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    Analyse

    Pourquoi le taux d’activité s’effondre

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5640 Le 25/11/2019 | Partager
    De 54,5% en 1999 à 46,2% en 2018, soit un recul de 8,3 points!
    Seule une femme sur cinq contribue au PIB
    Les «15 à 24 ans» massivement sur la touche
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    Même s’il a stagné au troisième trimestre, le taux d’activité reste préoccupant. Il s’est ainsi établi à 44,9%, augmentant dans les villes et régressant dans le rural. Le taux d’emploi s’est également stabilisé à 40,7%. Il faudra attendre les statistiques de l’année 2019 avant d7e peut-être inverser la courbe. 

    En attendant, le constat reste alarmant puisque moins de la moitié de la population en âge de travailler contribue à la création de richesses. De plus, l’économie se caractérise par sa faible capacité à insérer les jeunes et les femmes.

    Depuis 1999, le taux d’activité s’est dégradé. Il est passé de 54,5% en 1999 à 46,2% en 2018, soit un recul de 8,3 points! Globalement, la baisse du taux d’activité est due à la faible participation des femmes à l’activité économique et au manque d’opportunités pour les jeunes.

    Ce taux se situe à 22,2% chez les femmes en 2018 contre 70,9% pour les hommes. Il place ainsi le Maroc loin derrière les pays ayant un niveau de revenu similaire, comme le constate la Banque mondiale. Dans les pays émergents, 45% des femmes en âge de travailler sont effectivement employées. Même dans les pays où traditionnellement les femmes travaillent peu, la croissance économique s’accompagne d’une amélioration du taux d’emploi féminin.

    «Au Maroc, on n’observe rien de tel. L’amélioration substantielle de la participation des femmes au marché du travail constitue ainsi un enjeu majeur pour le décollage économique du pays», note la Banque mondiale. La scolarisation et son allongement n’expliquent qu’en partie le faible taux de participation des femmes.  Les obstacles auxquels elles se  heurtent sont également liés à la répartition traditionnelle des rôles dans les ménages: prise en charge des travaux domestiques, nécessité de prendre soin des enfants ou du foyer, selon une étude du Haut-Commissariat au plan.

    Le  découragement face au manque d’opportunités joue aussi. Dans les cas des jeunes, le taux d’activité a subi une dégradation importante au cours des vingt dernières années (voir infographie). Il est passé de 48,2% en 1999 à 27,3% en 2018 pour les jeunes âgés de 15 à 24 ans, soit un recul de 20,9 points. L’effet scolarisation explique en partie cette situation. L’autre cause tient au découragement et au basculement vers l’inactivité. Les autres tranches d’âge ont également vu leur taux d’activité baisser, mais dans des proportions relativement moins élevées.

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    Aucune politique n’est parvenue à faire baisser sensiblement le chômage des jeunes. Sur les vingt dernières années, il est passé de 20,3% en 1999 à 26% en 2018

    En tout cas, les 25-34 ans et les 35-44 ans restent au-dessus de 60% de taux d’activité.  Les personnes âgées de 45 ans et plus sont également à un taux d’activité au-dessus de 40%. Un coup d’œil sur l’évolution du taux de chômage par tranche d’âge rend également compte des niveaux alarmants auprès des jeunes âgés de 15 à 24 ans. Pour cette catégorie, le taux est passé de 20,3% en 1999 à 16,4% en 2003 et s’est établi à 26% en 2018. Il dépasse le taux de chômage au niveau national de 17 points.

    Dans un document sur «les enjeux du marché du travail au Maroc», OCP Policy Center estime «qu’étant donné que le problème de chômage des jeunes est fortement corrélé avec le chômage général, une priorité stratégique est de mettre en place, et en œuvre, des politiques susceptibles de renforcer la croissance économique».

    Pour le think tank, «les modèles de croissance économique au Maroc doivent cibler les secteurs où il y a de la croissance et au même temps où l’élasticité de l’emploi par rapport à la croissance est garante de création d’emplois. Soutenir financièrement les jeunes et les entreprises peut constituer une réponse». L’idée est que les subventions salariales et les réductions de taxes pourraient avoir comme objectif d’inciter les entreprises à embaucher des jeunes travailleurs en dépit de leur manque d’expérience.

    Khadija MASMOUDI

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