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Culture

Ali Najab, 9125 jours dans les geôles du Polisario

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5668 Le 03/01/2020 | Partager
Un livre, un témoignage poi­gnant
Un hommage aux 2400 pri­sonniers de guerre marocains
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Ce sont 25 années d’une expérience douloureuse de prisonnier de guerre que l’auteur, le capitaine Ali Najab tente de nous raconter dans son dernier livre 25 ans dans les geôles de Tindouf, les mémoires d’un prisonnier de guerre, édité par la Croisée des chemins.

Plus de 9125 jours de souffrances, de tortures et d’humilia­tions de la part du Polisario sous les yeux indifférents d’officiers des services de sé­curité militaires algériens, dans les camps de Tindouf, quartier général du Polisario situé en territoire algérien. Témoignage émouvant d’un héros ordinaire, qui met la patrie au-dessus de toute autre consi­dération.

Un devoir de mémoire et un hommage aux 2400 prisonniers de guerre marocains qui ont subi durant un quart de siècle, un vrai calvaire dans l’indifférence totale des instances internationales et des ONG des droits de l’Homme. Depuis son enfance et ses premiers pas à Maghraoua tout près de Bou Iblan, au coeur du Moyen Atlas, jusqu’à son engagement dans l’ar­mée de l’air en 1965 et ses formations au Maroc, à San Antonio au Texas aux USA, à l’école de l’air de Salon-de-Provence, au centre d’instruction de la chasse de Tours en France puis en Iran, l’auteur relate ses périples, ses souffrances et ses moments d’espoir.

Affecté dans les provinces du Sud comme pilote de chasse, Ali Najab devient vite chef de détachement d’une escadrille d’avions F-5 et chef des moyens opérationnels de la base de Laâyoune. Le 10 septembre 1978, le pilote émérite, en mission de reconnaissance près de Smara, est la cible d’un missile ennemi, qui le  contraint de s’éjecter de son appareil. Capturé par l’ennemi, le capitaine Ali Najab ne sait pas que son calvaire va durer un quart de siècle. Ses compa­gnons et lui connaîtront la torture, l’humiliation et toutes sortes de trai­tements inhumains.

Réparti en 21 chapitres, le livre propose au lecteur des épisodes importants, comme l’institutionnalisation de la torture dans les prisons du polisario à Tin­douf et à Boufarik (dans le nord de l’Algérie), l’utilisation des prisonniers dans les programmes de propagande anti-marocaine diffusés à la radio ou devant la presse, ou encore la soumission des prisonniers aux travaux forcés.

Il s’arrête aussi sur la tentative, «soldée par l’échec», d’enrôler dans son armée des prisonniers marocains d’ori­gine sahraouie, ou encore sur une liste des articles des conventions de Genève «op­posables à l’Algérie et au Polisario, largement violées» Extrait de la préface de Jamâa Baida, historien et directeur des Archives du Maroc «Entre “devoir de ré­serve” et “devoir de mémoire’’, Ali Najab a clairement fait son choix. Les pages qu’il consacre à sa carrière militaire avant la captivité révèlent aux lecteurs la noblesse du ‘’métier des armes’’ dont le jargon est souvent peu connu auprès des civils.

L’histoire militaire marocaine est d’ail­leurs encore à écrire. Et au moment où les autorités marocaines ont opté pour un retour du service militaire pour nos jeunes entre dix-huit et vingt-cinq ans, le livre d’Ali Najab, porteur d’une forte charge de patriotisme et de civisme, vient heu­reusement combler, certes partiellement, une lacune dans nos bibliothèques», ob­serve Jamâa Baida, historien et directeur des Archives du Maroc, dans la préface  du livre.

Une méconnaissance qui révolte notre héros ordinaire qui constate que les jeunes Marocains ignorent l’histoire de leur pays, une histoire susceptible de renfor­cer chez eux l’amour de la patrie; il écrit à ce sujet: «Je suis personnelle­ment perturbé quand je rencontre des jeunes qui connaissent l’histoire du FC Barcelone et du Réal de Madrid, mais ne connaissent rien ni du conflit du Sahara ni de l’histoire du Maroc tout court».

Dans son avant propos du livre, l’avocat du barreau de Paris et spécialiste du Sahara, Hubert Seil­lan, met en lumière la notion de liberté, omniprésente chez l’ex-prisonnier. Le capitaine Najab a démontré à ses tortion­naires qu’«on n’encage pas la liberté», écrit Me Seillan. L’homme, souligne-t-il, «est resté debout. (…) Fier de ses forces intérieures. Sa pensée, fluide et limpide, maintenant libérée des scories des souf­frances endurées, lui donne une belle écri­ture, bien structurée».

A.Bo

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