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Economie

Université Euromed de Fès «Créer une task force de l’innovation pour le futur»

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5738 Le 10/04/2020 | Partager
L’UEMF propose de mettre en place un comité scientifique pour répondre aux défis
Masques, visières, filtres… Certains de ces projets déjà à l’étape industrielle
E-learning: Plusieurs techno­logies digitales opérationnelles depuis longtemps
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«Notre pays et l’humanité entière traversent des moments difficiles avec un avenir incertain. Nous devons tous travailler, nous entraider et aider notre pays pour faire face à cette crise…En tout cas, le Maroc a été parmi les premiers pays à prendre des initiatives proactives, sages et justes», indique Bousmina (Ph YSA)

L’Université Euromed de Fès n’aime pas trop communiquer surtout en temps de crise. Mais elle consent à une interview exclu­sive avec L’Economiste. Dans cet entretien (téléphonique), son pré­sident Mostapha Bousmina livre sa recette pour assurer la continuité pédagogique, la recherche, la mo­bilisation… «Nous préférons nous consacrer à un travail de fond et rigoureux, sans tambours ni trou­badours, car dans les circonstances, l’heure n’est pas à la communica­tion, mais plutôt au travail sérieux répondant à l’intérêt général», confie-t-il. Décryptage.

- L’Economiste: Comment l’UEMF assure-t-elle la continui­té pédagogique pendant cette pé­riode de crise? Et quid des cours à distance via les technologies numériques?
- Mostapha Bousmina:
J’aime­rais d’abord féliciter nos ministres en charge de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur, pour avoir mis en place un dispo­sitif diversifié de l’enseignement à distance. Notre université a déployé les technologies numériques depuis plusieurs années et il était très fa­cile pour nous de passer du mode présentiel au mode d’enseignement à distance. À l’exception des tra­vaux pratiques, presque la totalité de nos cours et travaux dirigés sont assurés à distance en utilisant plu­sieurs technologies digitales avec une grande satisfaction aussi bien des professeurs que des étudiants.

- Plusieurs universités com­muniquent sur leurs projets de protection contre le Covid-19. Quelles sont les initiatives lancées par l’UEMF?
- J’aimerais d’abord exprimer ma gratitude à notre corps médi­cal, au ministre de la Santé et son équipe, à nos forces de l’ordre, au CHU, la wilaya et le Conseil de la région qui sont en première ligne de front et qui font un tra­vail exceptionnel. Un grand bravo également à toutes les initiatives menées par les différentes univer­sités, institutions de recherche et compagnies privées pour venir en aide au pays. De son côté, l’UEMF a fabriqué des visières, qui sont d’ailleurs très simple à confection­ner et qui peuvent être produites à la chaîne par l’industrie nationale, jusqu’à des dizaines de milliers par jour. Nous avons aussi élaboré et fabriqué des masques lavables et réutilisables avec des filtres jetables en collaboration avec la CGEM Fès-Taza. Ces masques sont entière­ment conçus par CAO par nos équipes. Nous avons aussi testé la sécurité de nos filtres. Certains filtres hybrides que nous avons conçus et fabriqués ont passé avec succès les tests de validation, mais at­tendent l’homologation des institutions respon­sables de ce volet.
Parmi nos projets également, la concep­tion de coudes avec plusieurs connexions pour les respirateurs et cela grâce à nos équi­pements (35 machines d’impression 3D). Nos ingénieurs et chercheurs sont capables d’imaginer plusieurs dispositifs et répondre aux diffé­rentes demandes pour contribuer à l’effort national de résilience et de combat contre la pandémie.

- Quelle est votre capacité de production de masques et de filtres par semaine?
- Pour les masques fabriqués par impression 3D, nous pouvons pro­duire un peu plus de 1.000 par se­maine et donc entre 4.000 et 5.000 par mois. Nous sommes en train de changer le design pour pouvoir doubler la capacité de production. Je précise que ces masques sont en plastique et ils sont donc lavables, et peuvent aussi être mis dans des fours réglés à 40-50 degrés et être réutilisés. Les filtres sont en revanche jetables et nous pouvons produire en collaboration avec la compagnie Textile Harmony Group de Fès plusieurs milliers par jour.

-Vous êtes resté discret sur toutes ces initiatives et ces tra­vaux…!
- Le plus important reste l’inté­rêt national que nous devons ac­compagner. Nous avons besoin de travailler ensemble et conjuguer nos efforts pour constituer une Task force capable de répondre aux défis du moment et de consti­tuer un noyau d’innovation pour le futur. C’est ce que le ministère en charge de l’enseignement supérieur et le ministère de l’industrie sont en train de faire et c’est une très bonne chose.

- Quelles conclusions vous ins­pire cette crise et quelles pers­pectives pour le volet innovation au Maroc?
- Il y a plusieurs scénarios allant des plus pessimistes aux plus opti­mistes à l’échelle mondiale, mais restons concentrés sur le volet innovation au Maroc. C’est dans les moments de crise, que les inno­vations émergent et s’expriment et le Maroc ne fait pas exception. J’ai la certitude que l’on en sortira grandis et décomplexés en matière d’innovation. Le Maroc se renfor­cera également et certainement en matière de gouvernance, de méca­nismes de gestion des risques, d’in­clusion et de solidarité nationale. D’ailleurs, le Souverain avait, bien avant cette crise, appelé à un nou­veau modèle de développement qui met l’humain au centre des poli­tiques publiques. Je suis personnel­lement convaincu que ce modèle de développement sera révisé à l’aune des leçons qu’on aura tiré de cette pandémie. Tout cela sup­pose évidemment une projection optimiste et une sortie de crise le plus rapidement possible, mais il faut parer à toutes les éventuali­tés. Agissons avec calme, discer­nement et responsabilité et faisons appel à une solidarité nationale et une cohésion sociale encore plus importantes.

Un million de DH versé au fonds spécial?

Quelques jours à peine après l’annonce de la création du fonds dédié à la gestion du Covid-19, «tous les membres de notre Université, équipe présidentielle, doyens, directeurs, professeurs et personnel administratif et de soutien ont adhéré à l’initiative et ont contribué, sur une base volontaire, avec la totalité ou une partie de leur salaire mensuel personnel», affirme Bousmina. Si certains parlent d’un versement de plus d’un million de DH, Bous­mina garde la contribution de l’UEMF confidentielle.

Propos recueillis par Youness SAAD ALAMI

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