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    International

    Influenceurs: L'effet trompe-l'oeil d'une «bulle» fragilisée

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5645 Le 02/12/2019 | Partager
    De grands annonceurs découvrent «la tromperie sur marchandise»
    La tendance est au retour «aux bonnes vieilles publicités»

    La bulle des influenceurs sur Instagram est en train d'éclater. Même si la plateforme était perçue, à tort, comme l'avenir de la publicité... Aujourd'hui, plusieurs marques émettent des réserves voire s'interrogent sur son coût et sa prétendue efficacité.

    Finalement, toutes les belles images relayées par de belles personnes relèvent d'une grande illusion, admettent des experts. «Un grand bidonnage qui a séduit ces dernières années marques, agences, multinationales et observateurs... éblouis par la nouveauté (relative) d'Instagram», déduit une étude récente.

    En effet, après Adidas qui regrette officiellement d'avoir trop investi dans la communication numérique, le Wall Street Journal décrie «une bulle Instagram fragilisée, susceptible d'exploser à tout moment, voire au mieux pousser à une remise en cause sérieuse du modèle actuel du business de l'influenceur».

    Pour corroborer son constat, le journal new-yorkais relate le cas d'Ipsy, marque de cosmétiques en ligne. Cette marque a été, rappelons-le, l'une des premières à investir massivement dans les posts sponsorisés sur les réseaux. «La marque montre à nouveau le chemin, écrit le quotidien américain, mais cette fois-ci en faisant marche arrière».

    Il va sans dire que Instagram est devenue une plateforme centrale dans la communication digitale des entreprises. Des sommes faramineuses, voire folles, sont investies pour attirer l'attention de 1 milliard d'utilisateurs mensuels! D'après le cabinet spécialisé Mediakix, les marques devraient globalement dépenser entre 3,7 et 7,4 milliards d'euros pour communiquer sur leurs produits via la communauté des influenceurs et influenceuses. Certes, pour ces armées de selfie, le business est juteux, sauf que le retour sur investissement n'est pas toujours garanti.

    Selon le Wall Street Journal, aux Etats-Unis, les sommes proposées pour un post sponsorisé varient entre 450 et 22.500 euros. En effet, la rémunération démarre avec 450 euros pour un «nanocompte» à moins de 10.000 followers, jusqu'à 22.500 euros pour un compte brassant entre 500.000 et 1 million d'abonnés. Plus encore, les vraies célébrités, les stars, les sportifs, les comédiens, les acteurs... peuvent toucher jusqu'à 450.000 euros pour un seul post!

    Ceci étant dit, le constat aujourd'hui est que le taux d'engagement (le nombre de likes rapporté au nombre de followers) est en chute libre dans le domaine du voyage, dans l'agroalimentaire ou encore dans les cosmétiques, la beauté et le lifestyle.

    Autre constat, il y a du trompe-l'oeil dans les chiffres. Souvent les chiffres cités ne sont que du vent. Selon HypeAuditor, un cabinet spécialisé dans l'analyse de données qui a examiné 1,84 million de comptes sur Instagram, «la moitié des influenceurs fraudent de manière artificielle sur le nombre des followers».

    Aujourd'hui, de grands annonceurs découvrent la «tromperie». Du coup, nombreuses sont les entreprises qui tournent le dos aux influenceurs. La tendance est au retour aux «bonnes vieilles publicités» diffusées à la télévision et dans la presse.

    Des followers factices

    De plus en plus d'influenceurs font appel à de petites officines spécialisées dans «le maquillage» des chiffres. Du coup, l'on peut se constituer, à des coûts modestes, des chiffres record de fans et followers factices. Selon Masarah Paquet-Clouston de GoSecure, il suffit de débourser 44 euros pour 100 followers sur YouTube, 30 euros sur Facebook ou encore une modique somme de 14 euros... sur Instagram pour gonfler le nombre de fans.

    Amin RBOUB

     

     

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