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Economie

PLF: Les griefs du groupe de la CGEM

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5640 Le 25/11/2019 | Partager
Une pression fiscale permanente sur l’entreprise
Les banques appelées à s’ouvrir davantage sur les TPME et les startups
Benchaâboun répondra aujourd’hui

Mohamed Benchaâboun est un homme pressé. A peine rentré du road show dans 5 capitales européennes qui lui a permis de lever 1 milliard d’euros sur le marché financier international, il a enchaîné samedi avec le PLF.

Une réunion de la Commission des finances de la Chambre des conseillers, présidée par Rahhal Mekkaoui, a démarré par le débat général, essentiellement sous l’angle politique, quitte à aller dans les détails des dispositions plus tard au moment de l’examen du projet article par article.

Les interventions, qui ont duré plus de 9 heures non-stop, à l’exception de la pause-déjeuner d’une demi-heure, avaient un point commun: les parlementaires se contentaient de lire des textes trop longs, visiblement écrits par leurs collaborateurs. Les sujets abordés ont porté notamment sur l’article 9, les financements innovants,… Le ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration fournira sa réponses aujourd’hui lundi.

En attendant, c’est l’Istiqlal, en tant que premier groupe parlementaire, qui a ouvert le bal. Son chef, Abdeslam Lebbar, s’est attaqué au volet politique, particulièrement à «une majorité, rongée par des dissensions internes» au point d’avoir oublié ses engagements dans le cadre du programme gouvernemental qui fixait le taux de croissance à 5,5% par an.

Pour lui, ses composantes ont tellement les yeux rivés sur les prochaines élections qu’elles ont omis de se pencher sur les futures générations. Sa camarade de l’Istiqlal, Khadija Zoumi, s’est distinguée par des propositions constructives.

Tout en saluant la nomination de Chakib Benmoussa à la tête de la Commission spéciale chargée de l’élaboration du modèle de développement, cette syndicaliste de l’UGTM l’a interpellé sur la nécessité de ne pas se limiter aux aspects techniques de ce chantier, mais d’impliquer les compétences politiques, sociales et de la société civile.

Autre proposition: la création d’un compte d’affectation spéciale destiné au financement de la réforme de l’enseignement. Il sera alimenté par une partie des ressources de la contribution libératoire. Rappelons que 50% de ces ressources iront dans les caisses du Fonds de cohésion sociale. La parlementaire a également interpellé le gouvernement sur l’oubli de la nomination de femmes aux six postes des patrons des CRI.

De son côté, c’est un groupe de la CGEM pas très étoffé qui était présent aux débats. L’effet de la démission de son ancien président est encore visible. C’est donc Hamid Souiri qui a lu un texte de 10 pages devant la Commission avant de quitter la salle.

Pour lui, malgré sa solidité, son dynamisme et son professionnalisme,  le secteur bancaire est appelé à s’ouvrir davantage sur les PME, les TPE et les startups. Selon lui, «en dépit du développement du capital-investissement au Maroc, le capital-risque et les business angels sont quasi inexistants. Nous espérons qu’une fois adopté, le projet de loi relatif au crowdfunding favorisera les financements alternatifs des TPE et des PME».

Le groupe de la CGEM soutient les différentes dispositions contenues dans le PLF, particulièrement celles liées à la fiscalité qui abonde en faveur de l’entreprise citoyenne. Mais il attire «l’attention du gouvernement sur la persistance de nombreux obstacles à l’amélioration du climat des affaires au Maroc. Ce qui demande des solutions rapides et efficaces pour renforcer le tissu entrepreneurial national comme un facteur déterminant de l’immunité de l’économie face aux chocs externes».

Par ailleurs, il a salué le début de la mise en œuvre de la réforme globale de la fiscalité, mais il insiste sur la pression fiscale permanente exercée sur l’entreprise marocaine. Celle-ci ne peut plus supporter davantage de taxation, en l’absence de mesures visant à mettre fin aux obstacles pour développer une meilleure répartition de cette pression.

L’élargissement de l’assiette fiscale passe par l’accélération du rythme d’intégration du secteur informel dans le tissu entrepreneurial. Mais il est impératif de supprimer les taxes parafiscales considérées comme un facteur encourageant la migration vers le secteur informel.

La CGEM attire aussi l’attention sur le retard accumulé par le Maroc en matière de digitalisation. Pour elle, ce gouvernement comme le précédent ont abandonné l’accélération du rythme de développement des prestations numériques. Elle estime qu’il faut se concentrer sur l’investissement dans l’économie numérique en vue de mettre en place une dynamique économique attractive pour les grandes multinationales. Ce qui se répercute sur l’amélioration de la compétitivité de l’économie marocaine, procure plus de transparence et garantit une plus-value supérieure à celle réalisée par des investissements dans d’autres secteurs.

Les hypothèses du PLF

  • Taux de croissance: 3,7%
  • Production céréalière: 70 millions de quintaux
  • Prix du pétrole: 67 dollars le baril
  • Prix du gaz butane: 350 dollars la tonne
  • Taux de change dollar/dirham: 9,5

Le RNI aussi

De son côté, Mohamed Bakkouri, chef du groupe parlementaire du RNI, n’a pas fait dans la dentelle. Après avoir insisté sur le nécessaire retour de la confiance dans les institutions et la réhabilitation de la politique, il a épinglé la Cour des comptes pour avoir formulé des critiques contre le Plan Maroc Vert et Halieutis. Normal, il voulait défendre son président, Aziz Akhannouch, qui pilote ces deux stratégies sectorielles. Par la même occasion, il a fait des propositions pour la création d’un climat de confiance entre les banques et les PME, avec une simplification des procédures d’octroi des crédits et la mise en place d’une relation gagnant-gagnant entre les deux. Il s’agira également de plafonner le taux d’intérêt appliqué aux crédits accordés aux PME, avec une concurrence entre les différentes banques.

M.C.

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