisinants, l’épicier du coin...», souligne-t-il. Bien évidemment, sa charge de travail a considérablement augmenté avec l’épidémie. «Nous n’avons pas d’horaires, dès qu’un cas est détecté nous devons nous déplacer à n’importe quelle heure, jour et nuit», assure cet agent, qui a dû s’isoler loin des membres de sa famille (dont sa femme, ses parents et ses 3 enfants), pour leur éviter tout risque de contamination. Les règles d’hygiène et de sécurité sont toutefois très strictes. La tenue utilisée pour chaque opération doit être immédiatement désinfectée et incinérée. Mais au-delà du risque sanitaire, l’impact psychique est non négligeable. «C’est dur de devoir emmener chaque jour des familles entières au milieu de pleurs et de cris d’enfants», déplore Adil.K

■  Arrêtez de jeter gants et masques dans la rue!

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Badr.D est agent de nettoiement chez Derichebourg, opérant sur le quartier de l’Oasis/bd Abdelmoumen. Ce jeune de 23 ans doit faire chaque matin le trajet de son lieu d’habitation (Sbata) pour rejoindre son poste à 7h tapante. «Certes, il y a aujourd’hui moins de monde, donc moins de déchets dans les rues, mais les gens devraient aussi penser à nous, en mettant les ordures dans les poubelles, au lieu de les jeter d’importe où!», déplore Badr. En effet, il doit chaque jour non seulement ramasser les déchets qui jonchent les rues, mais aussi masques, gants et mouchoirs en papier. «Cela représente un risque énorme pour nous», se plaint-il. Et bien qu’il soit équipé de gants et masques, le risque de contamination est non négligeable. Outre le nettoiement, Badr est aujourd’hui investi d’une autre mission : la désinfection, notamment des administrations publiques, marchés...
 
■ La double corvée de ménage

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Sa journée démarre à 6h45 pour rejoindre son poste en entreprise à 8h tapante. «Chaque jour, je prends le bus de la ligne 7 qui est souvent bondé en heure de pointe», témoigne Fatima.B, technicienne de surface dans une entreprise de la place. Elle doit effectuer chaque jour un long trajet de Hay Al Mostaqbal (Sidi Maârouf) pour arriver au centre-ville. Bravant le risque tous les matins, elle travaille 8 heures par jour. «Ma charge de travail a augmenté avec le risque sanitaire» poursuit-elle. Outre ses tâches de ménage habituelles, elle doit désinfecter poignées de portes, ascenseur, et rampes d’escaliers plusieurs fois par jour. S’y ajoute le nettoyage des bureaux, des toilettes, les corbeilles... avec tout ce qui s’ensuit en terme de risque sanitaire. Au bout de 8 heures de travail, Fatima.B doit refaire le voyage de retour chez elle (1h30) où l’attendent d’autres corvées. «Je dois préparer du pain maison et un repas pour mon mari et mon fils de 28 ans confinés à la maison», dit-elle. Elle doit parfois intervenir pour calmer les disputes entre père et fils, dont les nerfs sont à bout à force de cohabiter dans un espace exigu, un appartement économique de 50 m2.

■ Comment le risque sanitaire affecte le trafic du tram

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Taoufiq.A est régulateur de trafic chez RATP Dev. Il doit veiller à l’adaptation de l’offre transport en fonction des aléas matériel et humains. En cette période de risque sanitaire, il lui arrive souvent d’immobiliser des rames en stations suite au dépassement de nombre des voyageurs autorisé (100 personnes maximum par rame). «Certains voyageurs refusent de descendre et d’attendre la rame suivante alors que l’intervalle est seulement de 8 min en heures de pointe, qui avec le retard accumulé, se réduit à 4 ou 5 mn seulement», affirme Taoufiq. Heureusement, que les éléments de la brigade de police du tramway sont là pour prêter main forte.  Autre élément perturbant: la désinfection des rames à chaque fois qu’elles arrivent à un terminus. Ces interventions peuvent parfois prendre plus de temps que prévu et avoir un impact sur la régularité du trafic. «Mais je préfère sacrifier un peu la régularité des départs des rames pour que les voyageurs soient transportés dans des conditions d’hygiène optimales», assure-t-il. Ce travail de régulation s’effectue par roulement: matin (06h00-14h00), après-midi (14h00-22h00) et nuit (22h00-06h00).

■ Tramway: Le chef de zone veille au respect des règles d’hygiène

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Avec cette crise, beaucoup de choses ont changé dans le quotidien de Zakaria.L, chef de zone et ex-conducteur de tram. C’est à lui qu’incombe la tâche de superviser les agents de stations et contrôleurs tout en respectant les règles d’hygiène et de sécurité. «Il fallait que je sois encore plus proche d’eux afin de les rassurer par rapport au Covid-19, à la façon dont il se transmettait et par rapport à toutes les mesures mises en place par l’entreprise pour lutter contre ce virus: désinfection des rames, désinfection des équipements en stations...», témoigne-t-il. Il a également un rôle important à jouer en termes de logistique: distribution et réapprovisionnement des gants, des masques et du gel hydro-alcoolique.

Aziza EL AFFAS

 

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