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Marcel Botbol, une partie de la mémoire judéo-marocaine disparaît

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5733 Le 03/04/2020 | Partager
Le musicien emporté par le Covid-19 à l’âge de 75 ans
Une famille d’artistes illustres
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Violoniste de talent, Marcel Botbol jonglait avec brio entre gharnati, chgouri, chaabi ou marsawi (Ph. Dr)

Le Maroc perd un de ses grands artistes dépositaires de l’héritage musi­cal judéo-marocain. Marcel Botbol, est décédé des suites du Covid-19, le 1er avril, à l’hôpital Bichat, à Paris, où il était en réanimation depuis une semaine.

«Marcel Botbol était parti à Paris pour une fête familiale le 10 mars dernier et avait dû y rester à cause de la ferme­ture des frontières», a indiqué Maurice Elbaz, un proche du défunt. Violoniste de génie, jonglant avec brio entre ghar­nati, chgouri, chaabi ou marsawi, Mar­cel était issu d’une illustre famille de musiciens.

Son père, Jacob Botbol, dirigeait l’un des tout premiers orchestres natio­naux, au lendemain de l’indépendance. Il est en outre le frère du célèbre chan­teur Haim Botbol. Né en 1945 à Fès, l’artiste était établi à Tanger où il tenait un célèbre restaurant-cabaret, Chez Macello, lieu incontournable de la ville du Détroit, faisant revivre les heures de gloire de la musique judéo-marocaine.

Pour le réalisateur Kamal Hachkar, il s’agit de la perte d’un homme «chaleu­reux et un vrai patriote, il avait beau­coup aimé mon film Tinghir-Jérusalem, on s’est revu plusieurs fois, notamment dans son restaurant qui nous rappelait les cabarets d’antan avec une ambiance très années 50, surtout quand c’était lui qui reprenait le répertoire judéo-maro­cain qu’il maîtrisait comme personne».

Pour la musicologue et chercheuse à l’université de Cambridge, Vanessa Paloma, l’image de Marcel reste liée à son histoire avec le Maroc, pays de ses ancêtres. «Je suis arrivé à Tanger avec le programme Fulbright pour faire la recherche sur la musique séfarade en 2007. J’ai rencontré les frères Botbol et très tôt après mon arrivée j’ai fait un concert à la Légation Américaine à Tan­ger avec Marcel».

D’autres projets verront le jour entre Vanessa Paloma, qui interprète égale­ment les chants des femmes judéo-es­pagnoles du nord du Maroc et le mu­sicien.

«Nous avons fait beaucoup de choses ensemble pour la communauté lors des fêtes de Hannouka, nous avons participé à un film italien tourné dans la synagogue Nahon à Tanger et un autre film «the Wandering Muse» sur la mu­sique juive du monde entier, ainsi qu’un concert mémorable au Mégarama. Mar­cel était comme un grand frère, il y avait entre nous beaucoup de sympathie, beaucoup de mu­sique…», confie Paloma.

Marcel Botbol a éga­lement fait une incursion dans le cinéma maro­cain avec un rôle taillé sur mesure pour lui par le réalisateur Jé­rôme Cohen-Oli­var, dans le film «L’Orchestre de Minuit» (2005), dans lequel le chanteur défunt campe quasi­ment son propre personnage.

A. Bo.

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