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Economie

Transport aérien: L’activité compromise jusqu’à fin 2020!

Par Amin RBOUB | Edition N°:5741 Le 15/04/2020 | Partager
Les low-cost condamnées à disparaître
L’industrie aéronautique Made in Morocco sera lourde­ment affectée
Il faudra «10 ans pour retrou­ver la trajectoire d’avant la crise»
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Les flottes de la quasi totalité des compagnies sont complètement clouées au sol depuis un mois. Une soixantaine d’appareils de RAM sont immobilisés avec pratiquement l’ensemble du personnel navigant (pilotes, chefs de cabine, hôtesses, stewards...) en congé.

Au moment où les flottes de la quasi-totalité des compagnies sont clouées au sol, des dirigeants redoutent le pire et écartent les sce­narii de reprise de l’aérien en 2020. Pour Ben Smith, patron d’Air France-KLM, il faudra deux ans pour reve­nir à une situation normale similaire à celle de 2019. Autre scénario plus nuancé et optimiste, avancé par le DG Ben Smith: «L’activité en juin devrait repartir avec seulement 20% de la ca­pacité globale».

A partir du mois de juillet, le patron d’Air France KLM compte remettre en service 40% de l’offre en sièges puis 60% en août, avant d’atteindre 75% au quatrième trimestre... au meilleur des cas. De l’avis d’analystes, il s’agit là d’un scénario des plus optimistes, puisque les estimations sur la saison estivale pèchent par excès d’optimisme. La logique voudrait que les passagers ré­duisent leurs déplacements par avion après la sortie de crise Covid-19.

L’ef­fet traumatisant du confinement plai­derait aussi pour le réflexe d’épargne des ménages afin d’éviter tout risque viral ou épidémiologique en 2021. Du coup, du côté des ménages, le pre­mier budget qui saute cet été, voire au-delà, sera indéniablement celui du voyage à l’étranger et de séjours oné­reux dans des hôtels classés. Selon des experts dans l’aérien, «il faudra des mois avant que les restrictions mondiales sur les voyages soient complètement levées... Mais il fau­dra des années avant que la demande mondiale ne revienne aux niveaux d’avant-crise».

Fort heureusement, cette situation de blocage psychologique induite par la crise ne pourra durer indéfiniment. Le retour à la normale s’imposera inéluctablement. Ceci dit, si reprise il y aura, elle sera aussi difficile que la crise, admettent les patrons dans l’aé­rien. Ben Smith, le DG d’Air France-KLM, prévoit une «reprise lente et progressive».

En attendant le retour à la situa­tion normale, les compagnies perdent beaucoup d’argent. Pour le cas d’Air France, les pertes sont estimées à 25 millions d’euros par jour en raison de l’absence de recettes liées au transport aérien. D’autres analystes estiment les pertes à plus de 600 millions d’eu­ros par mois chez Air France.

Chez Lufthansa, l’effet Covid-19 se traduit déjà par des réductions de capacités à Frankfurt et Munich, la fermeture de la filiale low cost Germanwings ainsi que de nouvelles mesures sur les emplois. Des mesures qui affecteront «presque toutes les opérations de vol du groupe Lufthansa».

De l’avis de cabinets d’experts, l’avenir de l’avion est plus que menacé par la crise liée au coronavirus. Le manque à gagner des compagnies se monte déjà à plus de 250 milliards de dollars, et la moi­tié d’entre elles pourrait disparaître d’ici juin prochain.

Selon une étude récente du cabinet conseil Archery, les experts estiment à trois ans le temps nécessaire pour retrouver le ni­veau de trafic de 2019, voire «10 ans pour retrouver la trajectoire d’avant la crise Covid». Entre-temps, les grandes compagnies n’auront d’autres choix que de licencier et arrêter les acquisitions de nouveaux appareils.

«La baisse du trafic aérien devra lour­dement impacter la demande d’avions entre 40 et 60 % sur les cinq années à venir par rapport à la production réalisée en 2018, soit entre 3.000 et 5.000 livraisons d’avions contre 8.000 en 2018 », précise une étude du cabinet Archery.

En clair, il y aura de la casse chez les constructeurs Airbus, Boeing, Bombardier... L’effet domino se traduira aussi par un coup de massue sur la sous-traitance aéro­nautique notamment dans des pays comme le Maroc (écosystèmes Air­bus (Stelia), Boeing...) Désormais, la tendance est à la réduction de la voilure et aux relocalisations tous azi­muts. Car les notions même de mon­dialisation, de sourcing et des flux sont aujourd’hui remises en question.

«L’économie mondiale est boulever­sée avec sans aucun doute des reloca­lisations en masse vers les pays don­neurs d’ordres dans des secteurs clés comme l’aéronautique, l’automobile, les médicaments…», analyse Ham­mad Kassal, économiste et ancien vice-président de la CGEM.

L’Afrique aussi…

Au niveau du continent africain, les grandes compagnies sont forcément les plus impactées. C’est le cas notamment d’Ethiopian. Pour la compagnie numéro 1 du continent noir, les pertes sont estimées à... un demi-milliard de dollars! C’est en effet le montant qu’affirme avoir perdu Ethiopian Airlines depuis le début de la pandémie. Selon Tewolde Gebremariam, patron de la compagnie: «A l’heure où nous parlons, Ethiopian Airlines a perdu 550 millions de dollars de revenus (509 millions d’euros), le mois d’avril com­pris». Si les compagnies aériennes africaines ne reçoivent pas de soutien, «elles vont se retrouver en situation d’insolvabilité d’ici fin juin», annonce Abderrahmane Berthé, SG de l’Afraa (Association des compagnies aériennes africaines). D’autant plus que la majori­té des compagnies du continent avaient des difficultés financières et des taux élevés d’endettement bien avant la crise Covid-19.

RAM: Une soixantaine d’appareils cloués au sol

Chez Royal Air Maroc, curieusement aucun chiffre n’a encore été communiqué ce mois d’avril sur l’impact de la crise sur l’activité. Pour l’heure, une soixantaine d’appareils sont cloués au sol depuis pratiquement un mois. Plus encore, depuis le confinement au Maroc, pratiquement tout le personnel navigant (pilotes, chefs de cabine, hôtesses, stewards...) ont 70 jours de congés... Exceptionnellement, seuls quelques pilotes Cargo assurent encore des vols sur Pékin pour fournir les hôpitaux publics en équipements et matériel médical.
Une chose est sûre, en l’absence d’aides financières de l’Etat, la trésorerie de la compagnie ne permettra pas de payer les salaires de ce mois-ci aux 3.420 salariés et autres 4.000 collaborateurs des filiales (handling, catering, maintenance, call center...).

Amin RBOUB

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