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    Provinces du Sud: Le Sahara change de visage

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5629 Le 05/11/2019 | Partager
    Les projets du modèle de développement sortent de terre
    Le financement a atteint 80 milliards de DH
    Nouvelle élite politique aux commandes des régions
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    A fin juin dernier, 87 projets pour un budget global de 7,06 milliards de DH sont achevés. 305 autres sont en cours de réalisation pour un coût global de 48,12 milliards de DH. Le reste, soit 300 projets, sera lancé au cours de l'année 2020

    Quatre ans après l’annonce du modèle de développement des provinces du Sud, en 2015 à Laâyoune, à l’occasion de l’anniversaire de la Marche verte, plusieurs projets sont sortis de terre. La dynamique de développement se poursuit au niveau de ces territoires récupérés en 1975. Le discours de la Marche verte, attendu ce 6 novembre, fera certainement le point sur l’état d’avancement de ce chantier et ouvrira de nouvelles perspectives.

    En tout cas, la relance des négociations sur l’affaire du Sahara marocain est une urgence. C’est l’un des principaux constats de la dernière résolution du Conseil de sécurité qui a renouvelé le mandat de la Minurso pour une année supplémentaire. L’un des principaux enjeux est lié à la nomination d’un nouvel envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, en mesure de faire bouger les positions et faire avancer le dossier.

    En attendant, le Maroc poursuit la réalisation des projets inscrits dans le cadre du modèle de développement des provinces du Sud. En effet, le gouvernement surveille les programmes retenus pour le développement de ces provinces comme le lait sur le feu.

    Et pour cause, il est la concrétisation du nouveau modèle de développement de ces régions dont le lancement a fait l’objet de conventions cadres signées devant le Roi, à l’occasion du 40e anniversaire de la Marche verte à Laâyoune en novembre 2015 et Dakhla en février 2016. Pour leur réalisation, l’Etat a mobilisé 77 milliards de DH.

    Pour l’heure, ce montant est largement dépassé pour atteindre près de 80 milliards de DH. Les ministres concernés par les projets inscrits dans le programme veillent au grain. Surtout après la colère royale, dans le sillage du projet de Manarat Al Hoceïma, qui avait abouti au limogeage de 4 ministres et le bannissement de 5 autres qui avaient, entre temps, quitté le gouvernement.

    La répartition du budget global de ce programme obéit à l’importance de la région. Ainsi, 44,7 milliards de DH sont orientés pour le financement de 268 projets dans la région de Laâyoune-Sakia Al Hamra. 22 milliards de DH pour la région de Dakhla-Oued Eddahab. Cette enveloppe servira à réaliser 136 projets. Vient par la suite la région Guelmim-Oued Noun qui a reçu 11 milliards de DH  pour exécuter 282 projets. Quant au 1,3 milliard de DH restant, il porte sur 9 projets dans le cadre de l’inter-région.

    Les projets phares du programme de développement sont moins d’une dizaine. L’unité industrielle de Phosboucraâ à Laâyoune accapare 17,19 milliards de DH, le port atlantique de Dakhla 10,2 milliards de DH et les sites d’énergies éolienne et solaire 8,62 milliards de DH. Les autres projets portent sur la réalisation de la voie express Tiznit-Dakhla pour 8,5 milliards de DH, la connexion de Dakhla au réseau électrique national pour 2,37 milliards de DH et la technopole de Foum El Oued pour 2 milliards de DH. Et aussi le dessalement de l’eau de mer pour l’irrigation de 5.000 hectares dans la région de Dakhla pour 1,70 milliard de DH, le barrage de Fask à Guelmim pour 1,5 milliard, autant pour le CHU de Laâyoune et 473,5 millions de DH pour l’hôpital régional de Guelmim.

    L’état d’avancement des projets programmés diffère d’une région à l’autre. A fin juin dernier, 87 projets pour un budget global de 7,06 milliards de DH ont été achevés. Il s’agit notamment de l’extension du site d’énergie éolienne à Akhefennir (100 MW) pour 1,99 milliard de DH, des sites Nour d’énergie solaire à Laâyoune et à Boujdour pour 1,32 milliard de DH et l’aéroport de Guelmim pour 328 millions de DH. A cela s’ajoutent le renforcement des réseaux numériques dans les trois régions (270 millions de DH) et de l’eau potable de la ville de Dakhla (250 millions de DH), son assainissement liquide (248 millions de DH) ainsi que le renforcement de l’eau potable par dessalement à Boujdour pour 134 millions de DH.

    D’autres projets, soit 305, sont en cours de réalisation pour un coût global de 48,12 milliards de DH. Ils concernent 2 unités industrielles d’extraction et de valorisation des phosphates pour 12,47 milliards de DH et la connexion de Dakhla au réseau électrique national pour 2,37 milliards de DH. Sur cette liste également, la technopole de Foum El Oued pour 2,1 milliards de DH, la construction du barrage Fask pour 1,5 milliard de DH et la valorisation des petits pélagiques à Dakhla pour 1,4 milliard ainsi que plusieurs tronçons de la voie express Tiznit-Dakhla (1,39 milliard de DH). Les autres projets sont Nour de Laâyoune et de Boujdour pour 1,2 milliard de DH et le développement des viandes rouges camelines, caprines et ovines dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra pour 845 millions de DH.

    Par ailleurs, les projets non démarrés à juin 2019 sont programmés en majorité pour le deuxième semestre de cette année et en 2020. En effet, 300 projets totalisent un investissement global de 24,60 milliards de DH. Parmi ces projets, il y a lieu de citer la construction du port atlantique de Dakhla pour 10,2 milliards de DH et dont le démarrage est prévu pour le deuxième trimestre de 2020. Le projet intégré d’énergie éolienne, parc de Tiskrad de 300 MW pour 4 milliards de DH et celui de Boujdour 100 MW pour 2,8 milliards de DH. Idem pour la construction du CHU de Laâyoune de 500 lits dont les travaux de terrassement sont en cours et le lancement du chantier de construction est prévu pour fin 2019.

    Au cours de la réalisation de ce nouveau modèle de développement, les Marocains ont assisté à l’émergence d’une nouvelle élite politique, composée de ressortissants issus des familles locales des provinces du Sud. Il s’agit de Mohamed Ould Rachid qui préside aux destinées de la région de Laâyoune-Sakia Al Hamra et Yanja El Khattat, de la région de Dakhla-Oued Eddahab, tous les deux du parti de l’Istiqlal. La nouvelle venue, l’ancienne ministre Mbarka Bouaida, membre du bureau politique du RNI, a été portée à la tête de la région de Guelmim-Oued Noun.

    Avec les deux autres présidents, elle donnera une nouvelle dimension au dossier.  Cet éclat est dynamisé par la présence significative d’autres élus sahraouis. Cette classe politique, appuyée par une société civile dynamique, qui s’est imposée au cours de ces dernières années, a montré au monde qu’ils étaient les véritables représentants légitimes de la population du Sahara. Dans cet élan, ils ont manifesté leur adhésion totale à l’initiative d’autonomie considérée par les puissances internationales comme la solution unique pour le règlement de ce conflit artificiel, qui dure depuis plus d’une quarantaine d’années.

    Sur le plan économique, le potentiel des régions du Sud est énorme et leur position géographique en fait un hub réel vers l’Afrique subsaharienne. Trois d'entre elles se distinguent.

    Guelmim-Oued Noun

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    Cette région est considérée comme la porte du Sahara marocain qui lie le sud au nord du pays et un lieu de rencontre des cultures sahraouie et berbère. Son activité économique est tournée principalement vers le secteur tertiaire et plus précisément dans les services hors tourisme. Néanmoins, la région a hérité d’un potentiel culturel diversifié et une nature combinant le désert, les oasis, la montagne, le balnéaire, les embouchures des oueds et les sites de gravures rupestres. Ce qui constitue une offre touristique diversifiée pour relancer le secteur. Comme Mbarka Bouaida est originaire de la région, elle est sensible à cette problématique. Par ailleurs, le nouveau modèle de développement lui a consacré 11 milliards de DH pour la réalisation 282 projets. Quant aux EEP, ils lui ont réservé 1,49 milliard de DH d’investissements pour 2020. Outre la construction et l’équipement de 212 salles dans le cadre de la généralisation du préscolaire, la région devra renforcer et sécuriser l’alimentation en eau potable et sa généralisation en milieu rural. A cela s’ajoutent les projets de requalification des quartiers sous-équipés de Guelmim. Au menu également, la fourniture des pièces de rechange pour la maintenance de la centrale diesel de Tan-Tan.

                                                                                           

    Laâyoune-Sakia Al Hamra

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    Elle est parmi les régions les plus vastes du Royaume et les moins densément peuplées. Elle est à fort potentiel impulsé par le nouveau modèle de développement pour les provinces du Sud. Selon une étude de la DEPF du ministère des Finances, la région est considérée comme le hub commercial  entre le Maroc et l’Afrique, particulièrement les pays subsahariens. Elle recèle énormément de potentiel de développement dans les secteurs de la pêche et les industries agroalimentaires.

    En effet, Laâyoune-Sakia Al Hamra contribue à hauteur de 2,8% à la création de la richesse nationale, soit une valeur de 28,2 milliards de DH. Elle fait, toutefois, preuve d’un dynamisme accru avec une croissance annuelle moyenne largement supérieure à celle enregistrée au niveau national. Cette richesse est en grande partie générée par la province de Laâyoune y compris Tarfaya qui cumule près de 82% de la richesse de la région. Ce n’est pas le cas de Boujdour et d’Es-Semara qui ne créent respectivement que 13,2% et 5,2%. En outre, on enregistre une forte contribution de Boujdour et de Laâyoune à la valeur ajoutée nationale de la pêche, combinée à une faible contribution des autres secteurs.

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    En bâtissant sur ses acquis, en l’occurrence la ressource solaire, la région est parvenue à impulser une dynamique de croissance durable par une mobilisation conjointe de l’État et des établissements publics. Ainsi, des projets ambitieux sont en cours de réalisation, particulièrement dans le domaine des énergies renouvelables, entre autres, les centrales solaires Noor Laâyoune et Noor Boujdour. Celles-ci auront indéniablement des retombées socio-économiques considérables au niveau de la région. Elles façonneront son image comme étant une véritable icône en matière des énergies renouvelables.

    Cette région devra canaliser 4,81 milliards de DH d’investissements des établissements et entreprises publics (EEP) au cours de 2020. Le PLF a retenu plusieurs projets comme notamment la requalification des quartiers sous-équipés de la ville de Laâyoune et la construction et l’équipement de 166 salles dans le cadre de la généralisation du préscolaire. A cela s’ajoutent des travaux dans le port de la ville, des unités de traitement et de valorisation, menés par l’OCP SA.

                                                                                           

    Dakhla-Oued Eddahab

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    Dakhla a tous les atouts lui permettant de s’imposer comme une destination privilégiée pour le tourisme nautique, notamment pour les sports de glisse. De ce fait, elle est en passe de se placer dans la liste des destinations mondiales les plus attractives. Cette ville s’est distinguée par la tenue  du Forum Crans Montana dont l’organisation avait suscité, lors des premières éditions, l’ire des ennemis de l’intégrité territoriale.

    Cette rencontre internationale, qui a tenu plusieurs sessions, est devenue un rendez-vous annuel des responsables et des experts de tous les coins du monde pour débattre des aspects et des défis relatifs à la coopération Sud-Sud et à l’intégration africaine. Cela a créé une dynamique au niveau de la région et permis d’attirer plusieurs personnalités politiques et économiques de renommée internationale, surtout en provenance des pays subsahariens.

    Le programme de développement intégré de la région comprend l’irrigation de 5.000 hectares qui sera assurée par une station de dessalement d’eau de mer. Fruit d’un partenariat public-privé dont le coût est estimé à 1,7 milliard de DH, l’usine s’implantera aux environs de Dakhla. D’autre part, le nouveau port atlantique de Dakhla sera un port de commerce et de pêche et disposera de plusieurs zones industrielles et logistiques. Ce qui aura des retombées socioéconomiques très importantes sur la région et sur ses relations avec les pays voisins de l’Afrique subsaharienne et d’Amérique latine.

    Mohamed CHAOUI

     

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