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    Economie

    Nouveau modèle de développement: Les bons messages de Benmoussa

    Par Dr Mohamed BENABID | Edition N°:5651 Le 10/12/2019 | Partager
    Démarche consultative et concertation, mais pas de consensus mou
    Commission: plus qu’une juxtaposition d’expertises
    Modèle de développement: au-delà de l’économique
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    Pour Benmoussa reçu en audience royale à sa nomination le 19 novembre, le soutien du souverain est un signal fort  donné à la Commission spéciale pour le nouveau modèle de développement (Ph. MAP)

    Les premiers pas de Chakib Benmoussa à la tête de la Commission spéciale pour le nouveau modèle de développement étaient tout aussi attendus que sa nomination. L’ancien président du CESE, toujours ambassadeur en France, s’est livré dimanche soir à un débrief avec quelques responsables de journaux dont votre serviteur. Un rituel, assez rare au niveau institutionnel, il faut le dire, du moins en début de mandat, pour ne pas être signalé.

    Même si à ce stade la deuxième sortie médiatique (la première ayant été réservée à L’Economiste pour son édition du vendredi 6 décembre) visait surtout à dresser les grandes lignes et l’approche adoptée, la matière était loin d’être inintéressante. Nouveau modèle de développement... le mot sonne fort et charrie à la fois la résonance des batailles gagnées, mais aussi celle des énormes déficits qui sont largement ressentis au sein de la société marocaine et dans différents domaines.

    La bonne nouvelle, c’est que le modèle marocain n’est pas partout vécu comme étant une incapacité à changer les choses, mais plutôt comme un échec à imprimer un nouveau rythme. La mauvaise, c’est que les insuffisances cumulées handicapent le pays et continuent de conduire à des effets ciseaux où les arbitrages court-termistes et urgents éloignent le pays des réformes à même de le remettre structurellement sur la trajectoire du développement.

    A ce titre, le travail de la Commission sera accueilli avec beaucoup d’attention et vraisemblablement beaucoup trop d’attentes aussi. Un enjeu dont Benmoussa semble conscient. Il plaide pour de l’imagination dans la méthodologie avec une problématique inévitablement posée en termes de système où plusieurs facteurs peuvent interagir de façon complexe.

    Dans un exercice où le tout est plus que la somme des parties, les premières précautions sont d’ores et déjà annoncées comme pour la composition de la commission «qui ne sera pas une simple juxtaposition d’expertise individuelle. Sa valeur ajoutée résidera plutôt dans la cohérence, l’inflexion ainsi que les mécanismes par lesquels des réponses peuvent être apportées sur des sujets importants».

    Deuxième garde-fou, le modus operandi de la Commission évitera le piège de l’expertise internationale importée en mode cabinet-conseil. Laquelle a souvent eu son mot à dire dans la conception des politiques publiques au cours de ces dernières années, avec des recommandations de stratégie de niche localisée spatialement, mais sans véritable déclic pour le décollage industriel et encore moins pour le développement.

    Dans le cahier des charges fixé par le Souverain, il s’agira avant tout de déployer un modèle maroco-marocain. «La Commission n’aura pas à conduire un travail de consulting des modèles existant dans le monde pour les traduire et adapter ensuite au Maroc. Il nous est demandé un travail qui part des réalités marocaines, de capitaliser sur ce qui a été construit, sur les faiblesses identifiées dont certaines ont été pointées du doigt».

    ll s’agira de chercher à comprendre et identifier dans une démarche de concertation (Ndlr: qui n’est pas sans rappeler celle du CESE) l’ensemble des parties prenantes pouvant être interpellées sur la problématique du modèle de développement: syndicats, partis politiques, société civile, entreprises... Le fait d’afficher un statut consultatif n’est pas un handicap pour autant.

    L’un des apports de la commission résidera dans sa capacité à s’inscrire dans des initiatives réalistes, à travers des mécanismes de mise en œuvre et de suivi. D’où l’idée de capitaliser sur des expériences qui donnent déjà des résultats sur le terrain, «mais toujours en plaçant le capital humain au cœur de la démarche et en essayant d’en démultiplier les effets». Dans cette quête de résultats et d’efficacité, le pari est de permettre à tous de se retrouver. Tant ceux qui croient aux vertus des quick wins, c’est-à-dire de solutions simples et rapides à déployer, que ceux qui seraient séduits par les synergies qui découleraient d’effets d’intelligence collective. Sur le plan des radioscopies, la Commission ne compte pas rompre avec l’existant. La «business review» préliminaire s’appuiera sur les différents rapports qui ont été menés jusque-là «même si beaucoup ne s'engagent pas sur le comment».

    La Commission ratisse large dans le contenu des thématiques qui seront abordées. Même si dans le milieu de l’entreprise, le dogme de l’économique, de la croissance et du climat des affaires au cours de ces dernières années a fait de l’ombre à beaucoup d’autres sujets, qui ne sont plus évoqués qu’en termes de crises et d’éventuelles menaces de cohésion au sein de la société marocaine, il s’agira ici de travailler sur un modèle global et intégré.

    Celui-ci doit être en mesure d’apporter des réponses tant sur les sujets de création de valeur et de richesses, d’emploi, l’entrepreneuriat tout comme ceux des systèmes sociaux (santé, éducation, inégalités), de capital immatériel, de gouvernance ou encore de liens culturels ou de valeurs.

    «Tout un ensemble d’éléments qui ne sont pas neutres par rapport aux choix, priorités du modèle que l’on peut construire». Pour ceux qui seraient tentés d’anticiper une touche prospectiviste du futur rapport, ce ne sera en aucun cas sur des horizons lointains «mais plus sur des délais prévisibles de 10 à 15 ans et dans des échéances qui puissent parler aux jeunes».

    Le souci de recherche du consensus est manifeste dans les explications de Benmoussa qui se dit sensible «aux sujets qui s’imposent de manière naturelle, mais cependant avec une certaine vigilance pour ne pas tomber dans le piège d’un consensus mou. Nous ne sommes pas obligés de l’avoir. Au besoin, il est possible de disposer d’un socle commun et d’en partager ensuite la vision en s’appuyant sur ceux qui acceptent de s’inscrire dans la dynamique».

    Comme pour les autres interlocuteurs mobilisés dans la démarche de construction du modèle, les partis politiques seront bien consultés (certaines formations ayant déjà anticipé le débat ont formulé des propositions comme l’Istiqlal ou le PPS). En tout état de cause, les recommandations du rendu de la Commission ne seront pas opposables. Benmoussa nourrit l’espoir que le politique puisse s’approprier le travail, chacun avec son idéologie et sa sensibilité. «Idéalement sur la base d’un référentiel qui pourrait être partagé et les éléments extraits pour participer à une concurrence électorale».

    Le temps, le temps, le temps…

    Le rapport de la Commission doit être rendu en juin prochain. Un délai qui peut paraître ou trop long, au vu des urgences, ou trop court, au vu de la charge de travail. Mais c’est peut-être ici qu’il faudra évaluer les premiers bilans fixés pour le nouveau modèle de développement. C’est-à-dire dans la capacité à négocier le facteur temps, l’un des principaux déterminants des dynamiques de transformations. «La gestion du temps constituera avec la capacité à aborder différemment les sujets un enjeu majeur. C’est en cela que nous allons aussi créer une rupture».

    Mohamed BENABID

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