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Enquête L’Economiste-Sunergia: La crise rend plus urgent le nouveau modèle

Par Nadia SALAH | Edition N°:5740 Le 14/04/2020 | Partager
Elle accroît les différences de perceptions entre classes de revenus
Autant les Marocains font bloc sur les autres questions, autant ils divergent sur les impacts
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71% disent que la crise a des conséquences, grandes ou un peu moins grandes. Autrement dit tout le monde est touché. 29%, soit à peine plus d’une personne sur quatre affirme qu’elle n’est pas touchée ou alors assez peu.
La pire des situations est celle de gens qui gagnent moins de 2.000 DH. Les plus confiants sont des jeunes de moins de 18 ans : 15% estiment que l’impact sur eux est important quand 46% ne voient pas de conséquence (15%) ou si peu (31%) !

Dans l’ordre, ceux qui gagnent moins de 2.000 DH par mois, les hommes ex-aequo avec les jeunes adultes de moins de 24 ans, les célibataires, ceux qui ont des en­fants… ont des craintes supérieures, voire très supérieures à la moyenne.

Notons que l’enquête a été conduite à partir des smartphones. Sunergia recommande donc de tenir compte du fait que les gens les plus pauvres, comme les ruraux, sont probablement un peu sous-repré­sentés. L’enquête ne peut pas dire non plus comment les membres de ce gros échantillon gagnent leur vie.

Néanmoins, les répondants qui ont un petit revenu, moins de 2.000 DH, l’avenir est très inquié­tant. 70% d’entre eux disent que la crise sanitaire à un gros impact sur eux. Si leurs prévisions sont exactes, alors des années de progrès social risquent d’être effacées par ce virus diabolique.

En effet, ces personnes sont pauvres. Néanmoins progressive­ment une partie d’entre eux pou­vaient nourrir l’espoir de passer dans le bas de la classe moyenne. Ce phénomène s’est déroulé sans bruit, tout au long de ces 20 der­nières années. Il ajoute bout à bout toutes les possibilités de créer une activité qui à son tour créera un revenu. Le Maroc est exemplaire sur ce chapitre, mais il ne le sait pas lui-même!

Le défi des revenus

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Sur l’ensemble de l’enquête, le critère qui différencie vraiment les Marocains entre eux, c’est l’impact de la crise par rapport à leurs revenus. L’écart est pratiquement à front renversé : ce qui dit bien l’ampleur des différences. Il y a là un enjeu politico-social de première importance.

Le virus pourrait jeter à bas cette patiente construction. Dans l’ur­gence, l’essentiel est naturellement de distribuer des dotations, sachant qu’elles ne sont pas très extensibles: le Maroc s’étant comporté de ma­nière dépensière depuis une dizaine d’années.

Pourtant, rapidement, il faudra trouver une solution pour un double problème: fabriquer du PIB à tour de bras pour remettre les familles à l’abri, et le redistribuer honnêtement pour ne pas envenimer les tensions sociales ou politiques.

Le graphique à front renversé, décrivant les inquiétudes selon le ni­veau de revenu, est porteur de défis, comme le Maroc en a rarement eu. Si l’on considère les autres réponses de cette enquête, la stratégie ne sera pas qu’une question d’argent. Le virus donne un relief particulier au «Nou­veau modèle».

Les régions ne présentent pas de telles différences d’opinion. On peut identifier aux deux bouts, celles qui vivent du tourisme et celles qui vivent surtout de l’agriculture. Pour­rait-on dire alors que la région serait une bonne interface entre les gens et les programmes de soutien? Peut-être que oui, peut-être que non. Le tissu social est plus compliqué que cela.

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D’une région à l’autre, il n’y a pas de grandes différences d’appréciation des impacts de la crise. Plus la région est agricole, moins ses habitants sont inquiets même si l’inquiétude fait des hauts scores partout; plus elle est touristique, plus la région est en alarme. Le cas des zones sud est un peu particulier: elles reçoivent plus d’aides publiques au développement.

N.S.

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