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    Entreprises

    Comment Microsoft aide les banques à se réinventer

    Par Franck FAGNON | Edition N°:5605 Le 02/10/2019 | Partager
    La nature de la demande des clients a profondément évolué
    «Nos discussions sont orientées business et création de valeur»
    Au Maroc, le poids des «habitudes» pourrait ralentir la transition vers de nouveaux modèles
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    Patrice Amann, directeur des Services financiers région Europe, Moyent-Orient et Afrique à Microsoft: «Les solutions cloud offrent beaucoup plus d’agilité pour permettre de délivrer de la valeur sans forcément consentir des investissements colossaux» (Ph. Microsoft)

    - L’Economiste: Quelles sont les requêtes de vos clients lorsqu’ils viennent vous voir aujourd'hui?

    - Patrice Amann: Il y a quelques années, les clients venaient nous voir pour nous demander nos derniers produits, Windows ou Office par exemple. Au Sibos (ndlr: Salon professionnel sur le secteur financier), on présentait des démonstrations de nos produits. Aujourd’hui, nos discussions avec les clients sont orientées business, création de valeur. Lorsqu’ils nous sollicitent, c’est pour les aider à résoudre des problèmes bien déterminés comme la perte de clients ou encore le passage en temps réel pour les services de paiement... Nous utilisons la bonne technologie pour leur proposer des services taillés sur mesure.

    - Quelle est l'offre de Microsoft dans ce domaine?
    - Nous apportons des services technologiques de base pour aider nos clients à délivrer de la valeur. Notre slogan est de permettre à chaque personne, chaque organisation de pouvoir faire plus. Par nos technologies et nos services, nous aidons les banques, d’autres industries à être capables de créer de la valeur pour leurs clients.

    - Vous couvrez une zone assez large comprenant l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique. Quel est le niveau d’investissement sur ces sujets?
    - Nous avons une demande extrêmement forte au Moyen-Orient. Il y a quelques semaines, nous avons ouvert des centres de données à Dubaï et Abu Dhabi. Toutes les banques veulent capturer de la valeur et utiliser nos services pour développer de nouvelles offres plus rapidement et traiter les problèmes de la manière la plus diligente possible. Il y a donc une demande très forte. En Afrique, nous avons ouvert des centres de données en Afrique du Sud où la demande est phénoménale. Plus globalement, nous relevons sur le continent africain de l’intérêt à utiliser les nouvelles technologies pour traiter les problèmes d’accessibilité dans un monde économique qui change vite.

    - Comment évaluez-vous la dynamique au Maroc?  
    - Certains pays sont en avance sur d’autres et cela peut être lié aux infrastructures, à l’histoire. Dans le modèle actuel, le Maroc est l’un des pays les plus avancés sur le continent africain. Ces influences peuvent ralentir la transition vers un autre modèle dans la mesure où il y a beaucoup de transformations à mener avant de partir sur de nouvelles solutions. C’est comme la France par exemple qui a été longtemps figée à cause du Minitel. Je pense que maintenant les solutions cloud offrent beaucoup plus d’agilité pour permettre de délivrer de la valeur sans forcément consentir des investissements colossaux.

    - L’externalisation des données dans le cloud est mal perçue par les régulateurs. Quel est votre dialogue avec eux aujourd’hui?
    - Les régulateurs ne parlaient pas aux entreprises technologiques et considéraient qu’ils étaient là pour réguler les banques. Avec le temps, les banques sont venues nous demander de les aider à expliquer aux régulateurs toutes ces nouvelles technologies. Au fil des discussions, nous nous sommes rendus compte qu’il y avait une incompréhension ou une méconnaissance sur la façon d’opérer dans le cloud, l’outsourcing, les conséquences de ces technologies... Nous avons donc fait de la pédagogie.
    Nous avons créé un sommet des régulateurs où nous les invitons une fois par an à échanger entre eux et avec Microsoft autour des nouvelles technologies, de ce qu’elles permettent et les risques qui y sont liés. Pour nous, c’est aussi une opportunité de mieux cerner les exigences des régulateurs afin de pouvoir adapter nos produits et nos contrats. Le régulateur demande principalement de pouvoir auditer une banque. Si celle-ci exporte une partie de ses données dans le cloud, par translation, le régulateur doit pouvoir auditer nos infrastructures. C’est quelque chose qui n’existait pas il y a quelques années dans nos contrats. Nous l’avons mentionné spécifiquement pour les banques. Les régulateurs pourront inspecter les services bancaires qui tournent dans nos data center. Aujourd’hui, nous avons une discussion continue avec eux parce que la réglementation évolue rapidement.

    - Qu’est-ce qui est le plus difficile: changer la technologie ou les hommes?
    - Tout démarre par la culture de l’entreprise. Vous avez beau avoir les plus belles technologies, si la culture et le business modèle de l’entreprise n’ont pas changé, cela peut juste accélérer les problèmes parce que vous ferez plus rapidement les choses que vous faisiez mal avant. Ce n’est pas en troquant le costume pour un jean et une casquette pour avoir l’air cool qu’on l’est pour autant. Il y a un vrai travail sur les changements de culture. Nous l’avons vécu en interne. Microsoft était plutôt vu comme un dinosaure par rapport aux fintechs. Aujourd’hui, elle est considérée comme une entreprise innovante.

    Propos recueillis par Franck FAGNON

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